|
Aujourd’hui, les chercheurs ne sont pas seulement en mesure de séquencer ou de manipuler les gènes, ils arrivent à créer la vie. La biologie synthétique désigne la conception et la construction de nouveaux composants, dispositifs et systèmes biologiques qui n’existent pas à l’état naturel, ainsi que la reconstruction de systèmes biologiques naturels existants, à des fins utilitaires. La biologie synthétique décompose les procédés biologiques (la production de protéines à partir d’un gène, par exemple) pour construire des systèmes capables de remplir telle ou telle fonction (par exemple, des oscillateurs capables de produire des protéines sur demande).
Les scientifiques prédisent que d’ici deux à cinq ans, il sera possible de synthétiser n’importe quel virus. Dans cinq à dix ans, la synthèse de génomes bactériens simples et la construction de génomes « sur mesure » seront des pratiques courantes. Ces génomes conçus « sur mesure » seront insérés dans des cellules bactériennes vides pour donner naissance à de nouveaux organismes vivants capables d’autoréplication. D’autres biologistes synthétiques espèrent reconfigurer les voies génétiques des organismes existants pour leur faire remplir de nouvelles fonctions comme la fabrication de médicaments ou de produits chimiques à forte valeur ajoutée.
La biologie synthétique est une technique puissante et transformatrice qui combine biologie et ingénierie. Elle ouvre de formidables possibilités scientifiques, commerciales et médicales. Il convient de mieux cerner les promesses de la biologie synthétique, d’identifier les divers acteurs concernés, et d’étudier leurs critères de recherche et leurs stratégies commerciales, potentiellement contradictoires.
Mais il ne fait aucun doute que la biologie synthétique posera aussi des problèmes de choix stratégiques aux gouvernements désireux d’en tirer le meilleur parti. Ces problèmes toucheront au domaine social, économique et juridique, comme à la biosécurité et à la sûreté. On pourrait tirer des enseignements utiles de l’expérience acquise concernant les technologies transformatrices en sciences de la vie (génie génétique et bionanotechnologies). L’OCDE est en position idéale pour forger chez les décideurs publics une compréhension commune des enjeux à prendre en compte (besoins en matière de recherche, renforcement de la communauté scientifique, problèmes de sûreté et de sécurité, conséquences réglementaires, filières de marché, sensibilisation du public). De surcroît, l’OCDE peut lancer un dialogue précoce sur la conduite raisonnable et responsable qu’il conviendrait d’adopter pour veiller à encourager la réalisation, en toute sécurité, des bénéfices économiques et sociaux de ces nouvelles technologies.
Travaux complémentaires sur la biologie synthétique (en anglais)
|