Etude économique de la zone euro, 2004: A monnaie unique, cycle unique ?

Les gains d’efficience rendus possibles par la monnaie unique du fait de la baisse des coûts de transaction et de l’approfondissement du marché intérieur sont loin d’être négligeables. Néanmoins, au niveau des différents Etats membres, la perte des instruments de politique monétaire s’accompagne d’un coût potentiel sous forme de plus amples fluctuations de l’activité économique, en fonction des différences qui persistent encore au niveau des cycles conjoncturels et des chocs qui les déterminent. En l’absence d’instruments de politique monétaire, et la marge de manœuvre de la politique budgétaire étant elle aussi limitée, l’ajustement devra se faire par le biais de modifications de la compétitivité extérieure, à travers l’évolution des salaires et des prix. Pendant les cinq premières années d’existence de la zone euro, la performance économique a largement varié selon les pays, l’activité étant morose en Allemagne et en Italie, mais soutenue dans quelques petits pays. Des forces équilibrantes s’exerçant par le jeu de la compétitivité extérieure sont intervenues dans une certaine mesure, mais pas de manière uniforme ; là où elles se sont exercées, les gains de compétitivité ont été dans certains cas trop faibles pour faire sortir l’économie de la stagnation. De plus, les différentiels d’inflation entre certaines des économies les plus dynamiques et les économies les plus déprimées s’étant creusés, les taux d’intérêt réels ont renforcé les différences conjoncturelles, la forte hausse des prix des logements dans les économies dynamiques exerçant de puissants effets de richesse sur la consommation. Dans la mesure où les chocs spécifiques à certains pays (et leurs réponses spécifiques aux chocs mondiaux) resteront une caractéristique de la zone euro, un rapide ajustement entre les différents pays est essentiel pour la résilience de la zone - essentiellement parce qu’il permettrait une réaction plus efficace de la politique monétaire.

Un certain nombre de priorités se dégagent pour l’action des pouvoirs publics en vue d’accélérer  l’ajustement entre les différents pays :

  • Il conviendrait de renforcer l’efficacité du mécanisme de la compétitivité. Il faudrait en particulier accélérer l’intégration des secteurs de services pour développer la concurrence intra–zone de manière à réduire l’inertie des prix.
  • La flexibilité des salaires devrait être accrue. Il est nécessaire de remédier aux rigidités des salaires nominaux, susceptibles de se généraliser dans un contexte de faible inflation, pour raccourcir la période d’ajustement après un choc négatif.
  • Les institutions du marché du travail varient très nettement d’un pays à l’autre. Des politiques visant à assurer un bon fonctionnement des marchés du logement, tout en évitant une volatilité excessive des prix, pourraient contribuer à régulariser le cycle et à enrayer les chocs se produisant dans certains pays.
  • Les systèmes de sécurité sociale et d’imposition qui sous tendent les stabilisateurs budgétaires automatiques devraient être conçus de telle sorte que les incitations qui en découlent renforcent la flexibilité des marchés du travail et des marchés de produits.

Dispersion de l’inflation et de la production

1. Indice des prix à la consommation harmonisé
2. CPI pour l’ensemble des consommateurs urbains de 27 régions.
3. Moyenne pour 1999-2003.
4. Pourcentage du PIB potentiel
Source : OCDE, US Bureau of Labour Statistics.

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