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Les évaluations et recommandations suivantes sont extraites du chapitre 5 de l'Etude économique du Canada, publiée le 11 juin 2008.
Il faut réduire le soutien budgétaire aux agriculteurs pour éviter la dépendance
Il est assez surprenant qu’un pays comme le Canada, avec son vaste potentiel agricole, n’ait pas jugé bon ces derniers temps de se tenir à la pointe de la libéralisation, d’autant que beaucoup de ses agriculteurs bénéficieraient largement d’un régime commercial mondial plus libre dans ce secteur. Certes, dans les années 80 et 90, le soutien public à l’agriculture a été fortement réduit, et le Canada semblait en passe de rejoindre l’Australie et la Nouvelle Zélande, qui avaient déjà ouvert leurs marchés agricoles. Au cours des 6 années écoulées, le Canada a été pratiquement le seul des pays de l’OCDE à faire marche arrière en ce qui concerne la protection offerte à ses exploitants. Les agriculteurs canadiens reçoivent maintenant des aides plus généreuses que les agriculteurs des États Unis et du Mexique, mais moins élevées que celles dont bénéficient leurs homologues dans la plupart des autres pays de l’OCDE. Il en est résulté d’importants coûts budgétaires récurrents (3.8 milliards CAD, ou 16 600 CAD par exploitation et par an en 2006, par exemple), qui ont heureusement coïncidé avec une période d’excédents. Mais, à n’en pas douter, un examen plus rigoureux s’impose pour vérifier si ces dépenses induisent des avantages nets. Elles doivent être plus strictement contrôlées, compte tenu en particulier du risque d’aléa moral lié au fait que les agriculteurs se sont habitués à vivre de subventions publiques. Étant donné le niveau élevé des prix agricoles, le temps est venu de laisser tous les agriculteurs libres de jauger leurs capacités sur le marché mondial, et non de limiter le processus de libéralisation aux producteurs de céréales, comme le gouvernement s’efforce de le faire.
Le régime de gestion de l’offre de produits agricoles devrait être supprimé
Les distorsions les plus profondes de l’agriculture canadienne touchent les secteurs soumis à un régime de gestion de l’offre, et surtout la production laitière. Non seulement les produits laitiers sont protégés par des tarifs prohibitifs qui font que les prix de détail du beurre et du fromage sont près de deux fois et demie supérieurs à ceux du marché des États Unis, qui n’est pas particulièrement libéralisé, mais en outre les revenus bruts médians annuels des producteurs laitiers ont bondi pour dépasser 250 000 CAD, et les valeurs des quotas laitiers sur leurs bilans ont grimpé à plus de 26 milliards CAD en 2006 (environ 2 % du PIB). Cela représente plusieurs millions de dollars par exploitation et 26 000 CAD par vache. Ces rentes sont une plaie pour l’économie et s’avèrent totalement injustifiables compte tenu de l’envolée des prix laitiers mondiaux. Tandis que le soutien ne peut pas être supprimé du jour au lendemain, il est crucial de mettre en place un plan à long terme prévoyant le retrait progressif de ces aides. La première étape consisterait à éliminer les restrictions des échanges interprovinciaux inhérentes au contingentement de l’offre. Le gouvernement fédéral pourrait ensuite offrir des paiements transitoires, qui permettraient d’éviter une trop forte dégradation de la situation financière des agriculteurs actuels.
Le soutien actuel à la production d’éthanol doit être réexaminé
L’agriculture joue aussi un rôle dans l’effort national pour améliorer la performance environnementale, et notamment relever le défi du changement climatique grâce à la production de bioénergie. L’objectif est d’augmenter l’efficience de cette production de façon à abaisser les émissions de GES, accroître les revenus des agriculteurs et améliorer la qualité de l’air. Comme dans d’autres pays de l’OCDE, l’administration fédérale et quelques gouvernements provinciaux ont mis en place des obligations pour développer l’utilisation de la bioénergie. À l’heure actuelle, il est évident que les conditions du marché national ne permettent pas aux producteurs canadiens de canola de concurrencer les producteurs brésiliens de sucre sur la seule base des coûts, mais les autorités ont accordé des aides budgétaires substantielles à la recherche développement sur l’éthanol de cellulose, dans l’espoir que cette production serait plus rentable. Cependant, même cette source d’énergie est aujourd’hui remise en question pour ce qui concerne ses avantages en termes d’émissions évitées, beaucoup moins toutefois pour son rapport coût efficacité et pour son impact régressif sur les prix mondiaux des produits alimentaires. Il semblerait prudent que le gouvernement réexamine les éléments en fonction desquels le soutien a été accordé et les obligations imposées, et qu’il continue de recourir au mécanisme d’échange de droits d’émission, en le complétant peut être par un système de prix offerts pour des percées technologiques.
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Informations complémentaires
Des informations complémentaires sur cette Etude peuvent être obtenues auprès du Bureau du Canada, Département des affaires économiques de l'OCDE à eco.survey@oecd.org. Ce rapport du Secrétariat de l'OCDE a été préparé par Alexandra Bibbee, Yvan Guillemette, Shuji Kobayakawa and Annabelle Mourougane sous la direction de Peter Jarrett. La recherche statistique a été effectuée par Françoise Correia.
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