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17/10/2001 - Les autorités britanniques sont parvenues à faire en sorte qu'un rang élevé soit accordé aux questions de développement dans l'échelle des priorités politiques, aussi bien au plan intérieur qu'à l'échelon international. La lutte contre la pauvreté constitue l'axe central de la coopération britannique pour le développement ainsi qu'en témoigne l'attachement du Royaume-Uni aux objectifs internationaux de développement et aux objectifs de développement du millénaire. Le Royaume-Uni fait partie des pays qui montrent la voie dans la promotion d'une approche du développement fondée sur le partenariat comme le préconisait le Comité d'aide au développement (CAD) de l'OCDE dans son rapport de 1996 sur Le rôle de la coopération pour le développement à l'aube du XXIe siècle.
L'aide publique au développement (APD) consentie par le Royaume-Uni a atteint 4.5 milliards de $ en 2000, chiffre qui classe ce pays à la quatrième place parmi les pays Membres du CAD, et elle s'intègre désormais dans un effort global à l'appui du développement international. Rehausser la cohérence des politiques affectant les pays en développement est une priorité du gouvernement dans son ensemble, lequel s'efforce aussi de promouvoir une action dans ce sens au niveau international, en particulier auprès des autres Etats membres au sein des institutions de l'Union européenne (UE). Les nouvelles orientations de la coopération britannique pour le développement sont définies dans un Livre blanc du gouvernement, paru en 2000 sous le titre Elimination de la pauvreté dans le monde : Faire de la mondialisation un succès pour les pauvres. Ce document traite des opportunités et des dangers de la mondialisation pour le développement, partant du principe que les pays les plus pauvres risquent d'être encore plus marginalisés si une attention accrue n'est pas portée à l'interdépendance grandissante entre les nations au plan économique. Il y est aussi reconnu qu'aucun pays n'est en mesure d'éradiquer seul la pauvreté du monde, et c'est pourquoi le ministère du Développement international (DFID-Department for International Development) s'emploie, en collaborant avec d'autres instances et en jouant de son influence auprès de ces dernières, à stimuler l'action engagée à l'échelon international pour appuyer les efforts que déploient eux-mêmes les pays en développement pour combattre la pauvreté.
Le gouvernement britannique est déterminé à inverser la tendance à la baisse de son APD et a décidé de porter au niveau jamais atteint de 3.6 milliards de £ (environ 5.2 milliards de $) le plafond de dépenses du DFID pour l'exercice 2003/2004. L'APD a représenté 0.32 % du revenu national brut (RNB) du Royaume-Uni en 2000, chiffre supérieur à la moyenne (pondérée) du CAD avec ses 0.22 %, mais inférieur à l'effort moyen par pays du CAD (moyenne non pondérée) qui s'est, lui, établi à 0.39 %. Le Royaume-Uni s'est engagé à porter son rapport APD/RNB à 0.33 % en 2003/2004 et a réaffirmé son attachement à l'objectif de 0.7 % fixé par les Nations unies.
Lorsqu'il a examiné les politiques et programmes du Royaume-Uni en matière de coopération pour le développement le 16 octobre 2001, le CAD s'est félicité des importants ajustements apportés au programme d'aide britannique depuis le précédent examen en 1997. Parmi les changements intervenus, on citera notamment les suivants : la primauté de l'objectif de réduction de la pauvreté a été renforcée dans les textes législatifs régissant le programme d'aide ; la promotion de la cohérence des politiques relève désormais d'une démarche plus globale ; l'aide au développement n'est plus liée à l'achat de biens et services britanniques ; la collaboration a été resserrée avec certaines institutions multilatérales ; la coopération avec la société civile a été élargie à un éventail plus vaste de parties prenantes et s'inscrit dans une optique plus stratégique. Un certain nombre de défis découlent de ces objectifs ambitieux. Le Président du CAD, M. Jean-Claude Faure, a résumé comme suit les recommandations adressées au Royaume-Uni pour l'aider à relever ces défis :
a) Accélérer le rythme d'accroissement de son APD, dans le droit fil de ce qui a été accompli récemment, et envisager de se fixer un objectif intermédiaire ambitieux pour son rapport APD/RNB afin de progresser dans la concrétisation de l'objectif de 0.7 % préconisé par les Nations unies.
b) Continuer, comme il le fait depuis quelque temps, de concentrer largement son APD bilatérale sur les pays les plus pauvres, en particulier ceux où l'environnement général est favorable, tout en recourant à des instruments appropriés pour maintenir sa collaboration avec d'autres pays.
c) Continuer de rechercher et de mettre au point des approches propres à favoriser la cohérence des politiques, notamment dans les domaines des échanges, de l'environnement et de la réduction des conflits, au sein de l'administration britannique de même qu'à l'échelle européenne et internationale.
d) Continuer d'apporter son soutien aux pays partenaires pour l'élaboration de leurs stratégies de lutte contre la pauvreté et faire de ces dernières la trame de ses futures stratégies-pays.
e) Rechercher des opportunités d'interaction plus étroite avec d'autres donneurs pour l'élaboration de ses stratégies par pays et à l'égard des institutions internationales et pour la mise en œuvre de son programme.
f) Au vu en particulier des ambitions affichées pour la coopération britannique pour le développement, entretenir un dialogue actif avec les membres du Parlement, la société civile, les média et le grand public sur les objectifs et les instruments nouveaux de l'aide ainsi que sur les risques associés à la mise en œuvre d'un programme qui se veut avoir un réel impact.
g) S'interroger plus avant sur la nécessité d'élaborer des directives opérationnelles, à l'intention du personnel de terrain en particulier, pour la mise en œuvre des politiques et des objectifs de partenariat du DFID, de telle sorte que celle-ci tienne compte du contexte prévalant dans chaque pays en développement.
h) Dans la prochaine génération de programmes par pays, concentrer l'attention sur les défis liés à un meilleur ciblage sectoriel, à une combinaison adéquate des divers instruments d'aide et à la détermination des moyens les plus efficaces d'œuvrer au renforcement durable des capacités dans les pays partenaires.
i) Etant donné le degré d'autonomie financière des bureaux locaux dans les principaux pays partenaires, étudier les moyens d'améliorer la circulation de l'information entre les bureaux locaux et les services centraux du DFID et veiller à tenir compte, dans les décisions concernant le nombre et l'éventail des compétences des conseillers mis à la disposition de ces bureaux, des capacités déjà déployées par les autres donneurs dans chaque pays.
j) Consolider les systèmes de suivi, d'évaluation et de gestion des connaissances du DFID en prenant des mesures pour inciter le personnel à utiliser les dispositifs existants et en améliorant les capacités en matière d'évaluation des performances et de diffusion d'informations concrètement exploitables ; et envisager de s'interroger sur le degré d'indépendance institutionnelle des évaluations ex post.
Lors de l'examen, la Délégation du Royaume-Uni était conduite par Sir John Vereker, Secrétaire permanent du DFID. Les examinateurs étaient l'Australie et la Communauté européenne.
Les principales conclusions et recommandations se dégageant de l'examen du CAD seront accessibles dès la semaine prochaine sur le site Internet du CAD/OCDE à l'adresse http://www.oecd.org/dac. Un rapport complet de l'examen sera publié dans les Dossiers du CAD.
Voir tableaux (pdf)
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