Revue économique de l'OCDE No. 40, 2005/1

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La Revue économique de l'OCDE est publiée deux fois par an par le Département des affaires économiques. Au sommaire de ce numéro:

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Licences internationales et renforcement des droits de propriété intellectuelle dans les pays en développement au cours des années 90

Walter G. Park et Douglas Lippoldt

Cet article évalue les effets du renforcement des droits de propriété intellectuelle (DPI) dans les pays en développement sur la concession de licences au niveau international. L’analyse repose sur des indicateurs relatifs à quatre dimensions du degré de protection des DPI (qui couvrent les droits attachés aux brevets, les droits d’auteur, les droits sur les marques ainsi que l’efficacité des moyens mis en oeuvre pour faire respecter ces droits) et sur des données recueillies au niveau des entreprises concernant la concession de licences. Globalement, cette étude met en évidence un effet net positif du renforcement des DPI sur la concession de licences, effet qui est particulièrement sensible pour les droits attachés aux brevets et l’efficacité des moyens mis en oeuvre pour faire respecter les DPI. Dans les pays en développement qui ont pris des initiatives ces dernières années pour remédier aux faiblesses constatées dans ces domaines, la concession de licences sur des actifs intellectuels d’origine étrangère a progressé. En conclusion, les DPI peuvent contribuer de manière importante à permettre aux entreprises des pays en développement d’accéder à des technologies et à des savoir-faire et de les exploiter, grâce à des accords de concession de licence conclus avec des partenaires établis dans les pays développés.

Comptabilisation des immigrés et des expatriés dans les pays de l’OCDE : une nouvelle perspective

Georges Lemaître et Jean-Christophe Dumont

En règle générale, les effectifs d’immigrés sont estimés suivant les pays au moyen de la population née à l’étranger ou de la population étrangère. À l’occasion de la série de recensements de l’an 2000, la quasi totalité des pays de l’OCDE ont identifié le pays de naissance des personnes dénombrées. Cela permet d’obtenir une image à la fois plus complète et plus comparable des flux migratoires tant à l’intérieur qu’à destination de la zone OCDE au cours des dernières décennies; il en ressort qu’un certain nombre de pays européens affichent des effectifs d’immigrés aussi importants en termes relatifs que ceux observés aux États-Unis. En outre, les données relatives au niveau de formation de la population permettent pour la première fois d’estimer directement l’ampleur de l’expatriation d’individus hautement qualifiés vers les pays de l’OCDE, pour plus d’une centaine de pays d’origine disséminés dans le monde entier. Dans un certain nombre de cas, plus de la moitié des personnes hautement qualifiées nées dans ces pays vivent (et travaillent) dans la zone OCDE. Compte tenu de son ampleur, ce phénomène d’expatriation d’individus hautement qualifiés constitue une ponction significative sur les ressources en capital humain de ces pays.

Vulnérabilité du secteur des entreprises et activité agrégée

Mike Kennedy et Torsten Sløk

Il ressort de cet article, qui utilise des microdonnées relatives au secteur des entreprises, que les sociétés non financières établies au Japon et dans les grands pays européens en 2003 étaient plus vulnérables à une hausse des taux d’intérêt à court terme qu’elles ne l’étaient en 1993, lorsque a débuté la précédente phase de resserrement monétaire (sachant qu’une entreprise est considérée comme vulnérable si elle affiche un ratio dettes/fonds propres élevé et une faible capacité à assurer le service de sa dette). Aux États-Unis et au Canada, par contre, les entreprises semblent mieux préparées à faire face aux hausses de taux d’intérêt. En outre, en examinant uniquement les données de 2003, les auteurs parviennent à la conclusion que les entreprises du Japon et des grands pays de la zone euro sont plus vulnérables que celles des États-Unis, du Canada et du Royaume-Uni. Ces microdonnées sont également utilisées afin d’élaborer pour chaque pays une mesure de vulnérabilité de l’ensemble de l’économie, qui se révèle corrélée de manière significative aux variations futures de la croissance du PIB et de l’investissement.

