Etude Economique de la Pologne 2006 : Politique monétaire et politique des taux de change

 Contenu  |  Résumé  |  Obtenir cette publication  |   Informations complémentaires

Les évaluations et recommandations suivantes sont extraites du chapitre 2 de l'Etude économique de la Pologne, publiée le 28 Juin 2006.

Contenu                                                                                                                           

Les politiques monétaire et fiscale sont-elles sur la bonne voie ?

On a reproché à la politique monétaire une prudence excessive, l’inflation étant souvent restée en dessous de la fourchette fixée comme objectif. La Banque nationale de Pologne (BNP) a durci les conditions monétaires au milieu de 2004, une mesure qui était justifiée face à une flambée d’inflation ; cette décision rapide, rendue possible par l’indépendance de la BNP et déterminée par son mandat de respect de la stabilité des prix, a aidé à éviter les éventuels effets secondaires de la recrudescence de l’inflation. Par la suite, la BNP a maintenu les taux directeurs à leur niveau majoré pendant plusieurs mois alors que l’inflation, mesurée en croissance trimestrielle, se tassait à la fin de 2004, et elle a attendu jusqu’au début de 2006 pour réduire davantage les taux alors que l’inflation générale fléchissait et que l’inflation sous-jacente était peu virulente. La BNP a sans doute été influencée en partie par les anticipations inflationnistes des consommateurs, généralement proches de l’inflation passée et sans grand rapport avec les résultats futurs. La banque centrale devrait se fier davantage à de véritables indicateurs avancés, notamment ses propres prévisions en matière d’inflation.

Le mandat, et même l’indépendance, de la banque centrale ont été plus ou moins remis en cause récemment. Le gouvernement devrait réaffirmer l’indépendance de la Banque nationale, et l’autonomie de tout nouvel organisme de supervision des marchés financiers devrait aussi être clairement garantie. La crédibilité de la politique monétaire se trouverait aussi renforcée si le gouvernement approuvait explicitement l’objectif actuel de ciblage de l’inflation sur le milieu de la fourchette de 1.5-3.5 %.

Cependant, une inflation inférieure à cette fourchette est peut-être le signe d’un resserrement excessif des conditions monétaires. S’il est vrai que la relance monétaire n’est pas la réponse aux problèmes de croissance et d’emploi de la Pologne, si l’inflation se maintenait durablement à un niveau inférieur aux taux de la zone euro, cela risquerait de restreindre inutilement la production et l’emploi. La BNP devrait adopter une approche symétrique des objectifs d’inflation et se montrer disposée à tester les limites de la réactivité de l’économie en matière d’offre en réduisant les taux d’intérêt lorsque l’inflation se situe en dessous de la fourchette ciblée, même s’il n’est pas exclu  qu’elle monte à plus de 2.5 % en l’espace de deux ans.

Les variations du taux de change ont eu un effet notable sur les conditions monétaires. L’adhésion à la zone euro réduirait cette source d’instabilité et d’incertitude. Après trois années de dépréciation, l’économie a néanmoins subi les effets d’une forte appréciation en 2004-05, ce qui a accentué l’orientation relativement restrictive de l’action monétaire. L’appartenance à l’UE implique comme dernière étape l’adoption de l’euro, qui doit être précédée par la participation au mécanisme de change (MCE II), mais le gouvernement actuel hésite à s’engager sur une date d’entrée. Avec une politique monétaire saine, le coût du report pourrait être peu élevé, prenant principalement la forme d’une prime de risque monétaire supplémentaire. Pourtant, en retardant l’entrée dans la zone euro, le gouvernement se donne davantage de temps pour améliorer la flexibilité sur les marchés de produits et le marché du travail et pour assurer la viabilité des finances publiques ; il importe de ne pas gaspiller ce temps en repoussant ces réformes indispensables.

Obtenir cette publication                                                                                              

La Synthèse (en pdf) contient le résumé et les évaluations et recommandations de l'OCDE.

Pour consulter l'édition complète de l'Etude économique de la Pologne 2006:

 

Informations complémentaires                                                                                     

Des informations complémentaires sur cette Etude peuvent être obtenues auprès du Bureau de la Pologne du Département des affaires économiques de l'OCDE à webmaster@oecd.org. Ce rapport du Secrétariat de l'OCDE a été préparé par Paul O'Brien et Stéphanie Jamet sous la direction de Peter Jarrett.

Haut de la page