Enquête internationale portant sur les connaissances du grand public concernant le progrès des sociétés.

Introduction

 

A  l’ère de l’Internet et de la révolution des technologies de l’information et des communications (TIC), les informations s’avèrent être parfois trop abondantes. L’on peut avoir accès  de nombreuses données, qui parfois multiplient les chiffres, et ajoutent à  la confusion. A la question : « préférez-vous les statistiques ou les indicateurs ? », les gens ont tendance à répondre « les indicateurs ». Éthymologiquement parlant, un indicateur renvoie à la notion de ce qui fournit des indications, des orientations correctes. Néanmoins, les indicateurs sont également nombreux, et peuvent délivrer des messages contradictoires. Nous sommes tentés de croire, que les gens sont en réalité noyés dans ce « torrent »  d’informations. Ils sont en quête d’indicateurs efficaces, compréhensibles et faciles d’accès, mais souvent, ils ne parviennent pas à en trouver. Par conséquent, ils préfèrent finalement suivre leurs propres opinions, croyances, et idéologies, plutôt que de prendre des décisions entièrement rationnelles, conformes aux modèles économiques standards.

 

C’est la raison pour laquelle, par le biais du Projet mondial « Mesurer le Progrès des Sociétés », l’OCDE travaille en collaboration avec d’autres organisations afin de lancer une enquête internationale concernant « ce que le grand public connait au sujet du progrès des sociétés. » Cette enquête portera sur ce que le grand public sait des progrès de l’économie de base, de la société ainsi que de l’environnement. Ses conclusions pourront apporter plus de clarté quant l’efficacité des statistiques officielles au sein d’une société d’informations, et leur utilisation dans les processus de prise de décision. Par ailleurs, l’enquête pourrait fournir des indices précieux pour le renforcement de la chaîne « statistiques, connaissances et politiques. »

La proposition de lancer une enquête internationale concernant ce que le grand public sait du progrès des sociétés a été présentée lors de l’Atelier sur le Commerce et les Enquêtes de Consommation en 2006. Les conclusions de certaines analyses préliminaires ont été débattues lors du second Forum mondial sur les « Statistiques, la Connaissance, et la Politique », qui s’est tenu en juin 2006 à Istanbul, au cours d’une session portant sur « Ce que le grand public sait au sujet du progrès. »

La pertinence de l’information dans le processus de prise de décision est directe. Les questions sont : « est-ce-que les gens prennent des décisions éclairées ? Est- ce que leurs décisions s’appuient davantage sur l’idéologie et la coutume ou bien sur les statistiques officielles ? » Répondre à ces questions est crucial pour les législateurs dans le but de centrer leurs politiques de manière plus appropriée, et pour les statisticiens, de transformer ces chiffres une véritable connaissance. Les informations statistiques jouent également un rôle essentiel afin de façonner les attentes et les comportements des individus, le fonctionnement des marchés, et le processus démocratique. Beaucoup moins d’attention a été portée sur ce que les gens, y compris les politiciens et les officiels du gouvernement, savent en réalité sur la situation de leur propre pays, et comment un tel savoir (ou une telle ignorance) influence le débat public ainsi que les politiques. Des publications récentes concernant les relations entre l’opinion publique, les choix politiques, et le fonctionnement des démocraties modernes attestent qu’il existe des différences   flagrantes entre ce que la société, dans son ensemble, pense et sait au sujet des questions clés, et les opinions des spécialistes, tels que les économistes. Ce qui peut engendrer de sérieuses conséquences néfastes pour la démocratie. Cela peut mener à la confusion, et à la fragmentation  des votes, à un retrait  de la participation à la vie politique, voire  même à l’abandon des faits ou des connaissances fondées  sur les preuves comme base des législations et des décisions publiques.

