Évaluation économique de l'Ukraine 2007 : Performance et politique macroéconomiques : le défi d'une croissance durable

 

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Le texte suivant résume le chapitre 1 de l'Évaluation économique de l'Ukraine 2007, publiée le 4 septembre 2007.

 

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Après une décennie de crise, l’Ukraine a connu une période de croissance solide et soutenue


En moyenne, la croissance réelle du PIB s’est élevée au cours de la période 2000-06 à 7.4 %, enregistrant un fort rebond après la sévère récession des années 90 (tableau 1). Les facteurs à l’oeuvre vont  cependant au-delà d’une simple reprise de l’après crise financière. La stabilisation macroéconomique et les politiques structurelles menées à la fin des années 90 ont beaucoup contribué à durcir les contraintes budgétaires des entreprises et à libérer le processus schumpetérien de destruction créatrice qui sous-tend le développement économique. A l’instar de nombreux pays de la CEI, l’Ukraine a pris du retard sur les pays plus avancés d’Europe centrale dans la transition vers l’économie de marché, compte tenu du fait que les autorités se sont plus souvent attelées à empêcher le changement structurel plutôt qu’à le faciliter. Il reste donc beaucoup à faire pour pérenniser une croissance solide. L’un des principaux axes du présent rapport est donc d’examiner ce que l’Ukraine peut faire pour atténuer les nombreux obstacles qui continuent d’entraver l’entrée, la sortie et la concurrence sur le marché des biens, et pour ainsi stimuler le dynamisme et la souplesse de son économie de marché. S’attaquer à ces questions est d’autant plus urgent que, malgré une croissance qui reste soutenue et une marge de rattrapage encore considérable, un certain nombre de facteurs ayant soutenu la croissance depuis 1999 ont épuisé, ou épuiseront bientôt, leur potentiel.
 

Tableau 1. Indicateurs économiques de base

Source : Comité d’État des statistiques de l’Ukraine, Banque nationale d’Ukraine, base de données des statistiques financières internationales du FMI.


La croissance a été tirée par la consommation intérieure et soutenue par une amélioration des termes de l’échange


Dans la phase initiale de reprise qui a suivi une décennie de récession, l’Ukraine a bénéficié de la forte dévaluation de la hryvnia et de l’existence de capacités de production sous-utilisées. Tout au long de la période, elle a aussi tiré parti de prix de l’énergie relativement bas. La croissance a été soutenue dans la plupart des secteurs, la contribution la plus importante provenant de l’expansion des services -leur part dans l’ensemble de la valeur ajoutée a crû de 8.5 points de pourcentage entre 2001 et 2006. Du côté de la demande, c’est la consommation privée qui, par sa vigueur, a été le principal moteur de la croissance depuis 2001, même si les investissements y ont aussi contribué de manière non négligeable. La consommation des ménages, en forte progression, s’est appuyée sur une hausse rapide des salaires et des transferts sociaux, ainsi que sur la croissance spectaculaire des crédits aux particuliers (graphique 1). La hausse des revenus a bénéficié à la majeure partie des ménages ukrainiens, et aussi bien le chômage que la pauvreté ont considérablement reculé depuis 1999. La croissance de la demande a été soutenue par une progression cumulée des termes de l’échange de 17 % entre 2002 et 2006. Cela est essentiellement dû à la forte hausse des cours des métaux, qui représentent environ 40 % des exportations. En 2006, les hausses des prix des métaux ont même permis de compenser le choc du quasi-doublement des prix d’importation du gaz russe.

 

Graphique 1. Croissance réelle du crédit
(en glissement annuel)


Source : Banque nationale d’Ukraine.


Les entreprises doivent s’adapter à des conditions externes moins favorables


En dépit de rapides gains de productivité dans le secteur manufacturier et de la hausse constante des termes de l’échange, l’excédent commercial hors ressources minérales a connu, ces dernières années, un recul rapide. Ce mouvement est en partie imputable au fait que l’industrie ukrainienne a largement épuisé les gains de compétitivité-coûts enregistrés après la crise. Au cours de la première phase du cycle d’expansion, les gains de productivité ont très nettement excédé les hausses salariales, largement grâce aux suppressions d’emplois et restructuration des entreprises, mais ces dernières se sont accélérées ces dernières années, et l’écart s’est aujourd’hui résorbé. Par conséquent, l’appréciation réelle estimée sur la base de l’évolution relative des coûts unitaires de main-d’œuvre a été bien plus rapide que ne l’indiquent les mesures fondées sur l’IPC. Une comparaison des coûts salariaux en dollars dans les différentes économies émergentes montre qu’ils ont atteint en Ukraine un niveau à peu près conforme à la productivité globale de l’économie (graphique 2).

