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L’une des préoccupations croissantes des responsables gouvernementaux est l’optimisation des interactions avec la société civile en ce qui concerne les problématiques à composante scientifique. Dans de nombreux domaines bien connus (i.e. les OGM, les tests génétiques, les nanotechnologies, le stockage des déchets nucléaires, les relations entre science et religion…), de vigoureux débats publics se déroulent depuis un certain temps dans de nombreux pays de l’OCDE. Il existe de plus une constellation de sujets proéminents dans lesquels la science joue un rôle essentiel : le changement climatique, l’énergie, la protection de l’environnement… Le consentement éclairé du public comme des autres parties prenantes est devenu de plus en plus nécessaire et recherché afin de définir et implémenter les bonnes solutions dans ces domaines. Pour ces raisons, l’organisation du dialogue entre science et société est d’une importance primordiale pour les responsables politiques.
Traditionnellement, ce dialogue a largement été limité à un transfert de connaissances de l’expert au profane, correspondant à la promotion de la « culture scientifique ». Cette approche classique était basée sur le « modèle de déficit » dans lequel le public est perçu comme ayant une compréhension insuffisante de la méthode scientifique et de ses réalisations. Dans ce système, l’acceptation de décisions venues du sommet doit être poursuivie au travers d’une communication unidirectionnelle et de l’éducation. Ce modèle a néanmoins montré ses limites. Aujourd’hui, les citoyens sont directement affectés par la science et la technologie et refusent d’être simplement des récipiendaires passifs de nouveaux produits ou technologies, quelque soit leur degré d’innovation. De plus, le développement scientifique n’est plus accepté de façon aveugle comme étant bénéfique pour la société. Ce qui apparaît de plus en plus nécessaire est l’établissement d’un véritable dialogue bidirectionnel, allant au-delà de l’éducation scientifique traditionnelle ou s’assurant d’une acceptation passive des citoyens de « vérités scientifiques ». Les responsables politiques sont ainsi à la recherche de solutions permettant de répondre à cette nouvelle importance et affirmation du public.
En octobre 2007, la Délégation de la France a propose une nouvelle activité sur l’amélioration du dialogue science-société. Suite aux travaux approfondis d’un comité de pilotage et à une étude préliminaire conduite par un consultant (Dr Rémy Lestienne), un atelier a été organisé à Paris les 17-18 septembre 2008, au siège du CNRS. Cet atelier a rassemble des participants de 18 pays et organisations internationales.
Le rapport final de cette activité analyse le passage de l’approche traditionnelle de promotion de la «culture scientifique» à un dialogue multidirectionnel, impliquant les différentes parties prenantes de la société et le grand public. Il se concentre sur les aspects pratiques du processus de dialogue et propose des recommandations pour les différentes étapes d’un tel mécanisme :
• Le rationnel : les objectifs et les participants d’un dialogue
• La méthode : organiser et conduire un dialogue
• Les résultats : formuler et utiliser les produits d’un dialogue
Un certain nombre de questions complexes furent traitées, comme choisir le bon moment et les participants, formuler les questions à traiter, la différence entre risques et incertitudes, l’équité du processus, ou sa traduction en politiques applicables. En complément, plusieurs problèmes supplémentaires non encore résolus furent identifiés, qui méritent une analyse approfondie.
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