Etude économique de la Suisse 2007 : L'immigration peut contribuer davantage à la prospérité

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Les évaluations et recommandations suivantes sont extraites du chapitre 5 de l'Etude économique de la Suisse, publiée le 6 novembre 2007.

 

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On pourrait faire en sorte que les immigrants contribuent davantage au niveau de vie moyen et améliorer leur intégration

Avec la perspective d’un niveau de vie confortable et d’une forte demande de main-d’oeuvre, la Suisse attire les immigrants depuis plusieurs décennies. L’immigration a de nouveau entraîné une augmentation de l’offre de main-d’oeuvre ces dernières années, la Suisse étant désormais l’un des pays de l’OCDE qui ont les taux les plus élevés d’immigration. Cette forte immigration a été globalement bien absorbée et la contribution de l’augmentation de l’offre de main-d’oeuvre à la croissance du PIB par habitant a été renforcée par la proportion croissante de travailleurs qualifiés parmi les immigrants. Le rythme d’immigration pourrait rester soutenu avec la suppression récente des restrictions qui subsistaient pour la libre circulation en provenance et à destination de la plupart des États membres de l’UE. En ce qui concerne l’immigration en provenance d’autres pays, la politique en vigueur est plus fortement axée sur l’admission de travailleurs qualifiés. Malgré tout, intégrer les travailleurs les moins qualifiés des vagues précédentes d’immigration et leurs descendants demeure difficile. La demande persistante de travailleurs peu qualifiés provenant, par exemple, des pays qui ont adhéré dernièrement à l’UE justifie d’autant plus un tel effort.

 

Effectifs de la population étrangère
dans certains pays de l’OCDE(1)
Pourcentage de la population totale, 2004

http://dx.doi.org/10.1787/140271367772
1. A partir des registres de population ou des registres d’étrangers sauf pour le Portugal (permis de résidence), l’Irlande et le Royaume-Uni (Enquête sur la population active).
Source : OCDE (2006), données sur les migrations internationales.

 

Les résultats que les immigrants obtiennent sur le marché du travail sont moins bons que ceux de la population native, aussi bien en termes de taux de chômage qu’en termes de rémunération, ce qui affaiblit la contribution de l’immigration à la croissance du PIB. Certaines de ces différences sont plus marquées que dans d’autres pays de l’OCDE ayant connu une forte immigration. Les difficultés rencontrées pour la reconnaissance des titres de qualification étrangers (en particulier pour les pays hors UE) nuisent aux perspectives d’emploi et de rémunération de certains immigrants. Il faudrait s’efforcer d’améliorer le système de reconnaissance des qualifications et de l’expérience acquises à l’étranger. Les discriminations dont peuvent souffrir les demandeurs d’emploi immigrés sont de nature à décourager l’acquisition de capital humain. Une législation antidiscrimination est en place, mais on pourrait l’appliquer plus efficacement. Le recours qui est ouvert aux étrangers victimes de discriminations devrait être facilité, éventuellement avec le concours des associations qui luttent contre les discriminations. En outre, il faudrait davantage sensibiliser les employeurs à la question des discriminations, afin de mieux intégrer les travailleurs étrangers sur le marché suisse du travail. À cet égard, le secteur public devrait donner l’exemple. Enfin, les règles concernant la durée de résidence fixées par les cantons et les communes pour la naturalisation pourraient entraver la mobilité géographique et devraient donc être harmonisées.

 

Taux de chômage des immigrants non issus de l’Union européenne et
ne parlant pas l’anglais par rapport aux personnes natives
dans les pays de l’OCDE(1)
Pourcentage, 2003

http://dx.doi.org/10.1787/140377022056
1. Ligne continue : le chômage des immigrants est égal à celui des natifs. Ligne en pointillés : le chômage des immigrants est deux fois plus élevé que celui des natifs.
Source : OCDE (2006), « Migration in OECD Countries: Labour Market Impact and Integration Issues », OCDE Document de Travail no 562, Paris.

 

Les enfants des immigrants obtiennent dans le système éducatif des résultats nettement moins bons que les autres enfants, qui tiennent en partie, plus généralement, aux effets négatifs des antécédents socioéconomiques. Dès lors, les réformes du système scolaire devraient viser à atténuer l’impact de ces antécédents sur les résultats éducatifs de l’ensemble des enfants. La faible participation à l’enseignement préscolaire et aux services d’accueil de l’enfance accentue cet impact néfaste, tout comme la sélection précoce des enfants dans les différentes filières, généralement entre 10 et 12 ans. Il faudrait favoriser l’accès de la population étrangère à l’enseignement préscolaire et aux services d’accueil de l’enfance et, pour cela, mieux coordonner ces services entre les différents niveaux d’administration. Il est prévu d’abaisser de 6 à 4 ans l’âge de la scolarité obligatoire. Cette mesure est très judicieuse. Des initiatives de ce type seraient également très positives pour les enfants natifs défavorisés et inciteraient davantage les femmes à travailler (autre priorité recensée dans l’édition 2007 d’Objectif croissance) qui, souvent, choisissent de ne pas prendre un emploi à plein-temps faute de services suffisants d’accueil de l’enfance. Il faudrait également développer les modèles éducatifs non sélectifs dans le premier cycle de l’enseignement secondaire. On pourrait améliorer la normalisation et la transparence des dispositifs d’orientation scolaire. L’immigration s’est diversifiée au fil du temps du point de vue des pays d’origine, les immigrants étant de plus en plus nombreux à ne parler aucune des langues officielles. Certaines carences ont été constatées pour l’offre et la qualité dans l’enseignement des langues. Il faudrait davantage inciter les étrangers à suivre des cours de langue et développer ces cours; une normalisation des certificats de langue serait notamment utile à cet égard.

 

Jeunes ayant quitté l'école prématurément selon la nationalité
Pourcentage de jeunes âgés de 18 à 24 ans sans formation post-obligatoire et qui ne sont plus scolarisés

http://dx.doi.org/10.1787/140384765705
Source : Office Fédéral de la Statistique, Enquête suisse sur la population active.

 

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Informations complémentaires                                                                        

Des informations complémentaires sur cette Etude peuvent être obtenues auprès du Bureau de la Suisse du Département des affaires économiques de l'OCDE à eco.survey@oecd.org. Ce rapport du Secrétariat de l'OCDE a été préparé par Andrés Fuentes, Claude Giorno et Eduardo Camero sous la direction de Peter Jarrett. La recherche statistique a été faite par Françoise Correia.

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