[Voir: « Statistiques, Connaissances et Politiques » : « Que savons-nous au sujet des gens que nous connaissons ? »]

 

Histoire de l’enquête internationale concernant « Ce que les gens savent »

 

Une étude « pionnière »

 

Les premiers à s’être emparés de ces questions étaient Blinder et Krueger, qui présentèrent en 2004 leur  rapport d’étude  au Bureau National de Recherche Économique concernant ce que le grand public sait de la politique économique, et  par quels biais. Partant d’une analyse des déterminants de l’opinion publique, ils on ensuite élaboré la présentation d’une enquête concernant la connaissance de la société des indicateurs de la politique économique américaine. Par ailleurs, ils on étudié la demande d’information économique, ainsi que ses déterminants. Ils ont également enquêté sur ce que sont  les principales sources d’information en matière économique aux États-Unis. Une autre conclusion intéressante de leur analyse concerne les raisons de ce désir d’informations. Les plus forts pourcentages de personnes interrogées   répondant à ce besoin d’  informations tendent être des citoyens plus responsables (55%), et ces informations  affecte leurs finances personnelles. Parallèlement, plus de 50% des personnes interrogées déclarent le fait d’être informé comme étant très important (3 sur une échelle de 1 à 4). Une autre conclusion importante est concernée parl’impact des caractéristiques démographiques, des statuts économiques, ainsi que de l’engagement politique sur  le degré de connaissance.

[Voir  le rapport « Ce que le grand public sait au sujet de la politique économique, et par quels biais »]

[Principales conclusions]

 

L’Enquête Économique Mondiale du Centre américain d’étude économique CES-IFO

 

En janvier 2007, à la demande de l’OCDE, l’IFO (Institut pour la Recherche Économique) basé a Munich, et la Chambre Internationale de Commerce (IIC), basée à Paris ont sondés 700 experts économiques originaires de plus de 80 pays, dans le cadre de l’Enquête Économique Mondiale concernant la question spécifique suivante, à savoir, si les informations statistiques à disposition du grand public et de la prise de décision politique était adaptée, et si de plus amples explications étaient nécessaires dans le but de davantage fournir une vision  du progrès dans son entité à travers les pays. L’enquête s’appuie sur l’Indice du Climat Économique Mondial obtenu par le biais de moyens arithmétiques de bilans de la situation économique générale et des prévisions pour la situation économique des six prochains mois. Les conclusions suivantes méritent d’être soulignées :

1) « Tandis que les principaux indicateurs économiques, tels que le PIB, l’inflation, et les statistiques de finances publiques  (dette gouvernementale) sont généralement bien établis, les débats politiques sur les questions environnementales, les connaissances économiques (recherche et éducation), ainsi que les conditions sociales tendent à ne pas être bien établies sur des arguments statistiques à travers le monde. »

2) Il existe des différences plutôt significatives au niveau régional : en Amérique de Nord, l’on observe une arge différence entre les bilans de la situation actuelle, et les prévisions concernant les six prochains mois. Inversement, en ce qui concerne la Communauté des États Indépendants (CEI), depuis 2000, les bilans sont en accord avec les prévisions (voir les graphiques). Dans toutes les régions, l’on observe, une augmentation de l’Indice du Climat Économique en 2007, en  particuliert en ce qui concerne l’évaluation de la situation actuelle.

[Voir : Enquête Économique Mondiale du Centre américain d’etude économique CES-IFO]

 

Premières conclusions en provenance d’Italie concernant ce que le grand public sait au sujet du progrès

 

Au cours de la première semaine du mois de mars 2007, l’ISAE(Institut d’Études et d’Analyses Économiques) a mené une première enquête, en collaboration avec l’OCDE. L’objectif était de s’informer du niveau de connaissance et de conscience inhérent aux chiffres économiques de base auprès des consommateurs italiens, en ajoutant quelques questions spécifiques au questionnaire normalement utilisé dans son enquête mensuelle auprès de consommateurs italiens. En particulier, les questions additionnelles concernaient la mesure dans laquelle connaissent les statistiques officielles quant à la croissance du PIB, le taux d’inflation, le taux de chômage, le chiffre du déficit public en proportion du PIB, les canaux par lesquels ils reçoivent ce type d’informations, l’importance de la connaissance de cette information, ainsi que le désire de vouloir être davantage informé. D’autre part, l’étude fournissait des informations  relatives à l’impact de plusieurs caractéristiques personnelles et démographiques concernant le niveau de connaissance. L’un des résultats les plus sombres est le faible taux de réponse  aux questions quantitatives sur le PIB (23.1%), l’inflation (28. 1%), le chômage (32.1%), ainsi que le déficit et le PIB (12.7%). [Voir plus de chiffres]