Expliquer les primes de risque sur les obligations et les actions

Torsten Sløk et Mike Kennedy

Cet article évalue dans quelle mesure l’évolution des primes de risque d’un certain nombre d’actifs financiers est liée aux paramètres fondamentaux de l’économie et aux mesures de l’orientation de la politique monétaire de l’ensemble de la zone OCDE. Une analyse en composantes principales est utilisée afin de cerner un facteur commun déterminant les primes de risque sur les actions et obligations privées aux États-Unis et en Europe, ainsi que sur la dette des marchés émergents depuis le début de l’année 1998. De l’analyse il ressort qu’une fois éliminés les effets des scandales liés au gouvernement d’entreprise qui ont éclaté au cours de l’été 2002, les anticipations relatives aux paramètres fondamentaux de l’économie et les mesures de l’orientation de la politique monétaire jouent un rôle statistiquement significatif en tant que déterminants du facteur commun. Les auteurs parviennent également à la conclusion que pour expliquer les primes de risque, la liquidité (assimilée à la moyenne pondérée par le PIB des taux de croissance de M3 dans les trois principales économies, épurée de la tendance) offre de meilleurs résultats d’un point de vue statistique que les taux d’intérêt à court terme pondérés de manière similaire, même si ces deux éléments sont significatifs.

Qu’est-il advenu de la croissance économique et de la productivité au Canada et aux États-Unis à l’ère de l’information?

Tarek M. Harchaoui et Faouzi Tarkhani

Aux États-Unis, la croissance de la productivité s’est brusquement accélérée au cours de la seconde moitié des années 90, regain que les travaux publiés attribuent à l’utilisation des technologies de l’information (TI). Nous apportons notre contribution à ce débat de deux manières. Premièrement, en nous appuyant sur les données disponibles les plus comparables concernant le Canada et les États-Unis, nous quantifions de manière précise les contributions des TI à la production, à l’apport de capital et aux performances en matière de productivité. Deuxièmement, nous examinons la mesure dans laquelle les secteurs producteurs et utilisateurs de TI ont contribué au redressement de la productivité multifactorielle globale. Les résultats obtenus permettent de penser que si les TI sont effectivement à l’origine du regain de productivité aux États-Unis, elles ne l’expliquent qu’en partie au Canada. Le redressement de la productivité de la main-d’oeuvre aux États-Unis est essentiellement imputable aux investissements en TI et aux gains de productivité multifactorielle réalisés par les secteurs producteurs de technologies de l’information, conclusion qui contraste quelque peu avec l’opinion dominante aux États-Unis. Les données canadiennes soulignent, quant à elles, l’importance des gains de productivité multifactorielle dans les secteurs utilisateurs de TI en tant que source essentielle d’accélération de la croissance de la productivité. Ces résultats restent valables même après avoir été «corrigés» pour tenir compte de différences méthodologiques relatives à la mesure des prix des TI au niveau sectoriel, ce qui met en évidence d’importantes différences entre les structures économiques des deux pays. La poursuite au cours de la période 2000-2003 de la croissance rapide de la productivité multifactorielle qui avait débuté à la fin des années 90 tend à indiquer que la dimension conjoncturelle de ce redressement de la productivité était limitée.

Modèles d’indicateurs de la croissance du PIB réel dans les principales économies de l’OCDE

Franck Sédillot et Nigel Pain

Cet article présente un ensemble de modèles économétriques qui offrent, de manière régulière, des estimations actualisées de la croissance du PIB pour chacune des économies du G6 et pour l’ensemble de la zone euro, à un horizon de deux trimestres suivant le dernier trimestre pour lesquelles des données officielles ont été publiées. En adoptant une approche ciblée uniquement sur un petit nombre de variables-indicateurs mensuelles à forte périodicité, les auteurs parviennent à la conclusion que ces modèles offrent de meilleurs résultats que d’autres, fondés uniquement sur les données trimestrielles publiées. Il semble donc tout à fait utile d’élaborer des modèles d’indicateurs empiriques faisant appel à des données à forte périodicité, tant sur le plan de l’ampleur des erreurs de prévision que de l’exactitude de l’orientation détectée. Ils établissent par ailleurs que le modèle le mieux adapté à un ensemble d’informations et à un horizon prévisionnel donné varie à la fois suivant le pays et la période considérés. Cet article décrit également certains des problèmes pratiques que peut soulever l’utilisation de tels modèles en temps réel, en présentant notamment diverses techniques d’évaluation de l’incertitude inhérente aux prévisions, et examine les résultats en temps réel de ces modèles au cours des deux dernières années. En conclusion, les différences entre pays concernant les erreurs de prévision en temps réel correspondent globalement à celles anticipées sur la base d’un exercice hors échantillon effectué à partir des données utilisées pour estimer les modèles.

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