Partager

Agriculture et pêcheries

Des politiques plus ambitieuses sont nécessaires pour faire face aux mutations que connaît l'agriculture

 

16/06/2016 - Les pouvoirs publics doivent mettre en œuvre des politiques plus ambitieuses pour relever les défis mondiaux auxquels est confrontée l'agriculture, et notamment abandonner le soutien direct aux producteurs au profit d'une assistance accrue en faveur de systèmes d'innovation qui améliorent la productivité et la durabilité, selon un nouveau rapport de l'OCDE.

 

D'après la publication Politiques agricoles : suivi et évaluation 2016, le soutien aux producteurs des pays de l'OCDE a été divisé approximativement par deux au cours des 30 dernières années pour s'établir désormais à 17 % des recettes agricoles brutes. Dans les économies émergentes, les niveaux moyens de soutien, partant de niveaux très bas, voire négatifs, ont augmenté pour se rapprocher de ceux des pays de l’OCDE.


Ces moyennes masquent des niveaux de soutien très disparates entre les pays:

 

  • L’Afrique du Sud, l’Australie, le Brésil, le Canada, le Chili, la Colombie, les États-Unis, Israël, le Kazakhstan, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, l’Ukraine et le Viet Nam affichent des niveaux de soutien inférieurs – et dans certains cas très inférieurs – à la moyenne de l’OCDE.

 

  • Les niveaux de soutien de la Fédération de Russie, de la Turquie et de l’Union européenne (dans son ensemble) se situent aux alentours de cette moyenne, tandis que celui de la Chine lui est très légèrement supérieur.

 

  • Le niveau de soutien de l’Indonésie, qui est beaucoup plus élevé, reste encore nettement inférieur aux plus hauts niveaux de soutien qui sont accordés par la Corée, l’Islande, le Japon, la Norvège et la Suisse.


Au total, les 50 pays étudiés dans ce rapport ont consacré durant la période 2013-15 une moyenne annuelle de 585 milliards USD (469 milliards EUR) au soutien de leurs producteurs agricoles et un supplément de 87 milliards USD (69 milliards EUR) aux services d’intérêt général utilisés par le secteur.


Il ressort de ce rapport que les pays de l'OCDE ont abandonné progressivement les instruments d'action pouvant créer des distorsions, tels que le soutien des prix et les subventions aux intrants, pour se tourner vers des mesures qui n’influencent pas directement les décisions de production des agriculteurs. Ces progrès, qui ont été réalisés à des degrés divers et à des rythmes différents, ont été particulièrement lents dans le groupe de pays où le niveau de soutien et de protection est le plus élevé.


L’étude fait apparaître que, parallèlement, certaines économies émergentes évoluent actuellement dans la direction opposée et recourent de façon croissante aux mesures de soutien liées aux prix et à la production. En moyenne, 68 % du soutien aux agriculteurs des pays étudiés est assuré sous forme de soutien des prix du marché et de paiements au titre de la production ou de l'utilisation d'intrants sans contraintes. Ces mesures faussent les décisions de production et peuvent entraîner des distorsions importantes des marchés et des échanges.


L'OCDE souligne la nécessité d'une réorientation des politiques alimentaires et agricoles et plus particulièrement d'un recadrage des mesures visant l'agriculture pour répondre aux opportunités et difficultés nouvelles auxquelles le secteur est confronté et améliorer la croissance de la productivité, l’utilisation durable des ressources naturelles et la résilience des ménages agricoles.

 

Sont nécessaires en particulier des investissements dans les individus – formation, compétences et, dans certains cas, services de santé, ainsi que dans des infrastructures physiques stratégiques et des systèmes d’innovation agricole répondant aux besoins des producteurs et des consommateurs. Selon l'OCDE, moins de dépenses publiques doivent être consacrées au soutien direct aux producteurs, en particulier aux formes de soutien qui créent le plus de distorsions de la production et des échanges, telles que le soutien des prix et les paiements au titre de la production ou de l'utilisation d'intrants.

 

Pour de plus amples informations, veuillez contacter Carmel Cahill, Directrice adjointe de la Direction des échanges et de l'agriculture de l'OCDE (+33 614 02 49 11), ou la Division des médias de l'OCDE (+33 1 4524 9700).

 

 

 

Documents connexes