[Voir  le document « Que savent les citoyens au sujet des statistiques ? les résultats d’une enquête de l’OCDE et de l’ISAE sur les consommateurs italiens »]

[Voir le document de l’ISAE dédié  à la troisième Commission européenne Jointe- l’Atelier de travail de l’OCDE sur le développement international du commerce et les enquêtes de tendances de consommation]

[Principaux résultats]

[Voir le questionnaire]

 

Enquête Eurobaromètre concernant les connaissances européennes sur les indicateurs économiques

 

En avril 2007, une autre enquête fut coordonnée par le Direction générale  de la communication de la Commission Européenne, en collaboration avec l’OCDE. L’enquête fut menée du 10 avril au 15 mai dans le cadre de l’Eurobaromètre standard 67. Pour la première fois, une étude concernant la perception et l’évaluation des indicateurs européens par les citoyens européens a été exécutée. Elle se concentre sur trois  principaux indicateurs : le taux de croissance, le taux de chômage et le taux d’inflation. Un résultat intéressant de l’analyse est la forte corrélation entre la confiance des citoyens européens dans les statistiques officielles, et le fait que les décisions politiques soient prises sur la base d’informations statistiques (voir plus de chiffres). De ce fait, il est crucial de favoriser une meilleure communication des statistiques officielles afin d’aider les gens à prendre des décisions bien fondées, en utilisant davantage de micro données et de données longitudinales, en élargissant la capacité analytique, et en exploitant les nouvelles technologies afin d’impliquer les citoyens, et de créer des réseaux plus puissants. Finalement, même si 70% des personnes interrogées en Europe considèrent qu’il est important de connaitre ces données économiques, 62% considèrent que les décisions politiques sont prises sur la base d’informations statistiques. Pas plus de 46% des citoyens européens ont confiance en les statistiques officielles.

http://ec.europa.eu/public_opinion/ebs/ebs_special_eco_ind_en.pdf

 

[Voir le document : Eurobaromètre spécial : « Le savoir des Européens concernant les indicateurs économiques »]

[Quelques  graphiques] [Voir le questionnaire]

 

Preuve des  Etats – Unis

 

Un autre travail a été présenté en juin 2007 par Richard Curtin du Centre de recherche d’enquête de l’Université du Michigan. Il a analysé la connaissance des consommateurs américains concernant les statistiques économiques officielles, en partant de deux variantes des modèles économiques standard de l’information.

1. La mise à jour échelonnée : la collecte et le traitement des informations sont coûteux, et parfois non exacts.

2. Les informations pertinentes : les gens ont tendance à collecter davantage d’informations concernant ce qui leur importe.

L’ enquête fournit des arguments concernant la connaissance des gens à propos des mesures officielles des performances économiques, des déterminants démographiques de la connaissance, de la volonté du grand public à être informé, ainsi que des principales sources d’ information sur les taux officiels du chômage, les prix à la consommation, et le Produit Intérieur Brut.

Les résultats les plus significatifs (montrés dans les graphiques ci-dessous) sont ceux inhérents au taux plutôt bas de réponse (chômage 34%, IPC 20%, PIB 17%) et le faible pourcentage de personnes le considérant  comme aussi important que d’être informé. Relativement élevés sont les taux des citoyens qui n’ont jamais entendu parler de ces indicateurs d’économie basique par les agences officielles (chômage 23%, ICP 34% et PIB 40%)

[Voir le document « ce que les consommateurs américains savent au sujet des conditions économiques »]

[Quelques graphiques] [Voir l es questionnaires 1 et 2]

 

Information additionnelle

 

Vous avez également la possibilité se consulter des travaux importants dans le domaine ce que les gens savent :

Désaccord concernant les prévisions d’inflation

La démographie des sondages d’opinion d’inflation

Les perspectives curieusement différentes de l’inflation de l’homme et de la femme

Les perceptions des ménages hollandais de la croissance économique et de l’inflation

 

Participer à l’enquête

 

Nous sommes actuellement à la recherche de partenaires participant à l’enquête. Les résultats devraient être présentés lors du troisième forum mondial « Statistiques, connaissances et politique’ » en 2009.

Si vous souhaitez participer à l’enquête, merci de bien vouloir nous envoyer un email à progress@oecd.org

 

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