EO Sources - Hypothèses sous-tendant les prévisions

Les taux de change nominaux par rapport au dollar des États-Unis sont en général supposés rester constants durant toute la période de prévision, au niveau observé à une date prédéfinie, choisie dans le courant de l'exercice de prévisions, sauf pour les monnaies des pays ayant, explicitement ou de facto, une politique des changes. Deux raisons président à cette hypothèse. Premièrement, les prévisions de taux de change continuent d'être politiquement très sensibles dans de nombreux pays. Deuxièmement, il s'est avéré très difficile d'arriver à des prévisions d'une précision acceptable sur les variations des taux de change à court terme, et dans la pratique, un modèle naïf partant de l'hypothèse que les taux de change sont constants en termes nominaux, ne s'est pas révélé beaucoup plus inexact que ceux que génèrent les modèles économétriques. Cette hypothèse de fixité des taux de change est modifiée dans les cas de la Hongrie et de la Turquie de façon à prendre en compte la dépréciation continue des monnaies de ces pays, d'après l'interprétation que fait le Secrétariat de l'OCDE de leur "politique officielle des changes" :

  • Hongrie: Une marge de fluctuation de +/-15 pour cent autour d'une parité centrale fixe liée à l'euro.
  • Turquie: On part de l'hypothèse que la livre turque se déprécie dans des proportions équivalentes au taux d'inflation.

Les politiques monétaires et budgétaires restent inchangées

L'hypothèse consistant à considérer que les politiques macroéconomiques restent "inchangées" sur la période de prévision ne signifie pas que le Secrétariat de l'OCDE considère nécessairement que les gouvernements vont - ou en fait doivent - atteindre les objectifs qu'ils ont affichés. Cette hypothèse, comme on l'a vu ailleurs, sert plutôt à montrer à quels résultats on aboutira vraisemblablement en matière de croissance, d'inflation et d'emploi, étant donné les politiques annoncées.

Politique budgétaire

Les hypothèses sur la politique budgétaire reposent sur les mesures annoncées et les intentions affichées par les pouvoirs publics, dès lors qu'elles sont intégrées dans des programmes bien définis. Il peut y avoir des marges d'erreur considérables autour des "prévisions ponctuelles" sur les situations budgétaires, qui traduisent les incertitudes sur :

  • Les taux de croissance économique et les taux d'inflation.
  • Les élasticités des recettes fiscales vis-à-vis des revenus, notamment en cas de réformes fiscales.
  • Les impacts de nouvelles mesures structurelles (par exemple, sur le marché du travail).
  • Les estimations sur l'année civile des pays dont l'exercice budgétaire ne commence pas le 1er janvier (à savoir, les États-Unis, le Japon, le Canada, l'Australie et la Nouvelle-Zélande).

Le Secrétariat de l'OCDE fait appel à toute une batterie d'indicateurs pour évaluer la situation budgétaire d'ensemble des pays membres. Il n'y a pas d'indicateur unique permettant de rendre compte de toutes les informations sur la situation budgétaire, mais l'évaluation de cette situation en examinant une série d'indicateurs doit contribuer à contrebalancer les insuffisances de chaque indicateur en particulier. De plus, toute évaluation de la situation budgétaire doit veiller à l'évolution des indicateurs sur une période de plusieurs années, car s'attacher à une seule année risque de donner une image fausse de la réalité, compte tenu de l'évolution des conditions économiques, de facteurs ponctuels, etc.

L'indicateur le plus largement utilisé est le solde financier des administrations publiques ou capacité de financement. Non seulement la capacité de financement nette est un indicateur de l'accumulation de la dette publique, mais encore c'est un indicateur synthétique important pour savoir dans quelle mesure les budgets de l'État contribuent à la stabilisation macroéconomique. Toutefois pour avoir une image plus claire de la situation budgétaire corrigée des variations cycliques et pour l'utiliser comme un guide pour la formulation de la politique budgétaire, il est utile de tester la capacité effective de financement vis-à-vis des effets des variations conjoncturelles de l'activité économique et de la corriger en conséquence.

Le solde budgétaire corrigé des variations cycliques représente ce que les recettes et les dépenses des administrations publiques seraient si la production correspondait à son niveau potentiel (pour plus de précisions sur la méthodologie employée, voir Van den Noord (2000) et Girouard et André (2005)). Pour évaluer l'orientation de la politique budgétaire, il est souvent utile de la corriger des charges d'intérêt au titre de la dette publique, puisque ces paiements échappent au contrôle de la politique budgétaire. En conséquence, le solde du budget primaire corrigé des variations cycliques est calculé en retranchant les paiements d'intérêt nets au titre de la dette publique du solde financier corrigé des variations cycliques, et les variations du solde primaire corrigé des variations cycliques servent d'indicateur approximatif des changements discrétionnaires de la politique budgétaire. Le solde primaire est calculé à partir du solde budgétaire effectif, mais hors intérêts payés (et perçus), ce qui exclut le legs des budgets précédents (par exemple les dettes constituées dans le passé). Cet indicateur sert principalement pour l'analyse de la dynamique d'endettement.

Lors de l'évaluation de la situation des finances publiques, on prête également attention aux engagements financiers bruts consolidés des administrations publiques qui mesurent la dette totale détenue en dehors des comptes des administrations publiques et qui sert d'indicateur quant aux charges futures du service de la dette pesant sur l'économie. Il convient de noter que cet indicateur d'endettement ne donne pas une image complète de l'état des finances publiques dans la mesure où il exclut généralement les passifs et les actifs éventuels (à savoir, les pensions, les soins de santé, les reports d'imposition) et la valeur des actifs réels des administrations publiques. La valeur "réelle" des actifs financiers des administrations publiques est aussi souvent difficile à apprécier (par exemple, les programmes de prêts des administrations publiques ou les participations dans les entreprises publiques). Néanmoins, la taille de la dette publique constitue une variable essentielle pour estimer, peser et évaluer les problèmes touchant à la viabilité du budget et à la marge de manoeuvre de la politique budgétaire.

Pour les grands pays, on prend pour hypothèse que la politique monétaire suivie vise à atteindre les objectifs annoncés.Ceci tient compte de toute une série d'indicateurs monétaires, des déclaration gouvernementales concernant les objectifs monétaires, des fourchettes et moyens d'action correspondants. De plus en plus, cette analyse incorpore un large élément d'interdépendance, étant donné par exemple l'importance des taux d'intérêt, des taux de change, de la production et des prix pour les mécanismes de transmission internationaux. Dans la pratique, cela signifie que les liaisons financières internationales occupent une place grandissante dans l'évaluation d'ensemble de la situation mondiale et donc que les hypothèses adoptées en matière de taux d'intérêt à court terme et à long terme et/ou d'agrégats monétaires pour pratiquement tous les pays de l'OCDE peuvent dépendre de façon décisive de l'évaluation de la politique monétaire dans les trois principaux pays.

Compte tenu du caractère fluctuant des prix du pétrole et de l'influence croissante des facteurs non économiques sur l'évolution des prix, l'OCDE fait désormais l'hypothèse de travail que les cours du pétrole rstent inchangées à compter d'une date donnée. Pour le long terme, c'est-à-dire pour la fin de la période de prévision ainsi que dans le cas du scénario de référence à moyen terme, les prix du pétrole brut sont supposés rester constants en termes réels, par rapport aux prix des exportations de produits manufacturés de l'OCDE. Voir aussi les notes du tableau 19 de l'Annexe.

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Les chocs récents qui ont affecté les marchés du pétrole et du crédit ont-ils modifié la capacité de production des économies de l’OCDE d’une manière notable ?

L'édition No. 83