Agriculture et pêcheries

L’agriculture vietnamienne a fait des progrès remarquables, mais les pouvoirs publics doivent agir pour faire face aux difficultés nouvelles et en gestation

 

30/09/2015 - Les réformes économiques ont eu des résultats impressionnants dans le secteur agricole du Viet Nam. La production a plus que triplé sur la période 1990-2013, ce qui a eu pour effet d’accroître les revenus ruraux, de réduire la pauvreté, de faire reculer la sous nutrition et de doper les exportations agroalimentaires. Selon un nouveau rapport de l’OCDE, le Viet Nam doit maintenant capitaliser ces acquis, tout en s’attaquant aux problèmes à long terme que supposent le ralentissement de la croissance de la production, la baisse des prix des produits de base, le manque de superficies nouvelles faute d’espace et les effets néfastes de l’agriculture sur l’environnement, de plus en plus sensibles.

L’OCDE a procédé à un Examen des politiques agricoles de l'OCDE : Viet Nam 2015 (seulement disponible en anglais), qui met en lumière les progrès réalisés dans le secteur agricole depuis le lancement, au milieu des années 80, du programme de réformes intitulé Doi Moi. La croissance de la production a fait passer la proportion de victimes de la sous nutrition de 46 % de la population sur la période 1990-92 à 13 % sur la période 2012 14. Cette amélioration est parmi les plus remarquables dans le monde.

Parallèlement, le pays a fait une percée spectaculaire sur les marchés agroalimentaires mondiaux, devenant le premier exportateur de noix de cajou et de poivre noir, le deuxième de café et de manioc, et le troisième de riz et de produits halieutiques.

« La transformation de l’agriculture vietnamienne a été tout à fait remarquable », a indiqué Ken Ash, directeur de la Direction des échanges et de l’agriculture de l’OCDE, lors d’une cérémonie de lancement à Hanoi à laquelle assistait Le Quoc Doanh, vice-ministre vietnamien de l’Agriculture et du Développement rural. « Le Viet Nam doit poursuivre sur cette lancée pour améliorer son cadre d’action, de manière à rendre possibles les investissements qui permettront au secteur agricole de s’adapter aux opportunités créées par la hausse de la demande et aux problèmes soulevés par le changement climatique et des ressources limitées. L’augmentation des coûts de main-d'œuvre favorisera l’adoption de nouvelles technologies et l’agrandissement des exploitations, mais elle risque aussi de faire diminuer la compétitivité globale du secteur, surtout si les petites exploitations, prépondérantes, ont du mal à accéder aux techniques plus récentes qui font économiser de la main d’œuvre ou à les adapter à leurs besoins », a estimé M. Ash.

L’examen de l’OCDE insiste sur la nécessité de réduire les contraintes qui brident l’investissement privé, notamment le morcellement des terres, défavorable aux économies d’échelle, et diverses restrictions pesant sur les droits d’utilisation des terres, qui majorent les coûts. Les grands investisseurs peuvent avoir du mal à accéder à des financements à long terme et les petits producteurs restent pour l’essentiel tributaires du crédit informel.

Les infrastructures rurales élémentaires se sont notablement améliorées ces dix dernières années, mais l’investissement n’a pas suivi la croissance économique, d’où de graves blocages.

Indiqué par la part des transferts des consommateurs et des contribuables résultant de l’action publique dans les recettes agricoles brutes (estimation du soutien aux producteurs en pourcentage, ESP en %), le niveau du soutien apporté aux agriculteurs varie beaucoup d’une année sur l’autre depuis 2000, sous l’effet des efforts déployés par les pouvoirs publics pour stabiliser les prix intérieurs tout en ménageant les intérêts à la fois des producteurs et des consommateurs malgré la volatilité des prix sur les marchés internationaux.

Le soutien aux agriculteurs s’est établi en moyenne à 7 % des revenus agricoles sur la période 2011 13, ce qui est relativement peu. Néanmoins, les transferts qui le financent équivalent à 2,2 % du PIB et classent le Viet Nam parmi les pays étudiés où ils sont les plus élevés. Il en ressort que dans un pays en développement où le secteur agricole est important et le PIB modeste, même un faible niveau de soutien à l’agriculture peut avoir un coût élevé pour l’économie.

« Notre analyse montre que la panoplie de mesures actuellement en vigueur au Viet Nam peut peser lourdement sur les finances publiques et confirme qu’il est nécessaire de veiller à ce que l’argent soit dépensé efficacement », a déclaré M. Ash.

Des informations supplémentaires sur la publication Examen des politiques agricoles de l'OCDE : Viet Nam 2015 peuvent être consultées sur le site Internet de l'OCDE.

Une version intégrable est également disponible, ainsi que des informations sur les versions téléchargeables et imprimées.

Les journalistes peuvent contacter la Division des médias de l'OCDE (+33 1 45 24 97 00).

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