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Notre mission
Le Projet mondial « Mesurer le progrès des sociétés » vise à favoriser la mise au point d’ un ensemble d’indicateurs clés dans les domaines économiques, sociaux et environnementaux, afin de donner une image globale de la façon dont évolue le bien-être d’une société. Il veut aussi encourager l’utilisation de ces indicateurs pour éclairer et promouvoir des processus décisionnels fondés sur des décisions factuelles, dans et entre les secteurs public et privé et la société civile. Le projet est ouvert à tous les secteurs de la société, mettant à profit à la fois des bonnes pratiques et les recherches innovatrices.
La vie va-t-elle en en s’améliorant? Nos sociétés font-elles des progrès? Quel sens les citoyens dans le monde entier donnent-ils au mot « progrès »? Difficile d’ imaginer des questions plus importantes à l’heure où nous vivons et dans le contexte en pleine mutation qui est le nôtre. Pourtant combien d’entres nous disposent-ils des éléments nécessaires pour répondre à ces questions?
La notion de progrès (en latin : pro-gredi) remonte à l’Antiquité grecque, et depuis cette époque, des philosophes venus de nombreux horizons n’ont cessé de s’ y intéresser. Le terme peut faire référence à l’idée d’ amélioration, mais que s’ agit-il d’ améliorer? Depuis le siècle des Lumières, on s’accorde généralement à définir le progrès comme une amélioration du bien-être général de l’humanité. Pendant une bonne partie du XXe siècle, on a implicitement considéré que la croissance était synonyme de progrès, en partant du principe que si le produit intérieur brut (PIB) augmentait, c’était sans doute que les conditions de vie s’amélioraient. Aujourd’ hui, cependant, les choses ne paraissent plus aussi simples. Malgré les niveaux élevés de croissance économique que connaissent nombre de pays, beaucoup de spécialistes estiment que nous ne sommes plus satisfaits (ou heureux) dans notre vie qu’il y a cinquante ans, que les gens ont moins confiance les uns en les autres - et envers leurs gouvernements - qu’autrefois , et que l’augmentation du niveau de revenu a un coût qui se mesure en termes d’ insécurité, de durée de travail, et de complexités accrues. Une grande partie de la population mondiale est maintenant en meilleure santé et les gens vivent plus longtemps que ce n’était le cas il y a encore quelques années, mais les problèmes environnementaux, comme le changement climatique jettent une ombre sur un avenir incertain.
En fait, on a parfois l’ impression, que pour chaque action témoignant d’un progrès de la société, une autre action surgit qui va exactement en sens inverse. Et lorsque les experts ne sont pas d’accord sur les « faits », comment les citoyens peuvent-ils débattre démocratiquement de leur avenir et faire le bon choix une fois devant les urnes ? L’accès à des informations fiables est fondamental lorsqu’ il s’agit de juger nos hommes politiques et de leur demander des comptes. Or, dans beaucoup de sociétés, il n’ est pas possible d’ appréhender globalement et de façon intelligible cette question importante entre toutes : la vie est-elle meilleure aujourd’ hui que dans le passé, et va t-elle encore s’ améliorer ?
Ces questions occupent de plus en plus les esprits, et depuis une dizaine d’ années, la production de mesure du progrès sociétal focalise toute l’attention. Des mesures qui vont au-delà du PIB pour donner une vision plus large de la façon dont les sociétés progressent et régressent ; des mesures qui reflètent les valeurs de la société, et pas seulement celles d’un petit parti politique ou d’ une petite élite. Des mesures qui peuvent aider les gouvernements à se concentrer de façon plus cohérente sur ce qui compte véritablement, qui peuvent éclairer le débat sur la réalité de la situation dans laquelle se trouve une société, sur la direction dans laquelle elle souhaite s’ engager et- surtout- sur les choix qu’elles peut faire pour parvenir au but escompté. Mesurer le progrès, c’est aussi contribuer au progrès.
Les objectifs du Projet mondial
L’ initiative a pour but d’ aider les sociétés à mesurer le progrès qu’elles accomplissent en apportant des réponses aux trois questions suivantes:
• Que faut-il mesurer?
L’idée est d’ encourager le débat à ce sujet: si l’ on veut mesurer le progrès, autant savoir de quoi il s’agit. Or, le terme « progrès » n’a évidemment pas le même sens dans toutes les sociétés, d’où cet objectif de promouvoir, et de faciliter le dialogue sur la signification que chaque société attribue à la notion de progrès.
• Comment procéder?
Avec la collaboration d’experts du monde entier, le Projet permettra de mieux comprendre comment mesurer le progrès - en particulier- dans les domaines nouveaux et complexes, où il n’ existe pas encore de normes statistiques. Les avis sont unanimes pour reconnaître que ces domaines (sécurité, droit de l’homme, qualité de vie, etc...) sont importants, mais beaucoup moins sur la signification à accorder au progrès dans chacun d’eux, et sur la façon de l’ évaluer. La mise au point d’ un ensemble de mesures précises et représentatives du progrès dans une société n’est pas une tâche facile, en particulier pour les pays en développement. C’est pourquoi, il est prévu de préparer un manuel, des cours de formation, ainsi que d’ autres supports pour ceux qui en auront besoin. Les données sur le progrès ne seront utilisées que si elles sont fiables, précise et objectives: par conséquent, le Projet définira des principes de qualité pour des outils de mesure du progrès, qui serviront ensuite à juger si telle ou telle série d’ indicateurs proposée peut être ou non acceptée dans le cadre du Projet.
• Comment faire en sorte que les mesures statistiques soient utilisées?
Lorsqu’il existe des statistiques de qualité, elles passent trop souvent inaperçues, ou sont mal comprises par un large pan du public. Les nouveaux outils fondés sur les TIC peuvent apporter à cet égard des améliorations considérables: le Projet favorisera la mise au point de nouveaux outils et de nouvelles méthodes pour aider les décideurs et les citoyens à mieux connaître leur société grâce aux informations statistiques.
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