Etude économique de la Suède 2007 : Principaux défis de l'économie suédoise

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Les évaluations et recommandations suivantes sont extraites du chapitre 1 de l'Etude économique de la Suède 2007, publiée le 14 février 2007.

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Une performance macroéconomique solide et stable

L’économie suédoise a connu une vive reprise ces dernières années, avec une croissance annuelle de son PIB qui devrait être supérieure à 4 % en 2006. Cette reprise a été plus précoce et plus forte que dans la plupart des autres pays européens, signe que l’économie suédoise est relativement saine. Les anticipations inflationnistes sont bien ancrées. Ce bon résultat tient à la manière dont la Suède a réagi à la crise profonde du début des années 90, en améliorant très nettement le cadre de sa politique macroéconomique. Avec un excédent budgétaire structurel de l’ordre de 2 % du PIB, la Suède se prépare à faire face aux défis démographiques futurs bien mieux que la plupart des pays de l’OCDE. Toutes les composantes de la société bénéficient de ce cadre prospectif de politique économique. Pour les titulaires d’un emploi, l’augmentation des salaires en termes réels atteint en moyenne 3½ pour cent depuis 1998, lorsqu’a été mis en place un nouveau dispositif de détermination des salaires axé sur la stabilité, contre tout juste 2½ pour cent durant la période inflationniste des années 70 et 80.

Les réformes de la réglementation des années 90 ont accéléré la productivité

En partie grâce à un secteur technologique très développé, la croissance de la productivité est impressionnante, le PIB par heure travaillée augmentant de 2½ pour cent par an pour l’ensemble de l’économie. Cependant, la baisse des prix d’une partie des exportations de produits manufacturés s’est traduite par un recul tendanciel des termes de l’échange, de sorte que les possibilités globales de consommation ont moins progressé que le PIB en volume. Malgré tout, le PIB par heure travaillée, corrigé de la dégradation des termes de l’échange, a enregistré un taux de croissance proche de 2 %, largement supérieur au taux moyen des années 80. La Suède recueille ainsi les fruits des mesures qu’elle a prises dès les années 90, avec la réforme de la réglementation dans les services financés sur fonds publics, les infrastructures, l’énergie et les communications, ce à quoi il faut ajouter une intégration internationale plus étroite à la suite de l’adhésion à l’UE. Du point de vue du PIB par habitant, il subsiste néanmoins un retard de 22 % vis-à-vis des États Unis, qui s’explique pour moitié environ par un plus faible niveau d’utilisation des ressources en main-d’œuvre et de productivité horaire. Il faudrait relancer la réforme de la réglementation et éliminer les obstacles à une utilisation plus intensive des ressources en main-d’œuvre.

Les principaux enjeux pour la Suède sont de lutter contre l’exclusion sur le marché du travail et de remédier aux distorsions qui affectent le marché du logement

Les travailleurs intégrés s’en sortent bien, mais les groupes en situation marginale comme les immigrants, les jeunes, les handicapés et les malades souffrent encore d’un phénomène d’exclusion. Ils éprouvent des difficultés à trouver un travail à cause d’une stricte protection de l’emploi et de l’éventail très étroit des rémunérations, joints à des prélèvements fiscaux relativement lourds sur les revenus du travail au bas de l’échelle des rémunérations. Les taux élevés de remplacement renforcent les trappes à chômage et à inactivité. Ce problème est aggravé par les distorsions du marché du logement, qui peuvent nuire à la mobilité des travailleurs. Le programme de réforme ambitieux mis sur pied par le gouvernement comporte d’importantes initiatives qui visent à lutter contre l’exclusion sur le marché du travail en valorisant le travail et en offrant davantage de possibilités aux travailleurs non intégrés. La présente Étude s’attache surtout à analyser ce programme de réforme et propose des pistes pour une réforme du marché du logement.

Il faudrait resserrer le cadre budgétaire

La Suède a accompli une véritable performance en passant d’un ample déficit de ses finances publiques au début des années 90 à un excédent structurel aujourd’hui. Il est donc important que le nouveau gouvernement ait renouvelé l’attachement à de solides conditions cadres macroéconomiques et pris l’engagement de s’en tenir à l’objectif d’une capacité de financement des administrations publiques de 2 % du PIB sur l’ensemble du cycle, nécessaire pour assurer la viabilité budgétaire. Cet objectif suppose que les impôts puissent être maintenus à leurs niveaux actuels, ce qui pourrait se révéler difficile à l’avenir, en raison notamment de la mobilité des bases d’imposition et de la concurrence fiscale internationale. Au stade actuel, avec une croissance qui pourrait rester supérieure à la tendance en 2007-2008, il ne faudrait pas que de bonnes surprises budgétaires se traduisent par une hausse permanente des dépenses ou par un sous-financement des baisses d’impôts. Abaisser les plafonds de dépenses pourrait être utile pour maintenir les dépenses sur leur trajectoire, tout en évitant les dérapages et une politique consistant à épuiser la marge relativement substantielle entre les dépenses budgétisées et les plafonds de dépenses. Pour ouvrir la possibilité de baisses d’impôt intégralement financées visant à rendre financièrement plus intéressants l’emploi et l’entrepreneuriat, on pourrait envisager d’instaurer progressivement une TVA uniforme. Enfin, s’il est vrai que la réduction actuellement rapide de la dette publique prépare utilement au vieillissement de la population, il faut aussi se demander comment faire face à l’avenir à l’exigence probable de services toujours de meilleure qualité dans les secteurs où ces services sont principalement financés et assurés par les pouvoirs publics. En particulier, lorsqu’on élargit les choix des usagers, il est indispensable de le faire en ouvrant des possibilités de contribution financière des usagers, par exemple dans l’enseignement supérieur, plutôt qu’en multipliant les sollicitations qui s’exercent sur les dépenses publiques.

