Revue économique de l'OCDE No. 19, hiver 1992

Numéro spécial:  Les coûts économiques de la réduction des émissions de CO2

Coûts de la réduction des émissions de CO2: éléments d'information fournis par six modèles globaux

Andrew Dean et Peter Hoeller

Ce document résume et analyse les résultats du projet de l'OCDE de comparaison de modèles. Le but de ce projet est de mieux comprendre les différences de coûts de réduction des émissions de dioxyde de carbone que font apparaître six modèles globaux. Pour faciliter ces comparaisons les hypothèses clés et les objectifs de réduction ont été standardisés. Cette étude met en évidence: i) les émissions projetées de dioxyde de carbone d'ici à la fin du siècle prochain et ii) les taxes sur le carbone et les coûts de production en termes de pertes que suppose la réduction de ces émissions.

GREEN: un modèle global pour chiffrer les coûts des mesures de réduction des émissions de CO2

Jean-Marc Burniaux, Giuseppe Nicoletti et Joaquim Oliveira-Martins

Les modèles d'équilibre général appliqué prennent en compte les décisions des ménages et des entreprises, et peuvent de ce fait appréhender les mécanismes économiques qui relient, au cours de chaque période, la base de ressources disponibles aux émissions anthropiques de CO2. Le Département des Affaires économiques de l'OCDE a élaboré un modèle d'équilibre général appliqué dynamique et global pour chiffrer les effets économiques des mesures visant à réduire les émissions de CO2 dans l'atmosphère. Il s'agit du projet GeneRal Equilibrium ENvironmental model (modèle environnemental d'équilibre général), désigné ci-après comme le modèle GREEN. Cet article présente une vue d'ensemble non technique de la spécification, de la paramétrisation et du calibrage du modèle GREEN. Il complète ainsi les autres études consacrées dans ce même numéro aux résultats de différentes simulations sur ce modèle.

Les coûts des accords internationaux sur la réduction des émissions de CO2: résultats des simulations avec le modèle GREEN

John P. Martin, Jean-Marc Burniaux, Giuseppe Nicoletti et Joaquim Oliveira-Martins

Cette étude présente les résultats de plusieurs simulations effectuées avec le modèle GREEN de l'OCDE conçu pour quantifier les coûts macro-économiques et mondiaux de différents accords internationaux visant à réduire les émissions de dioxyde de carbone (CO2). Elle met en lumière deux aspects particuliers de ces accords. Le premier a trait à la couverture géographique; à cet effet on simule un accord entre les seuls pays de l'OCDE puis on l'étend de manière à englober les actions menées par des pays hors OCDE. Le deuxième point est la quantification des gains de bien-être potentiels qui résulteraient, pour les différents pays et l'économie mondiale dans son ensemble, de la mise en oeuvre d'accords ayant un rapport coût-efficacité satisfaisant, c'est-à-dire d'accords internationaux qui prennent en compte le principe selon lequel les réductions d'émissions doivent être effectuées au moindre coût.

Commerce extérieur et efficacité des mesures unilatérales de réduction des émissions de CO2: résultats du modèle GREEN

Joaquim Oliveira-Martins, Jean-Marc Burniaux et John P. Martin

Cet article analyse les effets d'une action unilatérale engagée par un pays ou une région pour restreindre ses émissions de CO2: effet de déplacement des émissions vers d'autres pays ("fuites de carbone") et effet de redistribution de l'avantage comparatif sectoriel. Plusieurs simulations ont été effectuées avec le modèle GREEN, avec l'adoption par l'un ou l'autre ou l'ensemble des pays ou régions de I'OCDE d'une taxe sur le carbone visant à stabiliser les émissions aux niveaux de 1990. Les résultats indiquent que l'effet de déplacement des émissions serait limité, ce qui contredit en partie les conclusions d'autres chercheurs. Afin de tester la solidité de ces résultats de GREEN, on a procédé à une analyse de sensibilité au regard des élasticités de l'offre des combustibles fossiles et de l'élasticité-prix des flux d'échanges. Il en ressort principalement que le paramètre déterminant de la taille du taux de fuite de carbone est l'élasticité de l'offre du charbon.

Incidence des distorsions affectant les marchés de l'énergie sur les coûts des mesures de réduction des émissions de CO2: résultats des simulations sur le modèle GREEN

Jean-Marc Burniaux, John P. Martin et Joaquim Oliveira-Martins

Cet article montre l'importance que les distorsions observées sur les marchés de l'énergie pourraient revêtir dans l'élaboration d'une stratégie mondiale de réduction des émissions de CO2. Les gouvernements d'un grand nombre de pays non membres de l'OCDE subventionnent fortement, semble-t-il, la demande d'énergie. L'existence de ces subventions a plusieurs conséquences. Premièrement, leur élimination contribuerait de toute évidence à la mise au point d'un accord international aussi satisfaisant que possible dans les conditions du moment ("no-regrets approach"). Deuxièmement, les coûts économiques pour le monde dans son ensemble d'une réduction des émissions mondiales sont surestimés lorsque les subventions énergétiques des pays non membres de l'OCDE ne sont pas traitées comme des distorsions explicites. Troisièmement, un accord international supposant l'élimination des subventions existantes avant la mise en place de taxes sur le carbone serait pratiquement sans aucun coût pour les pays non membres de l'OCDE considérés dans leur ensemble, aussi longtemps que les réductions des émissions de carbone sont réparties entre les pays de façon efficace par rapport au coût.

Les taxes sur le carbone et la politique actuelle de l'énergie dans les pays de l'OCDE

Peter Hoeller et Jonathan Coppel

Face à la menace de réchauffement planétaire, les taxes sur le carbone, prélevées sur la teneur en carbone des combustibles fossiles, retiennent énormément l'attention, car elles pourraient constituer un instrument économique très efficace pour réduire les émissions de CO2, le principal gaz à effet de serre. On examine tout d'abord dans cet article la structure des prix des combustibles fossiles et des taxes frappant ces combustibles - en faisant le point sur la situation actuelle et les grandes tendances d'évolution - ainsi que la relation entre les prix de l'énergie et les émissions de carbone. On analyse ensuite le coût économique que représente la superposition de taxes sur le carbone aux taxes actuelles sur l'énergie. Enfin, à partir d'un système simple de demande d'énergie, on simule un certain nombre de projets de réforme fiscale, notamment une restructuration de la fiscalité de l'énergie qui consisterait à remplacer les taxes actuelles par une taxe implicite moyenne sur le carbone ou par une taxe combinée sur le carbone et sur l'énergie du type de celle proposée dans le cadre de la Communauté européenne.

 

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