Le mot du Directeur - octobre 2008

 

par M. Normand Lauzon, Directeur du CSAO

Le tsunami financier qui ébranle les fondations de l’économie mondiale depuis le mois de septembre, a éclipsé tout autre sujet de préoccupation  dans les médias des pays développés. Il a fallu attendre l’élection présidentielle américaine pour voir de nouvelles Unes. Mais ne dit-on pas que les perspectives de récession et la nécessité de « moraliser » le capitalisme financier, expliquent en partie la victoire de Barack Obama ?

En Afrique, de nombreuses voix se sont élevées pour exprimer l’incompréhension des pauvres face à la crise des riches. Comment peut-on trouver des milliers de milliards de dollars en quelques semaines pour sauver les banques tout en continuant à expliquer qu’une augmentation de quelques milliards de l’aide au développement est difficile ?

Bien sur les choses ne sont pas aussi simples, mais les pays du Nord ne doivent pas négliger l’impact psychologique de cette mobilisation financière sans équivalent dans l’histoire de l’humanité. Plus concrètement, quel sera l’impact économique en Afrique de l’Ouest de la crise financière et de la récession annoncée en Europe et en Amérique du Nord ? 

Nous vous livrons à ce sujet l’analyse de Lionel Zinsou, éminent banquier ouest-africain, qui souligne qu’il serait vain de croire à une immunité totale de la région. L’Afrique de l'Ouest est dans la globalisation pour le meilleur et pour le pire. Une crise et des erreurs exogènes devraient  malheureusement freiner sa dynamique de croissance en 2009 et peut être en 2010. L’impitoyable  « règle » sera que plus une économie est dynamique, plus elle subira les impacts extérieurs. 

Il est admis que les pays de la zone franc devraient être moins touchés que le Nigeria et le Ghana car leur système bancaire est sur liquide et moins connecté aux grandes banques anglosaxones. Certes, mais  les économies nigérianes et ghanéennes ne sont-elles pas étroitement liées à celles de leurs voisins francophones ?  L’analyse régionale des conséquences de la crise reste à faire.   

Une crise en chasse-t-elle une autre ? Alors qu’il y a encore quelques semaines l’inflation mondiale des prix alimentaires laissait craindre le pire, les cours internationaux de sont effondrés. La récolte mondiale – et ouest-africaine- de céréales s’annonce exceptionnelle en 2008. A cela s’ajoute la faillite des hedge fund qui s‘étaient massivement portés sur la spéculation. Nous devrions donc avoir un répit sur le front des prix en 2009. Pour autant, le problème de la régulation régionale du marché se posera. Comment éviter une trop forte baisse des revenus des producteurs ?  

Je vous invite à prendre connaissance des autres actualités du CSAO. La prochaine réunion de notre Groupe d’Orientation des Politiques (GOP) sera l’occasion de dresser un bilan global de notre action au service de l’Afrique de l'Ouest.  

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