Etude économique du Canada 2008 : Adapter les politiques macroéconomiques à la fin du cycle d'expansion

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Les évaluations et recommandations suivantes sont extraites du chapitre 2 de l'Etude économique du Canada,  publiée le 11 juin 2008.

 

La politique monétaire a changé de cap


Jusque dans les derniers mois de 2007, les responsables de la politique monétaire se sont essentiellement préoccupés des tensions inflationnistes internes découlant du renchérissement des produits de base, de la vigueur de la demande intérieure et des tensions sur les marchés du travail. Fin 2007, cependant, les autorités ont mis l’accent sur la nécessité de gérer la réponse du Canada aux turbulences sur les marchés de capitaux, au resserrement consécutif des conditions de crédit intérieures et aux inquiétudes à l’égard d’un ralentissement de l’activité économique aux États Unis, ce qui s’est traduit par un assouplissement notable de la politique monétaire. Dans l’immédiat, le principal enjeu de politique monétaire consiste à adopter une orientation judicieuse pour maintenir l’inflation sur l’objectif, alors que l’économie canadienne réagit au ralentissement américain et à la tourmente financière mondiale. Cela pourrait bien impliquer un nouvel assouplissement. Mais quand les conditions de crédit redeviendront plus normales et que l’économie amorcera sa reprise, il faudra que les taux d’intérêt augmentent. Les autorités des marchés financiers devraient aussi examiner s’il convient de prendre des mesures pour veiller à ce que les incitations institutionnelles au sein du secteur financier soient appropriées. A plus long terme, des études sont en cours à la Banque du Canada et ailleurs sur le point de savoir si la Banque devrait adopter un objectif d’inflation plus bas et/ou un ciblage de la trajectoire du niveau des prix. Comme l’a indiqué la Banque, il faudrait que ces études mettent en évidence des éléments très convaincants en faveur d’une réforme pour qu’elle modifie un régime qui s’est révélé efficace.


Les marchés de capitaux devraient être modernisés


La Banque et les autres autorités de tutelle doivent déployer davantage d’efforts pour améliorer la transparence, la flexibilité et la concurrence sur les marchés financiers canadiens. La diversité actuelle des réglementations – à titre d’exemple, chaque province a son propre organisme de réglementation des valeurs mobilières – permet difficilement de maximiser l’efficience et accroît le risque de voir les entreprises opter pour du financement étranger. Une autorité de régulation unique éliminerait les inefficiences inhérentes aux pouvoirs d’exécution limités des différentes agences provinciales. En outre, alléger les réglementations qui restreignent la concurrence dans le secteur bancaire pourrait avoir un impact substantiel sur la croissance économique. Il est temps désormais, dix ans après que les premières propositions de fusion avaient été bloquées par le gouvernement, d’accueillir la concurrence sur les marchés de capitaux en autorisant les principales institutions financières du Canada à se lancer sur la scène mondiale, ce qui implique de lever l’interdiction actuelle.


La situation budgétaire des administrations publiques demeure robuste, mais il y a des risques de dégradation


La situation budgétaire du Canada s’est considérablement améliorée depuis le milieu des années 90, les déficits faisant place à des excédents, tandis que la charge de la dette publique, qui était la deuxième des pays du G7 par ordre d’importance, est devenue la plus faible. Cette évolution, conjuguée à la détente des taux d’intérêt, a sensiblement réduit le coût du service de la dette au cours de la décennie écoulée. La taille du secteur public rapportée à celle de l’économie s’est contractée, comme en témoigne la baisse des recettes, des dépenses et de la dette nette en proportion du PIB. Toutefois, les dépenses primaires courantes en proportion du PIB ont légèrement augmenté depuis 2000. Au cours des prochaines années, les récentes baisses substantielles d’impôts et le ralentissement de la croissance économique entameront les excédents budgétaires, suscitant la perspective de nouveaux déficits (peu élevés) des administrations publiques, surtout si une baisse des prix des produits de base devait éroder les paiements d’impôts par le secteur des ressources naturelles.


Les gouvernements devraient freiner leurs dépenses et renforcer les mécanismes de contrôle des dépenses


Au cours de la décennie écoulée, le gouvernement fédéral et la quasi totalité de ses homologues provinciaux et territoriaux ont sous estimé en moyenne les recettes, et ils ont ensuite réagi tout à la fois en réduisant la dette, en accordant des allègements d’impôts et en poussant les dépenses au delà des niveaux annoncés lors de l’adoption des budgets. Cependant, il est peu probable que les récents taux de croissance des dépenses publiques soient supportables. Étant donné que le ralentissement actuel de l’activité économique amoindrira probablement les surprises favorables futures du côté des recettes, tous les niveaux d’administration devraient éviter de dépenser au delà des niveaux initialement budgétés. En outre, vu l’imminence des pressions du vieillissement sur les dépenses, les budgets devraient être soumis à des réexamens rigoureux et permanents des dépenses. Les principaux aspects appelant l’attention du gouvernement fédéral sont le niveau des subventions, surtout dans l’agriculture (voir ci après), mais aussi les transferts aux niveaux inférieurs d’administration. Pour leur part, les provinces devraient redoubler d’efforts en vue d’assurer l’efficacité de leurs dépenses, en particulier dans le secteur de la santé.


En dépit de sa situation budgétaire plutôt enviable, à cause du vieillissement démographique le Canada est confronté aux mêmes enjeux budgétaires à long terme que ceux observés dans les autres pays de l’OCDE. Le taux de dépendance des personnes âgées devrait plus que doubler au cours des 50 années à venir, et exercera une pression considérable sur les dépenses publiques, principalement du fait de la hausse des dépenses de santé, le système public de retraite étant désormais pour l’essentiel engagé sur une trajectoire viable. Plusieurs mesures sont susceptibles d’atténuer le problème, notamment : un contrôle plus rigoureux des dépenses ; des réformes des programmes et des financements pour une efficience accrue des dépenses publiques, surtout dans le secteur de la santé ; une réduction plus rapide de la dette ; une réorientation de la fiscalité des provinces vers des bases plus efficientes ; et, par dessus tout, des mesures propices à la croissance pour aider les générations futures à faire face aux coûts grandissants des programmes publics.

 

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Informations complémentaires                                                                                        

   

Des informations complémentaires sur cette Etude peuvent être obtenues auprès du Bureau du Canada, Département des affaires économiques de l'OCDE à eco.survey@oecd.org. Ce rapport du Secrétariat de l'OCDE a été préparé par Alexandra Bibbee, Yvan Guillemette, Shuji Kobayakawa and Annabelle Mourougane sous la direction de Peter Jarrett. La recherche statistique a été effectuée par Françoise Correia.

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