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Agriculture et pêcheries

Les réformes stimuleraient la compétitivité des exploitations agricoles et la croissance inclusive en Colombie

 

27/04/2015 - Des réformes et politiques structurelles favorables à la compétitivité à long terme permettraient au secteur agricole colombien de contribuer à une croissance plus durable et inclusive, d’après un nouveau rapport de l’OCDE.

L’Examen des politiques agricoles de l’OCDE : Colombie 2015 (en anglais) souligne qu’il est important d’accroître l’investissement stratégique dans le capital humain et les infrastructures matérielles, tout en renforçant le système d’innovation agricole et en remédiant aux graves lacunes du régime foncier.

« Le secteur agricole a toujours été essentiel pour l’économie colombienne, contribuant largement au PIB, à l’emploi et aux exportations, mais à terme, il devra faire face à des défis majeurs », a déclaré M. Ken Ash, Directeur des échanges et de l’agriculture de l’OCDE, à l’occasion du lancement du rapport à Bogota en présence de M. Aurelio Iragorri Valencia, ministre colombien de l’agriculture.

« Pour remédier aux défaillances actuelles du secteur agricole, il faudra mener une vaste réforme de la politique agricole et des institutions chargées de sa mise en œuvre, afin de renforcer les droits fonciers et l’accès à la terre, et de centrer l’action publique non plus sur le soutien des prix et des intrants, inefficace, mais sur des investissements stratégiques dans le capital humain, l’infrastructure et l’innovation. La mise en place d’un environnement propice à l’épanouissement de ce secteur contribuera davantage à la prospérité des exploitations. »

L’agriculture demeure un pilier de l’économie colombienne, malgré le recul de sa contribution au PIB (5,2 % en 2013 contre 16,5 % en 1990) et à l’emploi (17,5 % en 2013 contre 26 % en 1990).

Le secteur se caractérise par un niveau élevé de pauvreté et d’inégalité des revenus : les petits exploitants sont nombreux et produisent essentiellement pour leur propre consommation, et les grandes exploitations commerciales, moins nombreuses, assurent une grande partie de la production. L’élimination des distorsions du système actuel d’impôts et de transferts encouragerait une utilisation des terres plus productive et contribuerait à une croissance plus largement partagée.

L’Examen montre que les cultures illicites, conjuguées au conflit armé, ont fait obstacle à une croissance agricole durable. Plus de 40 % de la propriété foncière étant toujours informelle, la Colombie devrait améliorer son système foncier en facilitant l’accès à la terre, la restitution des terres et la régularisation des droits fonciers.

D’après l’estimation du soutien aux producteurs de l’OCDE, le soutien public à l’agriculture s’établissait en moyenne à 19 % des recettes agricoles brutes au cours de la période 2011-13, soit au même niveau que dans les 34 pays membres de l’OCDE. Plus de 80 % de ce soutien prend la forme d’un soutien des prix du marché (SPM), c’est-à-dire que les prix intérieurs sont maintenus à un niveau plus élevé que les prix mondiaux au moyen de restrictions à l’importation, comme les droits de douane. Le SPM élève le niveau des prix pour les consommateurs pauvres, ne permet pas un transfert efficace des revenus aux producteurs et fausse les décisions de production et les échanges. L’Examen propose des réformes pour améliorer l’efficience du soutien public aussi bien aux producteurs qu’aux consommateurs.

D’après l’Examen, il convient également de mener des réformes pour renforcer la compétitivité des exportations agricoles de la Colombie, qui représentent environ 11 % des exportations totales du pays actuellement, mais qui sont en régression. Le pays est notamment invité à renforcer la capacité de ses producteurs à répondre aux normes sanitaires et phytosanitaires sur les marchés d’exportation.

L’OCDE recommande aussi à la Colombie de réévaluer le cadre où s’inscrit l’investissement public et privé dans l’innovation agricole. Le recours à la technologie est faible, la qualité de la formation et de l’assistance technique aux producteurs peut être grandement améliorée et beaucoup peut encore être fait pour attirer de nouveaux investissements privés.

L’Examen propose enfin que la Colombie renforce son cadre institutionnel d’élaboration et de mise en œuvre des mesures agricoles. Un système plus global et plus cohérent de suivi de la politique agricole colombienne, d’analyse et de notification aidera à évaluer et à améliorer la performance de l’action publique.

Pour de plus amples informations, les journalistes sont invités à contacter Dalila Cervantes-Godoy, Analyste des politiques agricoles, Division du développement, Direction des échanges et de l’agriculture de l’OCDE, ou la Division des médias de l’OCDE (tél : +33 1 45 24 97 00).

***NOTE POUR LES RÉDACTEURS***

La publication Examen des politiques agricoles de l’OCDE : Colombie 2015 s’inscrit dans le processus d’adhésion en cours du pays à l’OCDE, qui a été lancé officiellement en octobre 2013 à Bogota au cours d’une visite du Secrétaire général, sur la base d’une invitation approuvée par le Conseil de l’OCDE en mai 2013.

La Colombie suit actuellement une Feuille de route (en anglais) pour l’adhésion, qui établit le processus et définit les conditions d’une adhésion future. La Feuille de route prévoit une série d’examens techniques menés par des experts de l’OCDE, qui remettront leurs conclusions aux Comités de l’Organisation, qui à leur tour soumettront au Conseil de l’OCDE une évaluation formelle des politiques de la Colombie dans leurs domaines de compétence.


Ces examens offrent l’occasion de partager avec les autorités colombiennes les meilleures pratiques et les normes de l’OCDE, et de les aider à identifier les domaines nécessitant des réformes supplémentaires. Le processus d’adhésion n’est assorti d’aucun calendrier fixe et dépend en définitive de la capacité de la Colombie à passer avec succès les examens techniques.


Les 34 pays membres de l’OCDE encouragent des politiques qui visent à améliorer le bien être socioéconomique partout dans le monde. L’Organisation est un forum au sein duquel les gouvernements s’emploient à partager leurs expériences et à chercher des réponses à des problèmes communs.


Les pays membres de l’OCDE sont actuellement : l’Allemagne, l’Australie, l’Autriche, la Belgique, le Canada, le Chili, la Corée, le Danemark, l'Espagne, l'Estonie, les États-Unis, la Finlande, la France, la Grèce, la Hongrie, l’Irlande, l’Islande, Israël, l’Italie, le Japon, le Luxembourg, le Mexique, la Norvège, la Nouvelle-Zélande, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la République slovaque, la République tchèque, le Royaume-Uni, la Slovénie, la Suède, la Suisse et la Turquie.


Les journalistes souhaitant obtenir de plus amples informations sont invités à contacter Lawrence Speer, relations avec les médias de l’OCDE (+33 1 45 24 79 70) ou la Division des médias de l'OCDE (+33 1 45 24 97 00).

 

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