15/03/2007 - Le soutien public à l’agriculture est sensiblement plus faible dans les grands pays émergents qu’en moyenne dans les pays développés de la zone de l’OCDE, il progresse néanmoins porté par la pression grandissante pour la protection des agriculteurs dans un marché mondial de plus en plus compétitif. Tel est le constat d’un nouveau rapport de l’OCDE.
Ce rapport, Politiques agricoles des pays non membres de l’OCDE, étudie huit pays, qui assurent collectivement près d’un tiers de la production agricole mondiale : l’Afrique du Sud, le Brésil, la Chine et l’Inde, ainsi que la Bulgarie, la Roumanie, la Russie et l’Ukraine, quatre anciennes économies planifiées. Dans la plupart de ces pays, la part des recettes agricoles brutes provenant du soutien et des subventions publics s’élève à moins de la moitié de la valeur moyenne observée pour la zone de l’OCDE, qui s’établit à 30 %.
Toutefois, cette part est en progression dans la majorité des pays étudiés et l’essentiel du soutien accordé induit une augmentation des prix qui, selon l’OCDE, est la forme d’aide publique la moins efficiente et entraînant le plus de distorsions des échanges.
Le soutien aux producteurs a augmenté ces dernières années dans tous les pays considérés, exception faite de la Russie, où le niveau du soutien était déjà relativement élevé. Cette tendance est confortée par un contexte économique dynamique, indique le rapport. Les gouvernements de ces pays estiment pouvoir opérer des transferts plus conséquents vers le secteur agricole, et les consommateurs sont souvent plus en mesure d’accepter la hausse des prix alimentaires.
Le rapport analyse l’efficacité des mesures prises par les autorités publiques face aux défis communs qu’ils ont à relever : lutte contre la pauvreté, développement rural, sécurité alimentaire, et adaptation des agriculteurs à la concurrence internationale.
Le rapport déplore le faible niveau des dépenses publiques consacrées aux services d’intérêt général en faveur de l’agriculture, tels que la recherche et le développement, la formation, la commercialisation et l’amélioration des infrastructures. En outre, bien que tous les pays examinés aient démontré qu’une profonde réforme du secteur agricole est à la fois possible et bénéfique, l’incohérence de la mise en œuvre des politiques publiques a dans de nombreux cas nui à leur efficacité.
Selon les recommandations de l’OCDE, il est surtout impératif de diversifier davantage les sources de revenu des populations rurales, en particulier dans le secteur de l’agriculture de subsistance. L’amélioration des services d’éducation et de santé, ainsi que la réforme des droits fonciers et de la fiscalité, encourageraient cette diversification et réduiraient la dépendance des ruraux vis-à-vis des seules activités agricoles.
L’agriculture de chacun des huit pays étudiés présente des caractéristiques propres :
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Au Brésil, les échanges agricoles poursuivent leur expansion et représentent désormais 37 % des exportations nationales et 86 % de l’excédent commercial. Les nouveaux programmes en faveur des biocarburants offrent aux petites exploitations des incitations commerciales.
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L’importance de l’agriculture dans l’économie de la Chine est en recul. Le secteur représente 13 % du PIB, 4 % des exportations, mais 40 % de l’emploi, indice d’un différentiel considérable de productivité de la main-d’œuvre entre l’agriculture et le reste de l’économie. Ces dernières années ont vu la Chine devenir importatrice nette de produits alimentaires.
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En Inde, un nouveau plan quinquennal vise à faire entrer l’agriculture dans le cercle des secteurs d’activité porteurs de croissance. Les subventions aux intrants préjudiciables à l’environnement et bénéficiant à des activités industrielles peu performantes devraient être réduites, et les aides publiques dispensées aux services d’intérêt général.
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Le soutien public accordé par la Russie à son secteur agricole est en voie de retrouver le niveau auquel il se situait avant la crise financière de 1998. Ayant pour principal objectif le redressement du secteur de l’élevage. Il prend davantage en compte les conditions sociales des populations rurales et la problématique de l’exploitation durable des terres.
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L’Ukraine pourrait devenir un grand pays producteur de céréales et d’oléagineux si elle appliquait des politiques agricoles et économiques cohérentes et prévisibles. La compétitivité à long terme de l’agriculture ukrainienne pourrait être améliorée en affectant aux services d’intérêt général le soutien budgétaire consacré jusqu’ici aux subventions aux intrants et aux paiements au titre de la production.
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Le secteur agroalimentaire de l’Afrique du Sud est de plus en plus tourné vers l’exportation, l’Europe absorbant près de la moitié des volumes exportés. L’émancipation de la population noire demeure une priorité de l’action publique dans les zones rurales, mais cela suppose la mise en place de programmes de soutien ciblés sur les nouveaux entrants dans l’agriculture commerciale, afin qu’ils puissent créer des entreprises viables sur les marchés de niche, aux côtés des exploitations plus anciennes et de plus grande taille.
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En adhérant à l’UE en janvier 2007, la Bulgarie et la Roumanie ont adopté la Politique agricole commune. Le soutien accordé par ces pays à leurs agriculteurs devrait continuer de s’accroître, notamment en Bulgarie, où le niveau du soutien était faible par rapport à la moyenne enregistrée pour l’UE. Dans ce cadre commun, éviter les mesures de soutien encourageant la production et opter pour des paiements ciblés améliorerait l’efficience des politiques agricoles.
Les journalistes pourront recevoir un exemplaire des faits marquants des Politiques agricoles des pays non membres en s’adressant à la Division des relations avec les médias de l’OCDE (tél : +33 1 45 24 97 00).
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