Apporter une aide aux chômeurs et redynamiser l’activité économique figuraient parmi les questions les plus pressantes inscrites à l’ordre du jour du Sommet du G20, qui s'est tenu à Pittsburgh les 24 et 25 septembre 2009.
« L’emploi est l’enjeu décisif dans la crise actuelle », a indiqué le Secrétaire général de l’OCDE, M. Angel Gurría, qui participera au Sommet. « Nous ne pouvons clamer victoire simplement parce que nous observons un redressement des indicateurs de reprise et nous ne devons pas nous contenter d’attendre que la croissance régle le problème.»
S’agissant des politiques d’emploi comme de l’ensemble des dossiers mondiaux qui seront examinés à Pittsburgh, l’OCDE fournit déjà des conseils de politique générale et des analyses aux gouvernements.
Depuis le lancement de sa Réponse stratégique à la crise, l’OCDE apporte un appui au G20 sur des questions comme l’emploi, l’investissement, la fiscalité, l’éthique des entreprises et le financement des échanges.
Interview: Angel Gurria, qui participait au G20 à Pittsburgh, s'exprime sur les stratégies de sortie de crise et ses implications (en anglais).
De nouvelles compétences pour de nouveaux emplois
Si la reprise ne se confirme pas, les pays de l’OCDE pourraient compter 57 millions de chômeurs d’ici à 2010. Les Perspectives de l’emploi de l’OCDE 2009 plaident en faveur d’une réponse concertée à la crise de l’emploi grâce au renforcement des dispositifs de protection sociale et des politiques en faveur de la reprise d'activité telles que la formation et l'aide à la recherche d'emploi.
Les jeunes seront vraisemblablement les plus touchés par l’aggravation de la situation sur le marché du travail. Des emplois pour les jeunes : France est le dernier d’une série de rapports étudiant le chômage des jeunes dans certains pays. Les travaux menés par l’OCDE pour évaluer l’acquisition de connaissances et de compétences (programmes PISA et PIAAC) visent à contribuer au développement des formations nécessaires à l’économie du 21ème siècle – un thème majeur de la réunion de Pittsburgh.
A travers son analyse et son processus de révision par les pairs, l'OCDE a développé un ensemble étendu de stratégies en vue de restaurer la croissance économique passant notamment par des réformes structurelles et l'innovation. L'OCDE analyse également l'efficacité des mesures de relance budgétaire d'urgence, leur effet sur les finances publiques et la possibilité de leur extension dans le futur.
Nombre de pays espèrent que la « Croissance verte », c’est-à-dire une croissance durable et créatrice d’emplois, facilitera la sortie de crise. L’OCDE a commencé de travailler sur une stratégie de croissance verte pour promouvoir des technologies propres, visant à la fois à renforcer l’activité économique et à protéger l’environnement.
L’innovation, fondement d’une économie dynamique, jouera un rôle essentiel dans la croissance verte. L’OCDE examine les conditions requises pour stimuler et préserver l’innovation – en particulier dans le secteur de la science et de la technologie. Les résultats de cet examen serviront de base à l’élaboration d’une stratégie pour l’innovation.
Le Sommet du G20 de novembre 2008 a donné une forte impulsion politique à la lutte contre la fraude fiscale. Depuis, plus de 70 Accords d'échange d'information à des fins fiscales ont été signés par des pays et des juridictions. L'OCDE est au premier plan de la lutte contre les pratiques fiscales dommageables. Il lui revient également de suivre les progrès et de conduire les examens des 85 pays et juridictions composant le Forum mondial sur la fiscalité.
L'OCDE examine les coûts de la réduction des émissions de gaz à effet de serre. L'économie de la lutte contre le changement climatique estime que si un marché mondial du carbone approprié se développe au cours de la prochaine décennie, la réalisation des objectifs relativement ambitieux en matière de changement climatique coûterait seulement un dixième du pourcentage du PIB mondial de croissance annuel moyen entre 2012 et 2050. Est également défendue l'idée que les gouvernements doivent lutter contre la tentation d'exempter certaines indutries grandes consommatrices d'énergie du respect total du cadre relatif à la tarification du prix du carbone.
L’OCDE, de concert avec l’Organisation mondiale du commerce et la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement, a appelé les responsables réunis au sein du G20 à s’engager plus résolument en faveur de l’ouverture du commerce et de l’investissement. Cet appel a été lancé dans le rapport commun de ces organisations sur le suivi dans les pays du G20 des signes d’une recrudescence du protectionnisme.
L'apport de financements garantis par l’État pour aider les exportateurs est considéré comme un moyen important de stimuler les échanges. L’OCDE accueille régulièrement des réunions destinées à échanger des informations et à suivre les progrès dans les 36 pays qui sont convenus de coordonner les politiques en matière de crédits à l’exportation pour stimuler le commerce et l’investissement durant la crise.
On estime que près d’un milliard de personnes souffriront de malnutrition cette année dans le monde, suite aux retombées de la crise dans les pays en développement. Comment assurer la sécurité alimentaire des personnes démunies dans le monde aussi bien durant la crise actuelle qu’à long terme a été le thème d’une réunion de haut niveau organisée conjointement par l’OCDE et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) en mai 2009.
L'OCDE suit de près l'aide au développement et contribue à l'élaboration de politiques en vue d'assurer leur efficacité dans la lutte contre la pauvreté et le renforcement des économies en développement.