Etude économique du Danemark 2008 : Principaux enjeux de la politique économique danoise

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Les évaluations et recommandations suivantes sont extraites du chapitre 1 de l'Etude économique du Danemark,  publiée le 19 février 2008.

 

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Le niveau de vie du Danemark est élevé et continuera de progresser à la faveur de réformes anticipatrices

Le citoyen danois moyen bénéficie d’un niveau de vie relativement élevé : le PIB par habitant est plus élevé que dans la plupart des autres pays européens, même si l’écart par rapport aux États-Unis se maintient à 15-20 % depuis plus de trois décennies. Un engagement résolu en faveur de l’ouverture des échanges et des réformes structurelles sur les marchés des biens et services, conjugué à une démarche cohésive visant à aider activement les demandeurs d’emploi à trouver ou retrouver du travail, a contribué à instaurer un environnement entrepreneurial compétitif, un faible chômage structurel et des finances publiques saines. A la faveur d’un consensus pour le maintien de ces bons résultats, une série d’accords sur des réformes anticipatrices a été conclue ces dernières années. L’Accord sur la protection sociale de 2006 – adopté à une écrasante majorité par le Parlement – établira un lien entre l’âge de la retraite et la longévité. La Stratégie pour la mondialisation de 2006 prévoit de donner un coup de fouet à la R-D et à l’enseignement supérieur ; de plus, à la suite de négociations tripartites, les syndicats et les employeurs incorporent désormais le financement de l’apprentissage continu dans les conventions collectives. Par ailleurs, en 2007 a été mise en place une nouvelle structure d’administration locale qui, s’ajoutant à la récente réforme axée sur la qualité et au plan d’action pour l’allègement des formalités administratives, facilitera les efforts pour accroître le professionnalisme et l’efficience des services publics. Du fait qu’elles sont axées sur les problèmes à long terme que devra affronter l’économie danoise, ces réformes permettront d’opérer des ajustements graduels et non des corrections brutales. Il faut garder ce cap et maintenir le rythme des réformes, car des défis subsistent dans un certain nombre de domaines d’action. Les taux d’emploi sont élevés, particulièrement chez les femmes, mais la durée moyenne du travail est faible. La croissance de la productivité a baissé de moitié à la fin des années 90, en partie sous l’effet d’un redéploiement des ressources entre secteurs et d’une plus large intégration des groupes marginaux dans le marché du travail. La progression du niveau de vie a été freinée, même si l’on tient compte de l’amélioration parallèle des termes de l’échange.

 

La situation budgétaire saine devrait être préservée : il s’agit de choisir entre des réformes axées sur l’emploi ou une réduction du financement public des services

Grâce à la vigueur actuelle des recettes fiscales et aux réformes récentes, le Danemark se prépare mieux au vieillissement que la plupart des autres pays de l’OCDE. Dans le cadre de l’Accord de 2006 sur la protection sociale, tous les seuils d’âge pour la préretraite volontaire et le versement de la pension régulière seront relevés de deux ans entre 2019 et 2027. Par la suite, les seuils d’âge pour le départ à la retraite augmenteront en fonction de la longévité, de sorte que l’espérance de vie moyenne au moment de la retraite sera maintenue constante à 19½ années. Il est crucial de s’en tenir à ce principe d’indexation, car il représente l’épine dorsale de la viabilité budgétaire : sans indexation, les services financés par l’État ne pourraient pas être maintenus à leurs niveaux actuels dans le contexte du vieillissement démographique. Toutefois, même dans le cadre de l’Accord sur la protection sociale, il sera difficile de répondre aux pressions grandissantes en faveur d’un relèvement des niveaux de service dans des secteurs tels que les soins de santé, simplement par une augmentation des dépenses publiques. De fait, le régime de préretraite volontaire (efterløn) subsistera sous la forme d’un programme de cinq ans, même après 2019, et freinera l’offre de travail des personnes âgées, d’où un coût élevé pour les finances publiques. Par conséquent, pour faire face à la demande croissante de services publics dans le long terme, il faudra tout à la fois engager de nouvelles réformes visant à accroître l’emploi, améliorer l’efficience de la prestation des services et, à titre résiduel, opérer des ajustements du partage public-privé en matière de financement.

 

Les conditions monétaires sont tout juste redevenues neutres…

La modération des pressions inflationnistes observée jusqu’à ces derniers temps tient aussi probablement au fait que les anticipations d’inflation ont été fermement ancrées à un niveau conforme à la définition de la stabilité des prix adoptée par la Banque centrale européenne, grâce à un taux de change fixe couronne/euro hautement crédible. Par ailleurs, les taux d’intérêt ont souvent été quelque peu décalés par rapport aux niveaux reflétant la position conjoncturelle de l’économie danoise. En dépit des augmentations des taux d’intérêt à court terme en 2006 et au début de 2007, les conditions monétaires resteront probablement trop expansionnistes pour le Danemark dans un proche avenir, les ajustements nécessaires incombant aux politiques budgétaire et structurelle.

 

…et avec un risque sérieux de surchauffe, une invitation supplémentaire de la demande par la politique fiscale doit être évitée.

Un atterrissage en douceur impliquerait une hausse progressive du chômage vers les niveaux structurels, avec une atténuation des pénuries de main-d’œuvre. Un scénario moins favorable se produirait si la croissance de la demande n’est pas maîtrisée à court terme. Dans ce contexte, il est regrettable qu’un assouplissement de la politique économique soit prévu en 2008, avec une nette augmentation de la consommation publique et des allègements fiscaux qui ne sont pas financés dans le court terme. Une stimulation additionnelle de la demande ne fera qu’accentuer les pressions inflationnistes, ce qui entraînera une perte de compétitivité et risque de compromettre les anticipations d’inflation ; il pourrait en résulter une poussée du chômage bien au-delà des niveaux structurels. Les prix des logements étant supérieurs au niveau que justifieraient les taux d’intérêt et d’autres facteurs fondamentaux, cette évolution pourrait déclencher une correction douloureuse, avec des ventes forcées et de fortes baisses des prix immobiliers, ce qui déprimerait l’investissement et aggraverait l’effet direct de la hausse du chômage sur la consommation. Dans le pire des cas, cet engrenage pourrait aboutir à une récession prolongée. Il est urgent de parer à ce danger. Les initiatives prioritaires du gouvernement devraient être compensées par des économies dans d’autres secteurs et par d’autres mesures, de telle sorte que la politique budgétaire dans son ensemble ne stimule pas la demande globale. Il est crucial d’éviter une majoration excessive des salaires dans le secteur public et un dérapage des dépenses des autorités municipales et régionales durant l’année.

 

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Des informations complémentaires sur cette Etude peuvent être obtenues auprès du Bureau du Danemark du Département des affaires économiques de l'OCDE à eco.survey@oecd.org. Ce rapport du Secrétariat de l'OCDE a été préparé par Jens Lundsgaard et David Turvey sous la direction de Stefano Scarpetta. La recherche statistique a été faite par Lutécia Daniel.

 

 

 

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Perspectives économiques n°86