Il est urgent de poursuivre la réforme des politiques agricoles car les finances publiques restent soumises à rude épreuve, selon un rapport de l’OCDE

06/07/2009 - L’an dernier, les agriculteurs des pays membres ont été soutenus par les pouvoirs publics à hauteur de 265 milliards USD selon un nouveau rapport de l’OCDE. Cela a représenté 21 % des recettes agricoles totales, contre 22 % en 2007 et 26 % en 2006.

 

La diminution résulte davantage de la hausse des prix des produits agricoles de base que de décisions des autorités. Compte tenu de l’augmentation des prix mondiaux, les montants nécessaires pour soutenir les prix intérieurs ont été moins élevés.

 

D’après la publication Politiques agricoles des pays de l'OCDE – Suivi et évaluation, sachant que dans beaucoup de pays, les finances publiques seront mises à rude épreuve pendant de nombreuses années encore après la crise économique actuelle, les pouvoirs publics devraient réévaluer et adapter leur politique de soutien agricole de manière à atteindre certains objectifs économiques, sociaux et environnementaux.

Cela suppose de mieux cibler le soutien de manière à s’attaquer à des problèmes précis tels que la gestion des risques ou la protection de l’environnement. Il faudrait, par ailleurs, réduire les subventions qui  faussent les marchés  et rompre le lien entre soutien public et production agricole.

 

« Après la crise économique mondiale, les choses ne seront plus comme avant. La poursuite de la réforme des mesures agricoles qui faussent le marché sera d’autant plus urgente que les finances publiques seront déjà très sollicitées », indique Ken Ash, Directeur de la Direction des échanges et de l’agriculture de l’OCDE.

 

Le rapport prend acte des progrès accomplis dernièrement pour rompre le lien entre le soutien et la production, comme en témoignent le système de paiements directs mis en place aux États-Unis et le régime de paiement unique aux agriculteurs, en vigueur dans l’Union européenne. Les critères de calcul des paiements comme la superficie des terres ou le nombre d’animaux sont de plus en plus utilisés. En moyenne, dans les pays de l’OCDE, un quart des montants versés au titre du soutien aux agriculteurs n’est plus subordonné à l’obligation de produire une marchandise.

 

Néanmoins, dans la majorité des pays de l’OCDE, les formes de soutien qui créent le plus de distorsions sur les marchés restent prépondérantes. Ainsi, les aides dont le versement est fonction du tonnage d’un produit donné ont représenté en moyenne 56 % du soutien agricole dans les pays de l’OCDE sur la période 2006 2008. En outre, certains paiements restent liés à la production de produits précis, en particulier de riz, de sucre et de certains types de viande. Dans les pays de l’OCDE, à peu près 60 % des recettes totales des riziculteurs sont assurés par le soutien public.

 

Tous les pays n’en sont pas au même stade dans la réforme. De plus, le niveau du soutien agricole varie beaucoup de l’un à l’autre : il s’élevait à 1 % des recettes agricoles totales en Nouvelle-Zélande, 6 % en Australie, 10 % aux États-Unis, 13 % au Mexique, 18 % au Canada, 21 % en Turquie, 27 % dans l’Union européenne, 49 % au Japon, 58 % en Islande, 60 % en Suisse, 61 % en Corée et 62 % en Norvège.

 

Pour obtenir une version abrégée de la publication Politiques agricoles des pays de l'OCDE – Suivi et évaluation 2009 ou s’entretenir avec les auteurs de ce rapport, les journalistes sont invités à contacter la Division des relations avec les médias de l’OCDE;  tél. : + 33 1 45 24 97 00).

 

Pour plus d’informations sur les travaux de l’OCDE consacrés à l’agriculture : www.oecd.org/agriculture-fr

 

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