Les thèmes des sessions

L'eau : ressource vitale à mieux gérer

 

Marchés ouverts et réglementation de l'énergie

 

Réussir la réforme

Il est souvent plus facile de savoir ce qu’il faut réformer pour améliorer les performances économiques et le niveau de vie que de traduire les projets de réforme en actes.

En effet, les réformes comportent souvent des coûts immédiats très visibles pour certaines catégories alors que les avantages, même s’ils sont plus importants, tendent à se manifester plus tard et de façon plus diffuse. De plus, ce n’est jamais le moment idéal pour procéder à des réformes. L’histoire le montre, les réformes n’ont souvent été rendu possibles que par une crise lorsque le caractère insupportable du statu quo devient patent. Dans les phases de redressement économique, les réformes sont plus faciles à mettre en œuvre, mais le sentiment de leur urgence n’est plus là et l’opposition au changement tend à être plus forte.

Il y a d’autres complications. Les questions de cycle politique et de stabilité politique ont aussi leur importance. La taille du pays entre également en ligne de compte : les petits pays, plus ouverts aux échanges commerciaux, sont soumis à des pressions concurrentielles plus fortes qui les poussent à réformer.

Lecture thématique :

Session thématique : Innovation, propriété intellectuelle et investissement

Innovation :
Dans leur évolution vers une économie du savoir et vers un marché mondialisé, nos sociétés se trouvent confrontées au développement vigoureux des TIC. A cet égard, l’innovation, les droits de propriété intellectuelle et l’investissement constituent des thèmes essentiels et les principaux moteurs de la croissance économique, notamment parmi les pays industrialisés.
Les entreprises sont les principaux acteurs de l’innovation. Elles conçoivent des stratégies dynamiques et globales afin de mettre en place une forte capacité d’innovation. Parallèlement, les gouvernements s’efforcent d’améliorer l’environnement de leurs entreprises afin de promouvoir le processus d’innovation industrielle dans leurs pays.

Investissement direct étranger :
L’IDE progresse rapidement, notamment parmi les pays de l’OCDE. Le développement des alliances entre entreprises amène celles ci à rechercher l’environnement économique le plus attrayant et le plus efficient. Les gouvernements se livrent une vive concurrence pour accueillir les nouveaux IDE et leur offrir le meilleur environnement.

L’importance de la protection de la propriété intellectuelle se renforce avec le développement des réseaux de TIC mais en même temps les dommages causés par la contrefaçon et le piratage de droits d’auteur se sont considérablement accrus. De nouvelles normes de protection des droits de propriété intellectuelle sont nécessaires pour combattre efficacement les violations de ces droits. Par conséquent, il pourrait être nécessaire de mettre en place un nouveau cadre pour la coopération internationale.

Les pays émergents sont davantage présents dans l’économie mondialisée. Ils doivent faire face à des défis considérables en termes d’environnement et de changement climatique. L’innovation peut constituer le moyen approprié de répondre à ces problèmes qui se posent au niveau mondial aux économies industrialisées comme aux économies émergentes.

Lecture thématique :


 

Présentation de livre : Perspectives économiques en Afrique (2007)

Cet ouvrage de référence, où figurent d’abondantes données factuelles, offre au lecteur les dernières informations économiques disponibles concernant la plupart des économies d’Afrique.

S’appuyant sur les compétences spécialisées de la Banque africaine de développement et de l’OCDE, ces perspectives commencent par une vue d’ensemble du contexte international, des performances macroéconomiques, des progrès vers la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement, ainsi que des questions de gouvernance et d’ordre politique.

Cette édition comporte une section spécialement consacrée aux questions relatives aux services de l’eau et à l’assainissement. La deuxième partie présente 31 rapports par pays : chacun contient une évaluation des performances économiques récentes, des prévisions pour 2007 et 2008, un examen des aspects structurels et une réflexion sur le contexte politique et social. L’annexe statistique présente 24 tableaux qui comparent les variables économiques et sociales de tous les pays d’Afrique.

