Etude économique de l'Union Européenne 2007 : Principaux enjeux

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Les évaluations et recommandations suivantes sont extraites du chapitre 1 de l'Etude économique de l'Union Européenne, publiée le 20 septembre 2007.

 

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Voilà cinquante ans que le Traité de Rome a été signé. Il a donné naissance à la Communauté économique  européenne, en fixant comme objectif une union toujours plus étroite entre les peuples d’Europe et en définissant quatre « libertés » fondamentales, en vertu desquelles les biens, les services, les personnes et les capitaux peuvent se déplacer librement d’un État membre à un autre. Les résultats ont été remarquables. Ce processus a apporté la prospérité, le marché unique des biens, comptant 500 millions de consommateurs, fonctionne de façon relativement satisfaisante, et des progrès notables ont été accomplis dans la voie de la réforme des industries de réseau et des marchés financiers. De 6 États membres au départ, on est passé aujourd’hui à 27, dont 13 ont désormais une monnaie commune. L’UE a un PIB supérieur à celui des États Unis, elle est le premier exportateur mondial et les entreprises européennes sont parmi les premières du monde dans la plupart des secteurs.

Les réformes économiques portent leurs fruits, notamment dans les pays où elles ont été engagées relativement tôt. Plusieurs États membres ont amélioré leurs dispositifs de protection sociale et de retraite ainsi que, dans une moindre mesure, leurs politiques d’emploi, ce qui a contribué à accroître les taux d’activité et à réduire le chômage. Les gains de productivité, qui avaient fléchi pendant la plus grande partie des années 90 et au début des années 2000, se sont redressés. Les perspectives à court terme sont favorables, compte tenu de la vive reprise conjoncturelle qui s’est amorcée. La production a progressé de près de 3 % l’an passé et l’on s’attend à ce que la croissance dépasse son potentiel en 2007 et en 2008 également. Tant que la croissance économique mondiale reste vigoureuse, les perspectives économiques à court terme de l’UE semblent favorables.

 

Écarts de PIB par habitant
Différences en points de PIB par habitant, à parité de pouvoir d’achat, par rapport aux États-Unis en 2005

 


1. Nombre d'heures travaillées par habitant (ou nombre d'actifs occupés par habitant pour l'UE12 et ses membres).
2. PIB par heure travaillée (ou PIB par actif occupé pour l'UE12 et ses membres).
Source : Eurostat ; OCDE, Base de données sur la productivité, septembre 2006.

 

Pourtant, le projet européen s’est heurté à d’importants écueils ces quelques dernières années. Le traité constitutionnel n’a pas été approuvé par certains États membres, le débat concernant la directive sur les services a été difficile et la protection des entreprises nationales reste un problème. Si certain pays ont fait avec succès l’expérience de la libéralisation, d’autres sont à la traîne. Le processus d’harmonisation législative entre les États membres se révèle plus ardu, en partie parce que les avancées les plus faciles ont déjà été accomplies, mais aussi parce que le projet politique est confronté à des divergences sur les objectifs économiques et sociaux et la meilleure façon de les atteindre. Parallèlement, l’UE doit faire face aux défis du changement technologique, de la mondialisation, du vieillissement démographique et du changement climatique. La mondialisation est une opportunité exceptionnelle pour les économies adaptables, mais elle pénalise celles qui ne le sont pas. Le vieillissement des populations va quant à lui peser sur les perspectives de croissance à moyen terme, ainsi que sur les systèmes de santé et de retraite européens, dont la viabilité financière à long terme n’est pas toujours assurée.

Des réformes structurelles contribueraient à stimuler la croissance

De nouvelles réformes structurelles s’imposent pour relever ces défis. Les perspectives économiques s’améliorent, mais il faut se garder de tout optimisme excessif. Dans l’UE15, les revenus moyens sont inférieurs de près d’un tiers à ce qu’ils sont dans les pays de l’OCDE les plus performants et plus d’un tiers de la population en âge de travailler est inactive. Le taux d’emploi a augmenté, mais il demeure inférieur à l’objectif de 70 % que l’UE s’est elle même fixé et près de la moitié des chômeurs sont sans emploi depuis un an au moins. Le besoin de réforme est également mis en évidence par des différences au sein même de l’Europe. Certains pays ont obtenu de très bons résultats, aussi bien en termes de productivité que sous l’angle de la croissance de l’emploi. L’enjeu est de faire en sorte que les pays qui accusent un retard suivent l’exemple des meilleurs. Les gains potentiels en termes de progression des revenus sont importants, en particulier pour les pays les plus éloignés de « la frontière ». De plus, comme certains pays européens l’ont montré, la réforme économique et le raffermissement de la croissance n’impliquent pas nécessairement que soient sacrifiés les objectifs sociaux. Si les politiques de prélèvements et de prestations sont bien conçues, le dynamisme de l’environnement des entreprises peut aller de pair avec un degré élevé d’équité et d’inclusion sociale. Dans ce contexte, la Stratégie de Lisbonne pour l’emploi et la croissance propose un cadre d’action global, axé sur des mesures de réforme structurelle à la fois à l’échelon communautaire et au niveau des États membres. Ces derniers s’engagent à mettre en œuvre des programmes nationaux de réforme, eu égard à des orientations communes arrêtées et suivies au niveau de l’UE, renforçant ainsi la coordination des politiques dans l’ensemble de la zone.

 

La réglementation ne répond pas toujours aux objectifs sociaux

1. La sécurité de l'emploi est un indice synthétique des réponses à des enquêtes auprès des travailleurs sur leur sentiment de sécurité dans l'emploi (Eurobaromètre et ISSP).
Source : Eurobaromètre et ISSP ; Förster, M. et M. Mira d'Ercole (2005), « Income Distribution and Poverty in OECD Countries in the Second Half of the 1990s », Documents de travail de l'OCDE sur les affaires sociales, l'emploi et les migrations, no 22 ; calculs de l’OCDE.

 

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Informations complémentaires                                                                        

Des informations complémentaires sur cette Etude peuvent être obtenues auprès du Bureau de l'Union Européenne du Département des affaires économiques de l'OCDE à eco.survey@oecd.org. Ce rapport du Secrétariat de l'OCDE a été préparé par David Rae, Boris Cournède et Marte Sollie sous la direction de Peter Hoeller.

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