Etude économique du Mexique, 2003

La rigueur budgétaire, les progrès dans la stabilisation macroéconomique et les réformes structurelles, nécessaires et souhaitables, n'ont pas été suffisants jusqu'à présent pour accélérer la croissance potentielle à un rythme qui permettrait de combler l'écart de niveau de vie par rapport aux autres pays de l'OCDE. Une faiblesse conjoncturelle prolongée, sans signes nets de reprise vigoureuse, a fait reculer l'investissement privé, qu'entravent également divers obstacles législatifs et réglementaires dans des secteurs clés comme l'électricité. La faible accumulation de capital humain freine également le rattrapage. Les recettes publiques ne sont pas assez solides et stables pour pouvoir financer les dépenses sociales indispensables et le niveau nécessaire d'infrastructures publiques. La priorité devrait donc être d'élargir les bases d'imposition et de créer les conditions - économiques, financières et juridiques - dans lesquelles un secteur privé compétitif aurait les moyens d'investir davantage et y aurait intérêt. Il importe également de veiller à ce que les dépenses soient plus productives dans des secteurs comme l'éducation : ce qu'il faudrait, c'est rendre plus efficaces le système scolaire actuel et le corps enseignant, et aussi affecter davantage de ressources à la formation des adultes. Même si le vaste secteur informel agit comme une sorte de soupape de sécurité pour un grand nombre de Mexicains faiblement qualifiés, il faut qu'à moyen terme le secteur formel offre plus d'attrait pour l'exercice d'un emploi et pour l'embauche. Certes, l'émigration joue aussi un rôle de soupape de sécurité et grâce aux transferts de fonds beaucoup de ménages échappent à la grande pauvreté. Un accord sur les migrations entre les États-Unis et le Mexique serait bénéfique pour les deux pays. Dans le domaine de l’'environnement, les niveaux de pollution de l'eau et de l'air sont inacceptables en zone urbaine et, malgré les mesures qui ont été prises, la tarification  (implicite ou explicite) des ressources naturelles et des activités polluantes est loin d'être optimale. Au total, le Mexique doit progresser dans la mise en œuvre d'un large programme de réformes structurelles, comprenant tout d'abord l'adoption de reformes dans trois secteurs - la fiscalité, l'électricité et le marché du travail - de manière à donner au pays les moyens de tirer pleinement parti de son potentiel de croissance et fournir les ressources nécessaires pour remédier aux problèmes importants de capital humain et de lutte contre la pauvreté.

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