 

Sécurité de l'énergie

Ces dernières années ont été fertiles en exemples de problèmes de sécurité énergétique et de répercussions qui en ont découlé sur l’économie mondiale. Il n’y a pas une définition unique de la « sécurité énergétique », mais cette expression désigne notamment le fait de pouvoir compter sur des approvisionnements fiables et abondants en énergie, fournis de manière efficiente. Pour les garantir efficacement, un marché robuste et concurrentiel est important et nécessaire.

Les risques dans les filières d’approvisionnement énergétique sont aggravés par le sous-investissement et la faible marge de capacité inemployée du système. Les problèmes géopolitiques qui se posent en Iran, en Irak, au Nigéria et dans l’ex-Union soviétique sont lourds de conséquences pour les marchés pétroliers. Par exemple, le différend survenu entre la Russie et le Bélarus au début de 2007 a mis en évidence, une fois encore, la vulnérabilité des approvisionnements pétroliers et gaziers aux problèmes politiques et de transit. De graves perturbations des approvisionnements gaziers se sont également produites par suite d’ouragans, de pénuries et d’accidents techniques ou autres. Aux États-Unis, les approvisionnements en gaz ont été amputés de 10 % à cause des ouragans dévastateurs de 2005 ; l’Italie et le Royaume-Uni ont dû faire face à des pénuries au cours de l’hiver 2005/06, et le Japon à la forte réduction d’une partie des approvisionnements en GNL indonésien – incidents qui ont tous fait vivement ressortir les préoccupations concernant la sécurité gazière.

Les risques omniprésents de perturbation des approvisionnements pétroliers vont probablement augmenter au cours des prochaines décennies, dès lors que la demande d’économies émergentes comme la Chine et l’Inde affiche une forte croissance, que les risques géopolitiques demeurent importants, que la capacité inemployée reste faible et que les approvisionnements, provenant de plus en plus du Moyen-Orient, sont acheminés par des routes maritimes ou des oléoducs vulnérables. La filière gazière connaît des risques analogues, alors que l’on tarde à mettre en place les mesures susceptibles de conférer une plus grande capacité d’adaptation aux secteurs du gaz et de l’électricité.

À plus long terme, seuls des investissements effectués en temps opportun dans les infrastructures de production, de transformation et de transport peuvent garantir la sécurité des approvisionnements énergétiques. La publication de l’Agence internationale de l’énergie intitulée « Medium Term Oil Market Report » révèle que l’investissement prévu en amont permettra d’accroître légèrement la capacité inemployée de production de pétrole brut au niveau mondial d’ici la fin de la décennie, mais que cette marge commencera à se resserrer à nouveau après cette échéance. De plus, les accroissements de capacité pourraient être freinés et réduits par des pénuries de personnel qualifié et d’équipements, des retards liés à la réglementation, l’inflation des coûts, l’accélération du taux de déclin dans les gisements en exploitation et l’évolution géopolitique. L’incertitude quant à l’aptitude des grands pays producteurs de pétrole et de gaz à intensifier l’investissement pour répondre à la demande mondiale en hausse après 2010 est particulièrement grande. De même, dans le secteur gazier, l’investissement marque le pas après 2006, car les réglementations nationales compliquent le processus et le retardent, même dans les pays membres de l’AIE. Dans le secteur de l’électricité, les retards sont de plus en plus monnaie courante, sauf dans le cas des centrales au gaz qui restent en tête parmi les nouvelles constructions et constituent presque l’option par défaut pour développer le parc électrique, ce qui exerce une pression accrue sur un marché gazier déjà soumis à tension.

Lecture thématique :

 

Innovation pour la croissance et la compétitivité

Depuis la Révolution industrielle, l’innovation a été l’un des moteurs essentiels de la progression du niveau de vie. Plus récemment, son rôle a été renforcé à la fois par la mondialisation et les progrès rapides des nouvelles technologies, notamment les TIC, qui ont stimulé la concurrence et ouvert de nouveaux marchés permettant la création et la fourniture de produits et services innovants.

