La discrimination sur le marché du travail demeure un problème très préoccupant dans les pays de l’OCDE

02/07/2008 - La probabilité pour les femmes d’avoir un emploi rémunéré est inférieure de 20 % à celle des hommes dans les pays de l’OCDE, et elles gagnent en moyenne 17 % de moins que ceux-ci, selon le dernier numéro des Perspectives de l’emploi de l’OCDE. Au moins 30 % de l’écart de salaire et 8 % de la différence relevée entre les taux d’emploi tiennent à l’usage de pratiques discriminatoires sur le marché du travail.


La nécessité d’intensifier les efforts pour combattre ces pratiques est l’un des principaux messages qui ressortent des Perspectives de l’emploi 2008. L’égalité des chances est un objectif fondamental de l’action gouvernementale dans les pays de l’OCDE qui, dans leur quasi-totalité, ont adopté des lois contre la discrimination au cours des dernières décennies. Mais les pouvoirs publics doivent aller encore plus loin pour permettre à tous d’être sur un pied d’égalité dans le monde du travail.


Dans certains pays de l’OCDE, les membres des minorités ethniques mettent beaucoup plus de temps (40 % à 50 % de  plus) à obtenir un entretien d’embauche que d’autres personnes ayant le même profil mais appartenant aux catégories majoritaires. Et même lorsqu’ils parviennent à décrocher un emploi, ils perçoivent souvent un salaire inférieur à celui de ces personnes.


Des  mesures pour faciliter la lutte contre la discrimination
Afin de soutenir les efforts déployés pour combattre la discrimination dans le domaine du travail, le rapport de l’OCDE présente un certain nombre de recommandations:

  • Investir à long terme dans l’enseignement et la formation peut permettre de mieux préparer les individus pour le marché du travail. 
  • Les réformes structurelles visant à susciter une croissance économique plus forte et plus durable peuvent stimuler la demande de main-d’oeuvre et créer un climat plus concurrentiel qui contraindra les dirigeants à renoncer aux pratiques discriminatoires pour le recrutement et l’avancement professionnel de leurs salariés.
  • La mise en place d’une législation expressément destinée à combattre la discrimination doit s’accompagner de campagnes d'information publique et de mesures propres à en garantir l’application effective.
  • Les organismes chargés de faire respecter cette législation devraient être habilités, même en l’absence de plaintes de la part de personnes, à effectuer des enquêtes dans les entreprises et à sanctionner les employeurs chez lesquels ils constatent des pratiques discriminatoires.


Les Perspectives de l’emploi de cette année traitent d’autres questions de fond, dont les moyens d’offrir aux jeunes des possibilités d’emploi plus nombreuses et plus intéressantes, les travailleurs ayant des problèmes de santé mentale et l’emploi dans le secteur informel. Les auteurs de ce rapport y examinent aussi les conditions de rémunération et de travail dans les filiales étrangères des multinationales, ainsi que la façon dont les pouvoirs publics peuvent encourager l’investissement direct étranger et l’adoption par les entreprises d’un comportement responsable.

  • La situation du marché du travail des jeunes s’est améliorée dans bon nombre de pays de l’OCDE au cours de la dernière décennie, mais beaucoup de jeunes ont toujours des difficultés à trouver un emploi. L’emploi temporaire et le travail à bas salaire peuvent servir de marchepied vers des emplois mieux rémunérés et plus stables, mais une minorité de jeunes nouveaux venus sur le marché du travail y restent piégés. Davantage d’efforts doivent être faits pour aider les jeunes à achever leurs études secondaires et apporter un appui à ceux qui sont sans diplôme pour leur permettre de trouver un emploi.
  • L’emploi informel et le travail non déclaré constituent une importante préoccupation dans certains pays de l’OCDE à faible revenu et à revenu intermédiaire. Un examen portant sur sept pays – Corée, Hongrie, Mexique, Pologne, République slovaque, République tchèque et Turquie – donne à penser que, pour faire reculer l’emploi informel, il conviendrait notamment de réduire les impôts excessifs sur le travail, d’assouplir la législation relative à la protection  de l’emploi et de prendre des mesures qui rendent l’affiliation à des dispositifs de protection sociale plus intéressante pour les salariés.
  • Les problèmes de santé mentale liés au travail sont considérés comme l’une des principales causes des congés de maladie et de l’invalidité dans les pays de l’OCDE. Cependant, si les conditions de travail constituent aujourd’hui un facteur de tension plus grand pour certains travailleurs, il n’y a guère lieu de penser qu’une augmentation globale des problèmes de santé mentale s’est produite dans la population d’âge actif. Le fait de trouver un emploi peut effectivement avoir une influence favorable sur la santé mentale, mais les conditions de travail constituent un facteur important. L’obtention d’un emploi temporaire ou d’un emploi imposant de longues journées de travail aura probablement des effets moins bénéfiques qu’une activité exercée selon des modalités normales.
  • Les multinationales ayant leur siège dans des pays de l’OCDE offrent généralement des salaires plus élevés que les entreprises nationales, surtout dans les pays en développement et les économies émergentes. Les politiques favorables à l’IDE peuvent certes encourager les multinationales à investir, mais le recours à des mesures qui affaiblissent le respect des normes fondamentales du travail  pour attirer les investisseurs étrangers ne devrait pas en faire partie. Cette démarche peut en effet décourager l’IDE de la part des multinationales responsables qui tiennent à assurer l’observation de normes minimales du travail dans toutes leurs activités.

Des notes plus détaillées sont disponibles pour les pays suivants - Australie, Canada, France, Allemagne, Italie, Japon, Mexique, Royaume-Uni et Etats-Unis – sur la page : www.oecd.org/emploi/perspectives.


Les Perspectives de l’emploi 2008 de l’OCDE peuvent être consultées en ligne par les abonnés et les journalistes accrédités, par le biais de SourceOECD, la bibliothèque en ligne de l’OCDE. Pour tout renseignement, veuillez contacter sales@oecd.org ou la Librairie en ligne de l’OCDE.

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