L’Afrique, le G8 et l’OCDE transmettent leurs principaux messages en matière d’action pour le développement en Afrique dans l’optique du sommet du G8 d’Hokkaido Toyako

08/04/2008 - Plus de 150 représentants de haut niveau d’Afrique, des pays du G8 et de l’OCDE se sont réunis à Tokyo cette semaine pour discuter des principaux problèmes auxquels l’Afrique est confrontée, dans la perspective du Sommet du G8 d’Hokkaido qui se tiendra du 7 au 9 juillet.

« Le développement de l’Afrique est un problème mondial face auquel la communauté internationale doit s’unir si elle entend le résoudre », a indiqué le Premier Ministre japonais Yasuo Fukada dans un message délivré aux participants de la 10ème réunion du Forum pour le partenariat avec l’Afrique, qui s’est tenue les 7 et 8 avril sur le thème « Une Afrique dynamique : une ambition que peuvent concrétiser la quatrième Conférence du TICAD et le Sommet du G8 de Toyako Hokkaido». M. Fukada a déclaré que la réunion du FPA, accueillie et présidée par le Japon dans le cadre du cycle de la présidence du G8, jouerait un « rôle particulièrement crucial » dans les préparatifs du Sommet du G8.

Son Éminence l’ambassadeur Newai Gebreab d’Éthiopie, Co-président du FPA, a noté que lors de ses deux jours de délibérations, le FPA avait longuement discuté du Plan d’action de l’UA (Union Africaine)/ NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique), du renforcement de la croissance économique et de la réduction de la pauvreté, ainsi que des problèmes environnementaux et du changement climatique. « Un consensus a été trouvé pour une collaboration destinée à accélérer la croissance, réduire la pauvreté et traiter collectivement les conséquences négatives du changement climatique à l’échelle mondiale », a-t-il commenté.

Dans ses remarques aux participants, Angel Gurría, Secrétaire Général de l’OCDE, a indiqué que tandis que de nombreuses économies africaines jouissent d’un taux de croissance supérieur à celui des pays de l’OCDE, de nouveaux défis qui ne connaissent pas de frontières, tels que les maladies, le changement climatique, les migrations et la raréfaction des ressources hydriques étaient en train d’émerger. « Il devient extrêmement important de créer un “espace” pour le dialogue, le partage des savoirs et des expériences, et, ce qui est peut-être le plus important, l’instauration d’une relation de confiance ». Il a déclaré que le Forum pour le partenariat avec l’Afrique offrait une opportunité intéressante à cet égard, et que ses messages devaient être relayés lors d’autres grandes réunions internationales à venir telles que le TICAD IV, le Sommet du G8 de juillet ainsi que les négociations futures des Nations Unies sur le changement climatique.

Son Éminence le Dr Maxwell Mkwezalamba, Commissaire aux affaires économiques de l’Union africaine, a souligné l’importance du Plan d’action pour l’Afrique de l’UA/NEPAD et a invité les participants à prendre part à une discussion franche concernant le Plan en vue de sa mise en oeuvre.

« L’Économie et l’écologie entretiennent d’importantes synergies», a déclaré Remo Gautschi, Co-président suisse du FPA, qui a mis en avant le fait que croissance économique et préoccupations environnementales pouvaient faire bon ménage. Il a également mis en exergue le fait que la gouvernance est un élément critique pour la mise en place de mesures d’atténuation et d’adaptation appropriées en matière de changement climatique.

Son Éminence Bafour Adjei-Barwuah, Ambassadeur ghanéen au Japon et Co-président du FPA, a insisté sur le fait que pour obtenir une croissance favorable aux pauvres dans les pays africains, davantage d’attention devait être accordée à l’établissement de prioritiés et de mesures de soutien en faveur des secteurs productifs tels que l’agriculture, les infrastructures, les TIC, ainsi qu’au développement d’un environnement propice à l’émancipation des femmes.
Les principaux messages émanant de la réunion étaient les suivants :

  • Une intervention urgente est nécessaire pour lutter contre le changement climatique, qui constitue une menace majeure pour le développement en Afrique. Bien que l’Afrique soit le continent dont la responsabilité est la moins engagée en ce qui concerne le changement climatique, puisque sa contribution aux émissions mondiales de dioxyde de carbone n’est que de 3,6 %, elle est en revanche extrêmement vulnérable à ses effets négatifs, qui peuvent constituer un obstacle sérieux pour la croissance économique et la réduction de la pauvreté et menacer la santé et la sécurité humaines. Il convient de s’atteler davantage à la réduction des émissions mondiales de gaz à effet de serre, tout en aidant l’Afrique à atteindre ses objectifs légitimes de développement, et de soutenir l’adaptation du continent aux nouveaux risques engendrés par le changement climatique.
  • La forte croissance actuelle en Afrique doit être mise au service de la réduction de la pauvreté. Bien que les taux de croissance observés récemment en Afrique aient atteint des niveaux records, dépassant 5% par an lors des quatre dernières années, les taux de pauvreté sont restés virtuellement inchangés (44,4 % en 1990 et 44 % en 2004). Une volonté politique forte de la part des partenaires au développement d’une part et des gouvernements africains d’autre part est essentielle pour se concentrer davantage sur les secteurs critiques pour la réalisation d’une croissance bénéfique aux populations pauvres : agriculture, infrastructures, technologies de l’information et de la communication (TCI). L’émancipation économique des femmes et une participation importante du secteur privé sont également essentiels pour garantir que la croissance profite à tous les citoyens du continent.
  • Le Plan d’action pour l’Afrique (PAA) de l’UA/NEPAD résume les priorités actuelles pour l’Afrique, en particulier celles ayant un fort potentiel en termes d’impact sur l’intégration régionale et nécessitant une coordination au niveau continental. Ce Plan symbolise les principes de l’UA/NEPAD de propriété, de responsabilité et de bonne gouvernance. Les partenaires africains se sont engagés à mobiliser les institutions correspondantes pour actualiser le statut des projets en vertu du PAA, permettant ainsi d’identifier les projets déjà en cours, les principales difficultés existantes, et ce qu’il convient de faire pour résoudre ces difficultés. Les partenaires au développement ont noté le fait qu’ils soutiennent déjà certains éléments du PAA de l’UA/NEPAD dans leurs programmes actuels. Il a été convenu que le PAA révisé et ses contraintes feraient l’objet d’une discussion lors du prochain FPA qui doit se tenir à l’automne 2008.

Des représentants de la société civile africaine et japonaise ont également participé à cette réunion. Ils ont lancé un défi aux leaders africains : mettre le continent « sur la bonne voie » ; et ils ont demandé aux partenaires internationaux d’utiliser cette opportunité pour « écouter et comprendre davantage afin de savoir comment soutenir au mieux les Africains à mesure que ceux-ci prennent leur destin en main ».

Les documents, discours et photos concernant cette réunion seront disponibles sur le site suivant : www.africapartnershipforum.org

Pour plus d’information, veuillez contacter : l' Unité de soutien du Forum pour le partenariat avec l’Afrique,  vanessa.vallee @ oecd.org ou le Secrétariat du NEPAD, thaningaS @ nepad.org.

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