12/07/2005 - A l’issue d’un atelier de deux journées organisé par l’OCDE à Istanbul sur le thème de l’entrepreneuriat féminin au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, les gouvernements ont été appelés, dans le cadre d’une stratégie de création d’emplois et d’investissement, à épauler activement les efforts de création et d’animation d’entreprises par des femmes.
Cet atelier, organisé les 11 et 12 juillet 2005 par le Centre de l’OCDE pour l’entrepreneuriat, les PME et le développement local au sein du Centre d’Istanbul de l’OCDE pour le développement du secteur privé, avait pour objectif de contribuer à sensibiliser les décideurs des secteurs public et privé à l’importance des femmes entrepreneurs pour la croissance économique.
Il a réuni 90 participants de la région MENA et de pays membres ou non de l’OCDE, dans le cadre d’une initiative MENA-OCDE élargie sur l’investissement et la gouvernance à l’appui du développement, qui couvre aussi des domaines tels que la gestion publique et le rôle de la société civile.
Les participants ont en particulier réclamé des mesures de soutien au crédit visant les femmes entrepreneurs et au développement de bases de données statistiques qui sous-tendraient des stratégies spécifiques d’action en faveur des entreprises détenues par des femmes.
Ils ont également invité les gouvernements à consacrer des ressources à la promotion et à l’encouragement de l’entrepreneuriat féminin, au moyen par exemple de campagnes publicitaires.
"Les femmes constituent une ressource économique importante qui est sous-employée dans les pays de la région MENA", a expliqué Saloua Karkri-Belkeziz, Présidente de l’Association des femmes entrepreneurs du Maroc, aux participants. "Le message que nous adressons aux gouvernements est qu’ils doivent nous utiliser et que nous avons besoin de soutien".
Auparavant, Nimet Çubukçu, Ministre d’État turque en charge de la condition féminine, avait mis en exergue le nombre important de femmes qui, dans les pays du pourtour méditerranéen, s’interdisent de créer des entreprises en raison de pressions notamment sociales. En Turquie, a-t-elle indiqué, 10 % seulement des employeurs sont des femmes, et 66 % des entreprises fondées par des femmes n’ont qu’un salarié.
Si l’énergie et la capacité d’initiative des femmes en matière de création d’entreprise pouvaient être libérées, a-t-elle souligné lors de la session inaugurale de l’atelier, elles constitueraient un vecteur important de prospérité : "Les femmes sont essentielles pour le développement de la région. Les soutenir dans leur fonction d’entrepreneur stimulera le développement social et économique".
Les participants ont spécifiquement appelé les gouvernements à :
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Améliorer le cadre réglementaire et législatif intéressant les femmes, et notamment le droit de la propriété et la liberté entrepreneuriale.
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Intégrer les questions d’égalité des sexes dans la conception des programmes et les politiques publiques dès le stade de la planification initiale.
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Faire connaître le rôle des femmes dans le développement économique et reconnaître l’impact positif de leur travail sur l’amélioration des conditions de vie de leur famille.
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Mettre davantage de femmes dans une position économique influente en leur donnant les missions et les outils dont elles ont besoin pour prendre des décisions.
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Développer les infrastructures et les services dont les femmes ont besoin pour coordonner leur vie professionnelle et leur vie familiale, dont des crèches et des systèmes de ramassage scolaire, et l’accès aux technologies des communications.
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Introduire ou appliquer une législation de lutte contre la discrimination à l’égard des femmes dans les secteurs public et privé.
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Instaurer une stratégie collective qui amènerait les parties prenantes à considérer qu’il est important pour les femmes de prendre une part plus active à la société et à l’économie.
Lors d’une prochaine étape, ces conclusions et d’autres conclusions découlant de l’atelier seront incorporées dans une série de projets de recommandations qui seront soumis, sous la forme de propositions de mesures, à une réunion ministérielle du Programme MENA-OCDE pour l’investissement prévue en novembre 2005 à Amman.
Les journalistes désirant de plus amples informations sont invités à contacter la Division des relations avec les médias de l’OCDE (tél. : +33 1 4524 9700).
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