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Le texte suivant résume le chapitre 3 de l'Évaluation économique de l'Ukraine 2007, publiée le 4 septembre 2007.
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Le maintien de la compétitivité externe deviendra probablement de plus en plus difficile au cours des prochaines années
L’analyse des avantages et désavantages comparatifs révélés de l’Ukraine montre que sa compétitivité externe repose sur des bases étroites : sa structure des exportations est très concentrée et principalement composée de biens peu transformés (graphique 1). En 2006, les produits alimentaires, les minéraux et les métaux ont représenté environ 65 % du total des recettes d’exportation, contre 59 % en 2000. La forte croissance des salaires a en grande partie épuisé les gains de compétitivité-coût dont l’Ukraine a bénéficié après la crise du 1998, et la compétitivité du secteur exportateur a été affectée récemment par de fortes hausses des prix des importations de gaz naturel et la tendance à l’appréciation réelle du change vis-à-vis des pays asiatiques dont la monnaie est liée au dollar. Ces deux tendances vont probablement se poursuivre. La question du prix du gaz est particulièrement sensible car une grande partie des exportations sont concentrées dans des secteurs à forte intensité énergétique. De plus, les opportunités pour réaliser relativement facilement des gains de productivité en recourant aux suppressions d’emplois en accroissant le taux d’utilisation des capacité de production se raréfient. En dernier lieu, certains signes montrent par ailleurs que les industriels ukrainiens éprouvent des difficultés pour affronter la concurrence, du point de vue de la qualité, sur les marchés hors CEI.
Graphique 1. Part des produits de haute et moyenne technologie dans les exportations du secteur manufacturier vers les pays de l’OCDE
En pourcentage des exportations du secteur manufacturier, 2004

Source : OCDE, base de données STAN pour l’analyse structurelle 2006/I et calculs de l’OCDE effectués à partir de la base de données du commerce extérieur par produits (ITCS) de l’OCDE.
Une réforme réglementaire favorisant la concurrence pourrait contribuer à consolider la croissance de la productivité…
Les résultats de l’exercice d’étalonnage relatif à la RMP suggèrent qu’une réforme de la réglementation pourrait contribuer à accroître à la fois l’efficience de la réallocation des ressources et de la production, ce qui accélérerait la convergence de l’Ukraine avec ses voisins plus avancés. De fait, les effets positifs potentiels d’un accroissement de la concurrence devraient être plus élevés en Ukraine que dans la plupart des pays de l’OCDE ou des pays voisins car le niveau de concurrence sur les marchés ukrainiens, quoiqu’en hausse ces dernières années, est globalement assez faible. Ces répercussions favorables d’une concurrence accrue sont corroborées par une analyse économétrique de l’impact de la concurrence sur la productivité de la main-d’œuvre, à partir de données d’entreprise pour la période 2000 05 (tableau 1). De cette analyse émergent notamment les conclusions suivantes :
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La concentration a un effet négatif et hautement significatif sur la croissance de la productivité du travail.
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Ces résultats sont robustes pour l’activité manufacturière dans son ensemble, et il apparaît que la relation est plus forte pour les seuls secteurs exposés à la concurrence des importations et ceux exposés à la concurrence sur les marchés à l’exportation.
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S’agissant des services marchands, l’effet est plus faible, mais encore très net.
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La concurrence avec les importations a des répercussions positives sur la productivité des entreprises nationales. L’effet est d’autant plus fort que la pénétration étrangère est moindre, ce qui suggère que l’ouverture initiale aux importations a un effet particulièrement important de stimulation de la productivité des entreprises nationales.
Tableau 1. Résultats des régressions de la productivité du travail