Les prix des logements et l’investissement résidentiel sont en forte hausse

Avec la hausse des prix des logements, l’investissement résidentiel s’accroît à un rythme supérieur à 10 % depuis le début de 2004, et plus de la moitié des entreprises du bâtiment signalent une pénurie de main-d’œuvre qualifiée, principal obstacle à leur expansion. On n’avait pas vu une telle pénurie depuis la fin des années 80. Il est très judicieux à cet égard que la Suède n’applique aucune restriction particulière à l’entrée de travailleurs des nouveaux États membres de l’UE. L’immigration nette polonaise, par exemple, a beaucoup augmenté en 2005-2006, et elle explique sans doute en partie la modération salariale persistante dans le secteur de la construction. On pourrait envisager d’informer les travailleurs étrangers qui ont l’intention d’émigrer en Suède des besoins de qualifications sur le marché suédois du travail, afin d’agir sur les compétences des migrants.

Ne pourrait-on pas diminuer les risques et alléger les formalités pour la création d’une entreprise ?

Pour faire en sorte que la demande de main-d’œuvre s’aligne sur une offre en hausse et pour améliorer la capacité d’adaptation de l’économie, il faut se demander pourquoi les créations d’entreprises sont moins fréquentes et les entreprises ont moins de chances de se développer que dans d’autres pays, aussi bien dans le secteur manufacturier que dans les services. Il est particulièrement important de réexaminer le droit des faillites. Il importe également de simplifier la fiscalité et les autres réglementations. Le budget 2007 va d’ailleurs en ce sens. Il faudrait que, comme prévu, l’État se désengage du secteur des entreprises, et une intensification de la concurrence entre prestataires de services à financement public s’impose pour promouvoir l’innovation et l’entrepreneuriat dans les nouvelles activités. La forte protection de l’emploi explique peut être aussi le caractère plus limité des créations d’entreprises et les difficultés qu’éprouvent les jeunes entreprises pour séduire des candidats expérimentés, car ceux-ci perdent beaucoup lorsqu’ils quittent un emploi sûr. On pourrait envisager de faciliter le transfert de la protection acquise à la faveur d’une longue ancienneté dans l’emploi.

Les baisses d’impôts sont importantes aussi bien pour l’offre de main-d’œuvre que pour l’entrepreneuriat

Pour accroître l’offre de main-d’œuvre et développer l’entrepreneuriat, il est essentiel de laisser au créateur d’entreprise un peu plus de la valeur que son activité crée. Il faudrait donc supprimer, comme il est envisagé, l’impôt sur la fortune, car il s’applique à un taux de 1½ pour cent dès que le patrimoine est légèrement supérieur au prix moyen d’une maison unifamiliale située dans une grande ville. La suppression de l’impôt sur la fortune pourrait entraîner un rapatriement de capitaux et peut être accroître ainsi le volume des fonds susceptibles d’être investis dans de nouvelles petites entreprises. L’imposition marginale du revenu est également un élément clé, parce que le contribuable se retrouve dans des tranches fortement imposées dès que son revenu est légèrement supérieur au salaire moyen à temps plein. Les cotisations sociales, l’impôt sur le revenu et l’impôt sur la consommation se superposent pour aboutir à un taux marginal effectif d’imposition supérieur à 70 % dans le cas de plus d’un tiers des salariés à temps plein, ce qui explique en partie pourquoi la durée du travail des personnes ayant un emploi est inférieure à la moyenne OCDE. Grâce aux réformes récentes du régime d’imposition des sociétés à actionnariat restreint, le surcroît de revenu dégagé par l’entrepreneur lorsque l’entreprise qu’il vient de créer rencontre le succès est beaucoup plus important, mais des améliorations seraient encore possibles.

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Des informations complémentaires sur cette Etude peuvent être obtenues auprès du Bureau de la Suède  du Département des affaires économiques de l'OCDE à eco.survey@oecd.org. Ce rapport du Secrétariat de l'OCDE a été préparé par Jens Lundsgaard et Felix Huefner sous la direction de Andreas Wörgötter.

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