Etude économique de la Belgique 2007 : Améliorer les systèmes d'incitation dans l'enseignement supérieur

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Les évaluations et recommandations suivantes sont extraites du chapitre 4 de l'Etude économique de la Belgique 2007, publiée le 13 mars 2007.

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L’enseignement supérieur s’est rapidement développé au cours des décennies écoulées, le système cessant d’être orienté vers les élites pour offrir une formation supérieure à une proportion beaucoup plus élevée de chaque génération. En conséquence, le faible niveau de formation de la population a été amélioré et la Belgique est en passe d’avoir une dotation en capital humain relativement forte. Le système tertiaire est actuellement fondé sur les principes d’accès libre, de bas niveaux de droits d’inscription et du droit des étudiants à une seconde chance après un premier échec dans l’enseignement supérieur. Certains mesures ont été prises au niveau communautaire pour améliorer encore la qualité de l’enseignement supérieur, notamment l’adaptation des programmes, l’introduction d’un système de comptes d’apprentissage, la limitation de la durée des études nécessaires à l’obtention d’un diplôme, l’élargissement des possibilités d’admission sur la base de l’expérience professionnelle et le renforcement de la concurrence entre les établissements d’enseignement supérieur. Il est à craindre, cependant, que l’amélioration de la qualité ne soit difficile à maintenir, face à l’augmentation du nombre d’étudiants inscrits, sans un accroissement correspondant des financements. A l’heure actuelle, les droits d'inscription sont trop bas pour contribuer réellement à une amélioration de la qualité. Le faible niveau des frais de scolarité incite aussi de nombreux étudiants à considérer l’enseignement comme un bien gratuit. Les taux d’inscription sont donc élevés la première année, avec une sélection initiale limitée, mais à la fin de la première année le taux d’échec est considérable, d’où de fréquents changements de filière. Une première mesure pour accroître l’efficience du système d’enseignement supérieur consisterait à améliorer l’adéquation entre les aptitudes des étudiants et les exigences des études. Pour cela, le mieux est de renforcer les mécanismes de sélection, soit au niveau du deuxième cycle de l’enseignement secondaire, soit à l’entrée dans l’enseignement supérieur. Il serait également utile d’orienter les étudiants par des actions de conseil plus généralisées.

Niveau de formation et effectifs de l’enseignement supérieur, 2003
(disponible en anglais uniquement)

Source : OCDE, Regards sur l’éducation, 2006.

Une autre réponse à ces problèmes serait d’amplifier les signaux de prix. En ce qui concerne les établissements d’enseignement supérieur, l’imposition de droits d’inscription à des niveaux assurant une plus grande récupération des coûts leur offrirait une source autonome de recettes, qui dépendrait de la capacité à attirer les étudiants ; les établissements obtiendraient ainsi les ressources financières nécessaires pour adapter leur offre et la qualité de leur enseignement. S’agissant des étudiants, des frais de scolarité plus élevés les inciteraient à choisir des formations en rapport avec leurs capacités, mais aussi à réduire la durée de leurs études. Si les droits d'inscription étaient finalement relevés, les obstacles financiers à l’accès pourraient devenir un problème. Les marchés financiers n’acceptant pas en garantie les investissements immatériels en capital humain, l’application de droits d'inscription ne peut pas être une mesure isolée et l’accessibilité financière doit être assurée par la mise en place de prêts études sous conditions de ressources, associés éventuellement à des subventions directes aux étudiants, fonction elles aussi des ressources. Cette combinaison de mesures aurait aussi pour effet de contrecarrer le biais social observé dans l’enseignement supérieur. Autre avantage important des droits d'inscription : ils stimuleraient davantage la concurrence entre les établissements d’enseignement supérieur. Cependant, pour atténuer les problèmes d’asymétrie de l’information et permettre aux étudiants de faire des choix éclairés, les mesures récentes visant la publication des informations pertinentes concernant la qualité de la formation devraient être élargies et associées à des services d’orientation pour déterminer les perspectives futures d’emploi. Au lieu d’augmenter les droits de scolarité, le gouvernement pourrait envisager d’introduire d’autres formes d’incitations économiques, de façon à encourager les étudiants à utiliser de façon efficiente le système d’enseignement tertiaire.

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Des informations complémentaires sur cette Etude peuvent être obtenues auprès du Bureau de la Belgique  du Département des affaires économiques de l'OCDE à eco.survey@oecd.org. Ce rapport du Secrétariat de l'OCDE a été préparé par Jens Hoj, Ekkehard Ernst et Stefaan Ide sous la direction de Patrick Lenain.

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