Estimations des effets fixes.
t de Student entre parenthèses.
* significatif à 10 % l; ** significatif à 5 % ; *** significatif à 1 %.
1. L’écart par rapport à la frontière technologique est calculé comme étant la différence entre la plus forte productivité dans le secteur et la productivité de l’entreprise.
Source : Calculs réalisés par l’OCDE d’après le registre des entreprises ukrainiennes, 2000-05.
…et augmenter l’attrait de l’Ukraine en tant que cible de l’investissement direct étranger
L’une des grandes déceptions à ce jour relativement aux performances de l’Ukraine concerne sa relative incapacité à attirer davantage d’investissement direct étranger (IDE) : son stock d’IDE par habitant n’atteignait que 372 USD en 2005, soit à peine 16 % du niveau de la Pologne. Ce résultat apparaît comme très en deçà du potentiel ukrainien, compte tenu de la dotation du pays en capital humain, de l’avantage comparatif que lui confère le faible niveau relatif des salaires, la proximité du marché communautaire et la taille du marché intérieur. Les problèmes institutionnels et réglementaires identifiés plus haut semblent constituer la raison principale expliquant des flux entrants d’IDE très modestes. Si l’économie de l’Ukraine est à maints égards tout à fait ouverte aux échanges, l’exercice d’étalonnage de la réglementation sur le marché des biens met en lumière l’ampleur exceptionnelle des obstacles réglementaires aux échanges et à l’investissement. Il convient toutefois de ne pas exagérer le caractère discriminatoire de cette réglementation: les principaux obstacles à l’investissement ont pour origine le cadre institutionnel et réglementaire global auquel font face toutes les entreprises, qu’elles soient étrangères ou non. Étant donné les effets positifs potentiellement importants des IDE sur la PTF, l’Ukraine passe ici à côté d’une opportunité majeure pour faciliter sa modernisation industrielle. Les mesures visant à s’attaquer aux problèmes réglementaires et institutionnels pourraient dans ces conditions s’avérer particulièrement bénéfiques. L’adhésion à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) devrait y contribuer. Ses effets directs – modification des droits de douane et amélioration de l’accès aux marchés étrangers – seront probablement limités, mais les gains en termes de bien-être associés à une diminution des obstacles formels et informels à l’investissement étranger, du renforcement des droits de propriété et d’une révision de la réglementation technique devraient s’avérer tout à fait substantiels.
La poursuite des privatisations pourrait démultiplier les avantages d’une concurrence accrue
Les entreprises privées réagissent en général plus promptement que les entreprises publiques à une pression concurrentielle croissante et les acquis des privatisations sont souvent supérieurs lorsque les entreprises privatisées sont soumises à la concurrence. Cette complémentarité entre concurrence et privatisation porte à croire que des réformes visant à favoriser la concurrence seraient d’autant plus efficaces si elles s’accompagnaient d’une diminution du rôle des entreprises publiques dans l’économie. L’arrêt du mouvement de privatisation en Ukraine est donc particulièrement malvenu. On ne peut nier les défauts du processus de privatisation lui-même en Ukraine, mais cela ne doit pas faire perdre de vue les effets positifs des privatisations sur les performances des entreprises. Une analyse sur données de panel recueillies auprès d’entreprises manufacturières montre que, en cas de privatisation à des agents nationaux, la productivité totale des facteurs s’est accrue de 10 à 25% au cours des sept années qui suivent la privatisation, selon la spécification retenue (graphique 2). L’impact des privatisations à des actionnaires étrangers semble encore plus fort même si les résultats sont moins robustes compte tenu de la taille réduite de l’échantillon. Ces résultats suggèrent que la contribution des privatisations à la croissance globale de la productivité dans le secteur manufacturier a été, au cours de la période récente, substantielle.
Graphique 2. Impact de la privatisation sur la productivité globale des facteurs

Source : Brown et Earle (2007), "The Productivity Effects of Privatization in Ukraine: Estimates from Comprehensive Manufacturing Firm Panel Data, 1989-2005", Background paper prepared for the 2007 Economic Policy Seminar on Ukraine, May.
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Des informations complémentaires sur cette Etude peuvent être obtenues auprès du Bureau de l'Ukraine du Département des affaires économiques de l'OCDE à eco.survey@oecd.org. Ce rapport du Secrétariat de l'OCDE a été préparé par Christian Gianella et William Tompson sous la direction de Andreas Wörgötter.
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