De nos jours, les performances en matière d’innovation sont déterminantes pour la compétitivité et le progrès d’une nation. L’investissement dans la connaissance et les actifs intellectuels devient très vite essentiel pour la création de valeur. L’innovation contribue en outre pour une part importante à traiter des problèmes mondiaux comme le changement climatique ou le développement durable.

La mondialisation a aussi intensifié les pressions incitant les pays de l’OCDE à passer à un stade plus élevé de la chaîne de valeur et à s’engager dans un processus continu d’ajustement et d’innovation. Des pays comme la Chine et l’Inde ne sont plus simplement des producteurs à faible valeur ajoutée, mais viennent apporter leur pierre à la création et la commercialisation de produits, procédés et services innovants.
Malgré cette importance de l’innovation pour la croissance économique et le développement durable, nombre de pays de l’OCDE ont du mal à améliorer leurs performances dans ce domaine. Par exemple, les progrès sur le terrain de l’innovation dans le cadre de la Stratégie de Lisbonne de l’Union européenne ont été lents. De plus, ces dernières années, de nombreux pays de l’OCDE n’ont guère amélioré leurs performances en matière de productivité, malgré les opportunités nouvelles apportées par la mondialisation et les nouvelles technologies, notamment les TIC.

Lecture thématique :

 

Mondialisation et équité

Comme le démontre amplement l’histoire économique, la libéralisation des échanges et de l’investissement laisse espérer une croissance économique plus forte. Les économies les plus ouvertes jouissent généralement d’un niveau de vie plus élevé que les autres. L’expansion récente enregistrée dans l’ensemble de la zone de l’OCDE a largement bénéficié des efforts entrepris par les pays émergents pour s’intégrer dans l’économie mondiale et libéraliser leur marché intérieur dans un contexte caractérisé par une baisse rapide des coûts des échanges, des transports et des communications.

La mondialisation a aidé ces pays à relever leur niveau de vie et à réduire la pauvreté. Dans les économies de l’OCDE, elle a soutenu la croissance, notamment parce que l’ouverture et le renforcement de la concurrence encouragent les entreprises à adopter les nouvelles technologies et à innover, améliorant ainsi la productivité. Cela permet à un plus grand nombre de biens et de services d’être fournis aux consommateurs à des prix plus bas, ce qui se traduit par des revenus réels plus élevés. L’ouverture des marchés améliore également le niveau de vie en élargissant la gamme de produits à la disposition des consommateurs. L’accroissement des migrations internationales est une source de gains aussi bien pour les pays d’origine que pour les pays d’accueil.

Pour bénéficier des avantages de la mondialisation, il est cependant nécessaire de procéder à un redéploiement des ressources internes en capital et en main d’œuvre des secteurs où les emplois ne sont plus viables vers ceux qui sont en expansion. En fait, comme les autres sources de changement économique, la mondialisation entraîne d’importants transferts d’emplois entre les secteurs. Le bien être économique global se trouve renforcé et des données empiriques montrent que, dans l’ensemble, la situation du marché de l’emploi n’est pas compromise.

Toutefois, la situation économique individuelle des salariés privés d’emploi et des groupes auxquels ils appartiennent peut s’aggraver à court terme, notamment dans les économies où le contexte réglementaire entrave une reconversion rapide. Si, jusqu’à présent, la plupart des délocalisations se sont produites dans les industries manufacturières, elles s’étendent au secteur des services, auquel appartiennent la plupart des emplois, car les progrès des technologies de l’information et des communications ont accru l’éventail des tâches qui peuvent être sous traitées – ce que l’on appelle le « grand redéploiement économique ». De toutes façons, il faut tenir compte du fait qu’une partie seulement des pertes d’emplois observées dans les pays de l’OCDE sont susceptibles d’être directement imputables à la libéralisation des échanges et des investissements.

