|
Lutter contre la pauvreté tout en développant l'emploi: présentation des différentes stratégies et ébauche d'un programme d'action
Robert Haveman
Le présent article traite du conflit entre la lutte contre la pauvreté et les incitations au travail qui résultent des mesures de protection des revenus en vigueur dans plusieurs pays de l'OCDE. Les différents moyens de lutter contre le fameux "piège de la pauvreté" sont recensés et évalués, notamment les systèmes de crédit d'impôt sur le revenu et d'impôt négatif sur le revenu, le versement d'un complément de rémunération, ainsi que deux programmes de subventions à la création d'emplois. On aboutira à la conclusion que l'association judicieuse d'une garantie de revenu d'un niveau modeste et de programmes visant à stimuler l'offre et la demande de main-d'oeuvre faiblement qualifiée pourrait comporter des avantages dans un certain nombre de domaines par rapport aux systèmes actuels de protection des revenus. L'ébauche d'un programme d'action illustrant cette approche est présentée.
Le rôle des politiques du marché du travail et des dispositions institutionnelles concernant le chômage: une comparaison internationale
Stefano Scarpetta
Cet article examine le rôle de la politique du marché du travail et des facteurs institutionnels en expliquant les différences entre chômage structurel (ou d'"équilibre") dans 17 pays de l'OCDE. Les résultats semblent indiquer que ces facteurs agissent sur le niveau du chômage structurel et sur la rapidité d'ajustement du marché du travail consécutivement à un choc exogène. En particulier, on peut associer un système d'assurance-chômage généreux et une législation contraignante en matière de protection de l'emploi à un chômage élevé et une vitesse d'ajustement réduite. Une plus grande coordination entre les partenaires sociaux au cours des négociations salariales ainsi que des systèmes de négociation à la fois hautement centralisés et totalement décentralisés contribuenr à un meilleur fonctionnement du marché du travail.
Indicateurs de taux de remplacement aux fins de comparaisons internationales
John P. Martin
Le rôle potentiel de l'indemnisation du chômage et des prestations sociales connexes en tant que déterminants d'un chômage élevé et persistant retient beaucoup l'attention depuis un certain temps. Pour quantifier cet effet, il est indispensable de pouvoir mesurer précisément ce qu'on appelle le "taux de remplacement", c'est-à-dire la proportion dans laquelle le revenu qui aurail été tiré du travail est remplacé par les allocations de chômage et les prestations sociales. L'OCDE s'efforce depuis quelque temps de rassembler des données comparables sur les taux de remplacement bruts et nets de la plupart des pays Membres. L'objet de la présente note est de décrire brièvement ces données et de les comparer avec des estimations semblables effectuées dans le cadre d'autres études internationales.
Imperfections des marchés et emploi
Paul Geroski, Paul Gregg et John Van Reenen
Cet article étudie dans quelle mesure la concurrence imparfaite sur les marchés des produits a contribué au problème du chômage dans les économies industrialisées. On examinera l'existence de données microéconométriques sur l'origine er l'importance de la position de force sur le marché et la mesure dans laquelle ces rentes sont captées par des salariés. Les imperfections du marché des produits semblent très répandues et si les écarts positifs importants des prix et des coûts marginaux sont en général de courte durée, un grand nombre de firmes bénéficie de rendements élevés pendant de longues périodes. Les salaires sont déterminés en partie à travers un partage de la rente, mais ce phénomène n'est pas uniquement confiné au secteur syndical. On peut en déduire qu'une réduction des imperfections du marché des produits améliorerait l'emploi.
La vulnérabilité des régimes de taux de changes fixes: le rôle des facteurs économiques fondamentaux
Norbert Funke
Cet article évalue le rôle joué par les facteurs économiques fondamentaux dans le déclenchement de dévaluation ou de changements de régimes de change dans 12 pays de l'OCDE depuis la fin des années 70, en utilisant une procédure d'estimation non linéaire (modèle probit). Le calcul des probabilités de changement de parité montre que, dans le passé, des dévaluations sont survenues à la suite d'une détérioration des conditions économiques fondamentales. En outre, si l'on fait une comparaison avec le début des années 80, des détériorations plus faibles des facteurs économiques fondamentaux peuvent aboutir à une pression sur le taux de change. Les perspectives d'une dévaluation semblent être également sensibles aux mutations de variables internes clés qui ne sont pas, traditionnellement, considérées comme un déterminant direct du "taux de change d'équilibre", telles que les modifications du taux de chômage.
|