thème: paysages


Dans beaucoup de pays, la terre est essentiellement dévolue à l'activité agricole, si bien que l'agriculture joue un rôle clé en modelant la qualité du paysage. Les paysages agricoles sont le résultat visible de l'interaction entre l'agriculture, les ressources naturelles et l'environnement, englobant aussi bien des valeurs d'agrément et des valeurs culturelles que d'autres valeurs sociales. On distingue trois éléments clés : la structure du paysage ou son aspect, dont les caractéristiques environnementales, les types d'utilisation des terres et les éléments façonnés par l'homme ; la fonction du paysage, comme lieu de résidence, de travail ou de villégiature, et comme lieu fournissant divers services écologiques ; la valeur du paysage, c'est-à-dire le coût supporté par les agriculteurs pour entretenir les paysages agricoles et la valeur que la société leur attribue, telle que les valeurs récréative et culturelle.
De nombreux pays de l'OCDE possèdent une législation reconnaissant l'importance des valeurs sociales liées aux paysages et certains paysages sont également pris en compte au niveau international, comme en témoigne l'identification des paysages culturels par l'UNESCO. Parce que souvent les paysages ne sont pas évalués, le défi pour les décideurs consiste à déterminer la quantité appropriée de paysages à fournir, les caractéristiques des paysages prisées par la société, et l'impact des mesures prises sur les paysages agricoles.


Les indicateurs de paysage agricole élaborés par l'OCDE renseignent les décideurs sur : l'état actuel du paysage et l'évolution de son aspect, notamment de ses caractéristiques culturelles ; la proportion de terres agricoles couvertes par des programmes publics/privés de conservation des paysages ; le coût de l'offre de paysages par les agriculteurs et la valeur attribuée par la société aux paysages.
S'agissant de l'état actuel des paysages agricoles et des tendances, on note une homogénéisation croissante de la structure des paysages dans les pays de la zone OCDE depuis 50 ans, notamment la perte de certaines caractéristiques culturelles, comme des murs de pierre. Il semble toutefois que depuis la fin des années 1980, ce processus d'homogénéisation des paysages tend à se ralentir, voire à s'inverser dans certaines régions, de nombreux pays Membres de l'OCDE ayant commencé à introduire différentes mesures agro-environnementales, dont certaines visent spécifiquement la protection des paysages.
Les programmes publics et privés de protection des paysages agricoles, courants dans toute la zone OCDE, sont financés en grande partie par l'Etat. Les dépenses publiques dans ce domaine ne représentent généralement qu'un faible pourcentage du soutien total accordé à l'agriculture, mais augmentent rapidement dans certains pays. Bien souvent, les objectifs de ces programmes sont multiples et concernent la protection de la biodiversité, des habitats et des paysages, et sont axés sur les caractéristiques biophysiques et culturelles dans un contexte local. Certains pays commencent à inclure dans ces programmes des mesures visant à garantir l'accès du public.
Actuellement, on dispose de très peu d'informations sur les coûts supportés par les agriculteurs pour l'amélioration des paysages de même que sur les dépenses de consommation relatives aux paysages. Afin de déterminer la valeur que la société attribue aux paysages, certains pays réalisent des enquêtes d'opinion publique. Les évaluations hors marché révèlent que les paysages agricoles sont fortement prisés dans un grand nombre de pays, que le paysage préféré est le paysage tel qu'il apparaît aujourd'hui, que la valeur d'un paysage donné décroît à mesure que l'on s'éloigne d'un site particulier, et que les paysages très variés et les éléments traditionnels sont plus prisés que les paysages plus monotones et plus récents, tandis que les paysages perçus comme sur-encombrés sont moins appréciés.

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