Des problèmes sont également posés par l’incidence de la mondialisation sur la répartition des salaires et des revenus, du fait qu’elle intervient dans un contexte d’inégalités croissantes. Dans 16 des 19 pays de l’OCDE pour lesquels des données sont disponibles, les salaires qui se situent dans la partie supérieure de l’échelle des revenus ont augmenté par rapport à ceux qui se trouvent dans la partie la plus basse depuis le milieu des années 90. Dans l’ensemble, l’éventail des revenus marchands des ménages ne s’est cependant pas beaucoup élargi au cours de cette période, malgré un accroissement des inégalités au cours de la décennie précédente, c’est à dire avant que la Chine et l’Inde aient intensifié leur pénétration sur les marchés mondiaux. Autre constatation générale : les parts des salaires dans le revenu national ont eu tendance à baisser – tandis que celles des profits avaient tendance à augmenter – alimentant ainsi la crainte que la mondialisation ne compromette la possibilité, pour les salariés, de profiter pleinement des gains qu’elle génère.

Le vieillissement de la population mondiale et l’équité entre les générations constituent également une question importante. L’un des paradoxes les plus frappants des sociétés actuelles dans les pays de l’OCDE est le fait que, si la durée de la vie augmente, l’âge du départ en retraite tend à diminuer – et il est clair qu’une telle situation est insoutenable aussi bien du point de vue économique que du point de vue social. Toutefois, il est également nécessaire d’améliorer la situation de l’emploi des jeunes. Le vieillissement pose également des problèmes sur le plan économique du fait qu’il risque de compromettre la croissance à long terme et la stabilité des finances publiques – il est nécessaire de mettre en place des dispositifs de fixation des revenus qui soient appropriés sur le plan social et qui soient équilibrés sur le plan financier tout en étant équitables pour les jeunes générations.

Il n’est pas facile d’isoler l’effet spécifique de la libération des échanges et de l’investissement sur les revenus du travail mais la plupart des données empiriques montrent qu’elle n’a que modérément contribué à l’accroissement des inégalités de revenus, tandis que les nouvelles technologies et les facteurs institutionnels ont joué un rôle beaucoup plus important. Néanmoins, la persistance d’inégalités importantes et/ou croissantes – qui s’ajoute au risque de perte d’emploi – constitue un problème économique et social qui risque également de compromettre l’adhésion à la mondialisation. En fait, des sondages d’opinions font le plus souvent apparaître un certain scepticisme concernant l’incidence de la mondialisation sur le niveau de vie et la sécurité de l’emploi.

En dernière analyse, c’est la qualité des politiques et des institutions qui détermine l’incidence effective de la mondialisation. En aidant les victimes de la mondialisation à reprendre pied rapidement, une indemnisation efficace, accompagnée si nécessaire de mesures d’ajustement, permet de progresser encore vers la réalisation des objectifs d’équité et d’efficience. La mise en place de ces mesures peut également contribuer à susciter l’adhésion, sur le plan politique, à la mondialisation.

Lecture thématique :

 

Innovation et équité dans la région Asie-Pacifique

Dans les économies émergentes de la région Asie-Pacifique, les phases initiales de développement reposaient plus sur l’utilisation de la main-d’œuvre disponible et sur l’investissement que sur l’innovation. Aujourd’hui en revanche, des pays comme la Corée, la Chine, l’Inde et le Taipei chinois ne sont plus simplement des producteurs à faible valeur ajoutée, mais viennent apporter leur pierre à la création et la commercialisation de produits, procédés et services innovants. Les entreprises de ces pays s’affirment de plus en plus comme d’importants investisseurs sur les marchés extérieurs.

