Agriculture et pêcheries

Des progrès restent à faire pour repenser la politique agricole et réduire le soutien

 

26/06/2018 - Selon un nouveau rapport de l’OCDE, les politiques agricoles ne concordent guère, dans la plupart des cas, avec les objectifs définis et les mesures qui faussent la production et les échanges continuent de se multiplier dans certains pays.


D’après le rapport Politiques agricoles : suivi et évaluation 2018, les 51 pays étudiés, soit tous les membres de l’OCDE et de l’UE ainsi que 10 grandes économies émergentes, ont dépensé en moyenne 620 milliards USD (556 milliards EUR) par an pour soutenir les producteurs agricoles pendant la période 2015-17. Près des deux tiers de ce total financent encore des mesures qui faussent sensiblement les décisions des exploitants agricoles.


Près de 80 % de la totalité du soutien public apporté à l’agriculture pendant la période étudiée ont été versés aux producteurs eux‑mêmes, une petite partie seulement (14 %) allant au financement des services d’intérêt général comme la recherche‑développement ou les infrastructures, qui sont pourtant nécessaires pour donner au secteur agricole les moyens de faire face aux difficultés futures, indique le rapport.


Il conviendrait de mettre clairement l’accent sur la nécessité d’augmenter la croissance de la productivité durablement, d’améliorer les performances environnementales, compte tenu notamment du changement climatique, et de renforcer l’aptitude des agriculteurs à gérer les risques imputables aux conditions météorologiques, aux marchés et à d’autres causes qui ne peuvent pas toujours être anticipées.


Cette nouvelle publication de l’OCDE souligne que, dans la plupart des cas, la politique agricole et ces objectifs ne convergent guère. Les progrès dans la réduction du soutien et dans les réformes privilégiant les mesures qui créent moins de distorsions restent partiels et varient selon le pays. Non seulement le soutien des prix du marché pénalise les consommateurs, en particulier les ménages modestes, mais il limite la compétitivité du secteur alimentaire lui‑même.


« Supprimer les mesures dommageables et à l’origine de distorsions constitue un premier pas important », a déclaré Carmel Cahill, directrice adjointe de la Direction des échanges et de l’agriculture de l’OCDE, lors de la présentation du rapport à Bruxelles. « Lorsqu’il est directement lié à l’utilisation d’intrants et à la production, le soutien nuit à l’efficience des marchés, encourage une surconsommation d’intrants agricoles préjudiciable à l’environnement et absorbe des fonds publics qui sont déjà rares et qui pourraient être consacrés à des investissements plus efficaces dans le secteur. »


« Les pays devraient réorienter le soutien à l’agriculture de manière à ce que soient disponibles des services publics bénéfiques aux producteurs, aux consommateurs et à la société dans son ensemble », a ajouté Mme Cahill.


Selon le rapport, les dépenses futures devraient viser en priorité à assurer des systèmes d’innovation agricole qui fonctionnent correctement, des infrastructures suffisantes et des systèmes de biosécurité efficaces et adaptés, entre autres.


Un nouveau rapport sur la politique agricole de l’Inde paraîtra le 5 juillet. À compter de 2019, ce pays sera intégré à chaque édition annuelle de la publication Politiques agricoles : suivi et évaluation.


Le rapport Politiques agricoles : suivi et évaluation peut être lu gratuitement en ligne sur OECD iLibrary. Vous pouvez aussi accéder aux indicateurs sur 51 pays avec l’outil interactif « Comparez votre pays » ou télécharger les données brutes.


Pour de plus amples renseignements, les journalistes peuvent contacter Lawrence Speer, responsable des relations médias (+33 6 01 49 68 91), ou la Division des relations avec les médias (+33 1 45 24 97 00).

Coopérant avec plus d’une centaine de pays, l’OCDE est un forum stratégique international qui s’emploie à promouvoir des politiques propres à améliorer le bien‑être économique et social des populations du monde entier.

 

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