Discours du Secrétaire général de l'OCDE Angel Gurría au Sommet du G8

Je félicite Mme Merkel, Chancelière d'Allemagne, et la Présidence allemande du G8 d'avoir réuni différentes voix, tant nationales qu'internationales, pour aborder des questions qui ne peuvent être traitées avec succès que collectivement. D'autres intervenants ont déjà souligné l'importance de ce mode d'action en matière de commerce - il est tout aussi essentiel pour stimuler une croissance équitable et mettre la mondialisation au service de tous. L'action collective est en fait la seule voie possible pour atteindre ces objectifs.

Les économies émergentes jouent un rôle de plus en plus considérable. L'OCDE, en tant que plaque tournante du dialogue sur les enjeux mondiaux, mène avec elles, depuis de nombreuses années, des travaux consacrés à une large palette de priorités de l'action publique. Le mois dernier, nous avons d'ailleurs pris la décision historique d'inviter plusieurs de ces pays à rejoindre nos rangs. Je me réjouis de la présence de la plupart d'entre eux autour de cette table.

Les enjeux sont bien connus : commerce, innovation, croissance et équité, investissements et recrudescence du protectionnisme, changement climatique et coût de l'inaction dans ce domaine, capital humain, rôle et responsabilités du secteur privé, migrations, santé, eau, etc.

Et nous ne devons pas perdre de vue la principale source de conflits dans une économie mondialisée : la pauvreté, qui constitue le risque systémique ultime. Toutes les décisions d'action que nous prenons doivent être jaugées à l'aune de leur contribution à la réduction de cette pauvreté.

Depuis sa création dans le prolongement du Plan Marshall, l'OCDE, dont la couverture mondiale s'est élargie, a pour mission essentielle de formuler des propositions d'action fondées sur des observations factuelles et d'élaborer des normes et lignes directrices internationales en vue d'améliorer le fonctionnement de l'économie mondiale.

Nous concevons et actualisons ces instruments d'action au moyen d'examens par les pairs, démarche unique en son genre qui consiste à mettre en commun les réussites et les échecs, les bonnes pratiques et les enseignements de l'économie politique de la réforme dans les 30 démocraties qui, aujourd'hui, composent l'OCDE. Toutefois, pour conserver son efficacité à ce processus, nous devons activement y intégrer les nouveaux acteurs de premier plan de la scène mondiale.

S'agissant de l'Afrique, il importe tout particulièrement d'aider davantage ce continent, et de manière plus efficace. Grâce à notre Comité d'aide au développement (CAD), nous suivons les flux d'aide et, pour assurer leur transparence, en rendons régulièrement compte. Avec les pays donneurs et bénéficiaires, nous œuvrons à la réduction du coût des transactions de l'aide et à l'amélioration de ses résultats. Néanmoins, nous constatons avec inquiétude un décalage entre les flux d'aide et les engagements pris dans ce domaine, et craignons donc que les ambitieux objectifs qui ont été fixés ne soient pas remplis.

Mais l'Afrique n'a pas besoin que d'aide. Le développement institutionnel, le renforcement des capacités et la bonne gouvernance sont des conditions préalables essentielles à l'instauration d'une croissance économique durable et à la réduction de la pauvreté. Il faut de toute urgence s'attaquer aux enjeux - changement climatique, investissements, parité, paix et sécurité - que nous avons abordés à Berlin, il y a deux semaines, à la réunion du Forum pour le partenariat avec l'Afrique. La dernière édition des Perspectives économiques en Afrique, publication que ses coauteurs, l'OCDE et la Banque africaine de développement, ont cette année centrée sur les questions d'eau et d'assainissement, ne laisse aucun doute à ce sujet.

Mesdames et Messieurs, nous sommes très bien placés pour contribuer à transformer l'actuel dialogue mondial, riche de promesses, en un "Processus de Heiligendamm" constructif et axé sur les résultats. Ce sera un honneur pour l'Organisation de coopération et de développement économiques de vous assister dans ces efforts en mettant à votre disposition la plate-forme nécessaire à ce processus.

Je vous remercie.

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