L’importance de l’innovation a été renforcée à la fois par la mondialisation et par les avancées rapides des nouvelles technologies, notamment les TIC, qui ont permis de nouvelles formes de concurrence et ouvert de nouveaux marchés pour la création et la fourniture de produits et services innovants. La mondialisation a aussi intensifié les pressions incitant les pays de l’OCDE à passer à un stade plus élevé de la chaîne de valeur et à s’engager dans un processus continu d’ajustement et d’innovation.

On a assisté à une augmentation sensible de l’effort de recherche-développement (R-D) dans un certain nombre d’économies extérieures à la zone de l’OCDE et, bien qu’elle soit partie de très bas, la croissance correspondante des capacités de R-D dans plusieurs grandes économies de marché émergentes en fait des destinations concurrentielles pour la R-D transnationale. Parmi ces économies, la Chine au moins est devenu l’un des grands intervenants mondiaux dans la R-D en termes absolus comme en rythme de croissance, les dépenses brutes de R-D y atteignant 115 milliards USD (en termes de PPA) en 2005, contre 227 milliards USD pour l’Union européenne (selon des chiffres provisoires) ou encore 118 milliards pour le Japon en 2005.

Les statistiques du commerce extérieur des quatre principales économies émergentes (Brésil, Russie, Inde et Chine – les « BRIC ») montrent qu’elles ont développé leur activité dans des secteurs de plus haute technologie au cours de la dernière décennie. De 1996 à 2004, la part des produits de haute technologie dans les produits manufacturés des BRIC a doublé pour atteindre quelque 30 % de leur commerce extérieur total (exportations plus importations).

Il convient de noter que l’essentiel de cette augmentation est imputable à la Chine. Toutefois, la majeure partie des exportations chinoises de produits de haute technologie est à porter au crédit d’entreprises étrangères qui se servent de la Chine comme lieu d’implantation de certaines composantes de leur réseau global de production. Si l’on se replace dans le contexte de la priorité et des capacités croissantes consacrées à l’innovation, de l’expansion de la R-D et de l’affirmation du capital humain des BRIC, en particulier de la Chine, on voit bien que le défi lancé aux pays de l’OCDE par l’affirmation de ces grandes économies de marché émergentes va certainement gagner en intensité.

Parallèlement, l’émergence de ces économies ouvre de vastes perspectives pour les pays de l’OCDE, car ces économies sont synonymes de nouveaux marchés pour les produits innovants et d’accès à une offre nouvelle de travailleurs très qualifiés.

Même si, au vu de ces évolutions, il devient d’autant plus urgent pour les pays de l’OCDE de passer à un stade supérieur de la chaîne de valeur, nombre d’entre eux ont du mal à améliorer leurs performances en matière d’innovation. Par exemple, les progrès réalisés dans ce domaine dans le cadre de la stratégie de Lisbonne de l’Union européenne ont été lents. De nombreux pays de l’OCDE n’ont guère amélioré leurs performances en matière de productivité, malgré les opportunités nouvelles apportées par la mondialisation et les nouvelles technologies, notamment les TIC. En particulier, au Japon, en Australie et en Nouvelle-Zélande, le niveau de la productivité est très en-deçà des pays les plus performants de la zone de l’OCDE et ils n’ont pas sensiblement comblé leur retard au cours de la dernière décennie.

Lecture thématique :

Innovation et accès aux services de santé

 

Marchés ouverts et investissement

L’existence d’un environnement ouvert pour l’investissement international a été très précieuse pour l’économie mondiale en termes de création d’emplois, de gains d’efficience pour l’allocation de ressources et de progrès social et environnemental. Que ce soit par le biais de fusions ou d’acquisitions ou de projets entièrement nouveaux, les investissements étrangers apportent de l’argent frais et des connaissances supplémentaires, des emplois, une amélioration de la gouvernance et des perspectives plus sûres pour des collectivités entières. En tant que dépositaire des instruments internationaux relatifs à l’investissement, l’OCDE supervise depuis plus de 40 ans les progrès de la libéralisation.

