Revue économique de l'OCDE No. 29, 1997/II

La retraite anticipée dans les pays de l'OCDE: Le rôle des systèmes de sécurité sociale

Sveinbjörn Blöndal et Stefano Scarpetta

Cet article analyse les mécanismes d'incitation financière inscrits dans les systèmes de sécurité sociale qui ont joué en faveur de la retraite anticipée, dans les pays de l'OCDE, ces trente dernières années. Les incitations financières à partir tôt à la retraite sont fortes dans la plupart des pays de l'OCDE et elles se sont accentuées au fil du temps du fait de l'abaissement de l'âge normal du départ à la retraite, de l'augmentation des taux de remplacement assurés par les pensions, d'un certain plafonnement de l'accumulation d'un patrimoine de retraite à un âge avancé et, enfin, du relèvement des taux de cotisation au titre des retraites. De plus, les travailleurs âgés sont moins incités encore à continuer à travailler dans les pays où d'autres régimes de garantie de ressources, initialement prévus pour faire face à d'autres impondérables, tels que le chômage ou l'invalidité, ont été utilisés pour financer la retraite anticipée. Des régressions effectuées sur des séries chronologiques groupées portant sur plusieurs pays montrent que le renforcement des désincitations à travailler à un âge avancé a sensiblement contribué à réduire le taux d'activité des hommes âgés et que la suppression de ces désincitations pourrait entraîner une augmentation notable de l'offre de main-d'œuvre âgée, surtout dans certains pays d'Europe.

Distribution des revenus et pauvreté dans 13 pays de l'OCDE

Howard Oxley, Jean-Marc Burniaux, Thai-Thanh Dang et Marco Mira d'Ercole

Cette étude examine l'évolution de la distribution du revenu disponible et de la pauvreté dans 13 pays de l'OCDE au cours des deux dernières décennies. On constate que l'inégalité des revenus et la pauvreté se sont aggravées dans environ la moitié des pays de l'OCDE. Néanmoins, l'élargissement des écarts de revenu primaire s'est accentué et généralisé, en raison de l'évolution des revenus salariaux et des revenus du capital et du travail indépendant. Si la dispersion croissante des taux de salaire explique partiellement l'évolution des revenus salariaux, l'augmentation de la part des ménages ne comptant aucun travailleur a elle aussi joué un rôle non négligeable. Le système d'imposition et de transfert a contenu, ou du moins partiellement compensé, l'élargissement des écarts des revenus primaires. Les paiements de transferts ont joué un rôle particulièrement important au bas de l'échelle des revenus en compensant de plus en plus la perte des revenus salariaux. Ce sont, semble-t-il, les ménages ayant atteint l'âge de la retraite qui ont en moyenne le plus bénéficié des systèmes d'impôts et de transferts nets, et les enfants qui en ont le moins bénéficié.

Le soutien des pouvoirs publics stimule-t-il la R-D privée?

Dominique Guellec et Bruno van Pottelsberghe de la Potterie

Cet article analyse l'incidence de la R-D financée par les pouvoirs publics et des incitations fiscales sur les investissements privés en R-D. L'analyse couvre 17 pays de l'OCDE sur la période 1981-1996. Les principales conclusions sont les suivantes: i) la R-D financée par les pouvoirs publics et les incitations fiscales stimulent la R-D privée ; ii) les incitations fiscales ont un effet à court terme sur la R-D privée, alors que la R-D publique a un effet à court et à long terme ; iii) l'impact du financement public de la R-D varie selon le taux de soutien ; son efficacité s'accroît jusqu'à un seuil maximum d'environ 15 pour cent, puis décroît au-delà ; iv) les instruments les plus stables dans le temps sont aussi les plus efficaces ; v) les effets des deux instruments sont substituables ; vi) le soutien public lié aux objectifs de défense a un impact négatif sur la R-D privée.

Causes des fluctuations des dépenses de R-D - Une analyse quantitative

Dominique Guellec et Evangelos Ioannidis

Les dépenses de R-D des entreprises ont connu un tassement dans la plupart des pays de l'OCDE à la fin des années 80 et au début des années 90, après plusieurs décennies de progression régulière. Elles se sont redressées dans certains pays depuis lors. La présente étude analyse les facteurs déterminants de ces dépenses dans un cadre économétrique, pour 12 pays de l'OCDE, de 1972 à 1996. Quatre facteurs sont mis en évidence comme les causes principales de ce tassement : le ralentissement économique du début des années 90, la réduction des financements publics (due essentiellement à la contraction des budgets de la défense), le niveau élevé des taux d'intérêt réels et une modification de la structure industrielle (croissance des services et perte de vitesse de certains secteurs de haute technologie).

Comparaison internationale du travail à temps partiel

Georges Lemaître, Pascal Marianna et Alois van Bastelaer

Aucune définition statistique uniforme du travail à temps partiel n'est actuellement utilisée au niveau international. L'identification d'un travail comme à temps partiel repose dans certains pays sur l'auto-évaluation des personnes interrogées, dans d'autres sur un seuil d'heures habituellement travaillées (qui peut varier d'un pays à l'autre) et dans d'autres encore sur la conjugaison de ces deux critères. D'après les données empiriques, dans les pays où le travail à temps partiel est courant (sur la base des définitions nationales), une part importante des personnes employées à temps partiel travaillent relativement longtemps (30 heures ou plus). Inversement, dans les pays où le travail à temps partiel est moins courant, un nombre généralement important de travailleurs à plein temps ont une durée de travail relativement moindre (moins de 30 heures). L'adoption d'une définition commune pour tous les pays (fondée sur un seuil d'heures habituellement travaillées) tend à réduire sensiblement la variation d'un pays à l'autre de l'incidence du travail à temps partiel, même si le classement des pays à cet égard n'est pas très modifié.

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Documents de travail du Département des affaires économiques

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