L’aide a la santé quadruplée: quelques résultats frappants et des leçons pour une aide plus efficace

Réunion a l’OCDE le 30 Novembre 2009, Paris

 

Une croissance très forte de l’aide dans la sante dans les pays en développement - de 5 Milliards de dollars en 1990 a 21,8 Milliards de dollars en 2007 - se dégage d’une étude approfondie publiée aujourd'hui par l’OCDE (" l'aide pour une meilleure sante - les leçons que nous tirons sur ce qui marche et que nous avons encore à faire").

 

Le rapport, préparé par un groupe d’experts en sante de haut niveau représentant les pays en développement, les organisations d’aide bilatérale et internationale et les Organisations de la société civile, explique que cette hausse a été facilitée par la perception croissante que la sante est essentielle au développement humain et la croissance économique. L' engagement a atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement adoptes en 2000 - qui incluent l'objectif de réduire la malnutrition, la mortalité infantile et maternelle et les maladies transmissibles dans les pays pauvres - a aide a transformer cette perception en une forte mobilisation politique pour de nouveaux financements.

 

Le quadruplement de l’aide dans la sante a contribue a une réduction de 28% du taux de mortalité infantile dans les pays en développements entre 1990 et 2008 et a l'accès aux traitements Anti Rétroviraux pour plus de 3 millions de personnes désormais. Les résultats ne sont pas tous positifs cependant. La mortalité maternelle reste à un niveau obstinément élève dans de nombreux pays en développement.

 

Le rapport met en lumière les très importants changements dans la structure de financement de l’aide pour la sante. La contribution des organisations bilatérales traditionnelles et des organisations multilatérales a diminue au moment ou d’autres acteurs comme le Fonds Mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme et l’Alliance mondiale pour les Vaccins (GAVI) sont entres en scène. La contribution de ces deux nouveaux acteurs a augmente, passant de moins de 1% de l’aide globale pour la sante en 2002 a 8% et 4,2% respectivement en 2007. La contribution du secteur prive a aussi augmente, notamment l’aide philanthropique. La Fondation Gates seule a compte pour 3,9% de l’assistance pour la sante en 2007.

 

Alors que les nouveaux canaux d’acheminement et les nouvelles formes d’aide pour la sante ont produit des résultats majeurs, ils ont aussi généré plus de complexité. " Les améliorations dans la gestion de l’aide, à la fois au plan général et au niveau de la sante, sont plus lentes que ce qu’elles devraient être et elles sont aléatoires", disent les auteurs du rapport. Les vrais défis sont les suivants: l’aide pour la sante n’est pas toujours alignée par rapport aux priorités des gouvernements dans le domaine de la sante; elle n'est toujours pas assez prévisible; et le soutien aux systèmes d’information en sante reste insuffisant en dépit de la pression croissante à démontrer des résultats. Dans le même temps, la demande des donneurs pour les résultats conduit a une prolifération d’indicateurs qui peut saper la gestion locale des systèmes d’information en sante.

 

Mais il y a aussi d’importantes nouvelles et des leçons positives.

 

Certains pays ont développé des stratégies nationales fortes et orientées vers la production de meilleurs résultats en sante. Le Mali, qui préside le groupe de travail qui a produit le rapport, est un bon exemple de pays dont le fort leadership aide à tirer le meilleur des efforts croissant des donneurs. Le Mali a récemment signe un accord avec le Partenariat international en sante (International Health Partnership), une initiative lancée en 2007 pour obtenir de meilleurs résultats en sante a travers le soutien harmonise de donneurs a une stratégie en sante unique conduite par le pays.

 

Les programmes mondiaux, comme le Fonds Mondial et l’Alliance GAVI, qui ont été critiques pour mettre en place des systèmes de service de sante parallèles, prennent désormais l’efficacité de l’aide au sérieux. Ils contribuent a une aide plus prévisible a travers les mécanismes de financement innovant (tels que UNITAID, la Facilite de Financement Mondiale pour la vaccination (International Finance Facility for Immunisation) ou encore la garantie d’achat sur les médicaments (Advanced Market Commitments). Et ils mesurent régulièrement leur propre progrès dans la mise en œuvre de la Déclaration de Paris de 2005 et de l’Agenda d’action d’Accra de 2008 sur l’efficacité de l’aide, y compris en matière d’alignement sur les priorités et systèmes des pays en développement.

 

En réalité, le rapport fournit des leçons concrètes et utiles, au-delà de la sante, qui vont nourrir le processus international de suivi de la mise en œuvre de la Déclaration de Paris et de l’Agenda d’action d'Accra sur l’efficacité de l’aide.

 

Une réunion unique aujourd'hui a Paris - " Pour que l' aide fasse la différence: les leçons des secteurs et des domaines thématiques" - rassemble des représentants de pays en développement, des agences d' aide, des organisations internationales et des organisations de la société civile, pour discuter des progrès permettant de rendre l' aide plus efficace dans la sante, l' éducation, l' environnement, l' agriculture, l' aide au commerce et l'égalité entre les genres.

 

Cet événement, et la parution du rapport sur la sante, iront nourrir le partenariat mondial sur l’efficacité de l’aide héberge a l’OCDE qui se réunit toute cette semaine-ci. Les leçons venant du secteur de la sante concernant les nouveaux fonds et les arrangements pris par les donneurs pour acheminer l’aide sont particulièrement opportunes dans le contexte du sommet de Copenhague, lequel devrait produire de nouveaux engagements et arrangements pour financer l’adaptation au changement climatique dans les pays en développement.

 

Alors qu’une nouvelle architecture de l’aide émerge, faisant apparaitre un nombre croissant de fonds spéciaux thématiques, la réunion de Paris permettra de marteler l’importance première du principe d’appropriation de l’aide par les pays, un principe qui figure en première place de la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide.

 

Le rapport "L'aide pour une meilleure sante - les leçons que nous tirons sur ce qui marche et que nous avons encore à faire" (en PDF), ainsi que les informations sur la réunion de l’OCDE qui accompagne son lancement - " Pour que l’aide fasse la différence: les leçons des secteurs et des domaines thématiques" ; sont disponibles sur la page www.oecd.org/dac/effectiveness/health.

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