 

Graphique 2. Niveau comparatif du PIB par habitant et du niveau relatif des prix/salaires
(2005, OCDE=100)

1.  Ratio des PPA pour le produit intérieur brut par rapport aux taux de change.
Source : OCDE, Service de la statistique de l’État fédéral de Russie et Comité d’État des statistiques de l’Ukraine.


La discipline budgétaire a étayé la reprise, mais la pression fiscale est trop élevée


Le maintien de la discipline budgétaire depuis 1999 est une réussite majeure ; un bas niveau d’endettement et un déficit public sous contrôle ont contribué à restaurer la confiance et soutenir la croissance. Toutefois, le niveau de la pression fiscale a nettement augmenté depuis 2003, et est aujourd’hui probablement excessif. En 2004 et 2005, une modification importante de la politique budgétaire avec une réorientation en faveur de la consommation a propulsé le ratio des dépenses par rapport au PIB au-delà de 43 %, essentiellement sous l’effet du quasi-triplement en termes réels de la pension de base. Ces hausses spectaculaires des prestations de retraite ont amené le ratio des dépenses de retraite par rapport au PIB à un niveau supérieur à 14 %, soit l’un des plus élevés du monde (tableau 2). En 2005, le gouvernement a opéré une consolidation budgétaire impressionnante, principalement via l’élimination des avantages fiscaux aux entreprises, et non par une baisse des dépenses. Il sera probablement impossible, compte tenu de la tendance démographique, d’assurer la pérennité du système de retraite sans relever les âges, aujourd’hui relativement bas, de départ à la retraite. Le fardeau des dépenses de retraite limite également les possibilités de réduction des charges salariales, dont le niveau exceptionnellement élevé constitue une incitation forte à la sous-déclaration des salaires. Le frein à la croissance que constitue la forte pression fiscale est d’autant plus important en Ukraine que la structure même de l’imposition comporte d’importantes distorsions. En dépit de progrès évidents en termes de simplification de l’impôt sur le revenu des personnes morales et physiques et de diminution des exonérations fiscales, la marge de manœuvre est encore grande pour améliorer à la fois le fonctionnement de l’administration fiscale et la fiscalité elle-même tout en élargissant l’assiette de l’impôt. Les distorsions créées par le Système Fiscal Simplifié, qui est trop généreux, sont particulièrement problématiques.

 

Tableau 2. Bilan financier de la caisse de retraites
(en % du PIB)  

Source : Ministère des Finances.


La réduction de l’inflation doit devenir l’axe principal de la politique monétaire


L’ancrage nominal de facto au dollar demeure la pierre angulaire de la politique monétaire en Ukraine. Certes, cet ancrage a joué un rôle dans la stabilisation macroéconomique de l’après-crise financière de 1998, mais il contribue aujourd’hui à accroître la volatilité de l’inflation et les risques associés à la dollarisation croissante des actifs et des engagements des ménages et des entreprises. Le régime actuel de taux de change, combiné à des taux d’intérêt plus attractifs pour les prêts libellés en devises étrangères, incite très fortement à emprunter en dollars (graphique 1). Permettre au taux de change de fluctuer plus librement rendrait les risques de change plus apparents aux agents économiques, et pourrait ainsi contribuer à réduire la dollarisation. Une flexibilité accrue du taux de change pourrait aussi constituer la première étape d’une transition progressive vers un régime de ciblage d’inflation. Tout mouvement vers un nouveau cadre de la politique monétaire ne saurait être toutefois que graduel, en raison du sous-développement des marchés financiers, du niveau de monétisation relativement bas et de la faiblesse - par là même induite - du canal de transmission par les taux d’intérêt. Les autorités pourraient d’ores et déjà utiliser plus activement le canal du taux de change, qui apparaît comme relativement puissant, afin d’abaisser le niveau et la volatilité de l’inflation. Les conditions macroéconomiques semblent aujourd’hui globalement favorables à une telle évolution.

 

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Informations complémentaires                                                                        

 

Des informations complémentaires sur cette Etude peuvent être obtenues auprès du Bureau de l'Ukraine du Département des affaires économiques de l'OCDE à eco.survey@oecd.org. Ce rapport du Secrétariat de l'OCDE a été préparé par Christian Gianella et William Tompson sous la direction de Andreas Wörgötter.

 

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