Cela étant, les préoccupations relatives à la sécurité et à d’autres intérêts nationaux essentiels gagnent en importance. Les récentes opérations de rachat transnationales ont nourri des craintes pour l’emploi et la protection sociale, d’où des propos sur les champions nationaux, le patriotisme économique, etc. De nombreux pays ont pris des mesures pour sauvegarder leurs intérêts essentiels, mesures qui, sans être nécessairement « protectionnistes », trouvent néanmoins un écho considérable dans l’opinion.

Certains pays européens ont montré leur malaise devant des fusions internationales dans des secteurs aussi divers que la sidérurgie, la banque, l’énergie ou les routes à péage et certains ont pris des initiatives d’ordre réglementaire. Aux États-Unis, on a découragé le rachat d’une petite compagnie pétrolière et de la gestion d’une partie de ses installations portuaires ; le Congrès étudie les moyens de filtrer plus rigoureusement les projets d’investissement. La Chine a récemment durci ses procédures de fusion-acquisition transnationale. Les autorités russes et indiennes sont en train de revoir leur position sur le contrôle d’entreprises sensibles par des intérêts étrangers. Enfin, nous assistons à une résurgence des expropriations dans certains pays d’Amérique du Sud.

L’un des motifs d’inquiétude réside dans la montée en puissance d’investisseurs dynamiques venus des économies émergentes (comme la Chine, l’Inde et la Russie) dont la réglementation et les normes de comportement des entreprises diffèrent de celles de la plupart des pays de l’OCDE.

Il en coûte cher de se tromper dans ce domaine. Même si les pouvoirs publics ont la responsabilité de préserver la sécurité nationale, céder aux sirènes nationalistes et protectionnistes se paie au prix fort. Face à de telles mesures défensives, les autres pays risquent en effet d’y voir des mesures protectionnistes et de commencer à durcir leurs propres régimes d’investissement.

Ériger des obstacles à la propriété des entreprises par des intérêts étrangers va entraver le financement des nouveaux investissements, brider les gains d’efficience des entreprises et décourager l’innovation. En matière d’investissement, le protectionnisme est synonyme de ralentissement du rythme du développement durable.

Pour contribuer à relever ces défis, l’OCDE a lancé une initiative intitulée « Liberté d’investissement, sécurité nationale et secteurs ‘stratégiques’ ». Il s’agit là d’une démarche logique puisque l’OCDE est la seule organisation internationale à avoir adopté des instruments multilatéraux consacrés à l’investissement : le Code de la libération des mouvements de capitaux, qui prévoit l’accès au marché aux investisseurs non résidents et la Déclaration de l’OCDE sur l’investissement international et les entreprises multinationales qui comporte l’engagement d’accorder un traitement national non discriminatoire aux investisseurs étrangers. L’idée de ces engagements est d’étendre les avantages de ces instruments à tous les pays et pas seulement à ceux qui participent au dispositif. De plus, neuf pays non membres de l’OCDE ont adhéré à la Déclaration et un certain nombre d’autres sont en train de s’y rallier.
Le but de la nouvelle initiative, lancée en 2006, est d’encourager les pays adhérents à exprimer plus clairement leurs préoccupations en matière de sécurité et d’engager un dialogue fédérateur avec les grands intervenants hors OCDE. Des économies non membres de l’OCDE comme l’Afrique du Sud, le Brésil, la Chine, l’Inde et la Russie sont déjà convenues de s’y associer.

Lecture thématique :

 

Innovation sur les marchés financiers

Le fonctionnement des marchés des capitaux peut avoir une incidence importante sur la croissance économique et l’équité. Un fonctionnement satisfaisant de ces marchés permet d’acheminer efficacement les fonds des épargnants vers les investisseurs, de diversifier les risques des ménages et de générer des informations sur les projets d’investissement envisagés et en cours. De ce fait, l’épargne, ressource rare, est affectée aux projets d’investissement qui offrent des rendements élevés aux investisseurs individuels comme à la société dans son ensemble, notamment parce qu’ils favorisent l’innovation.

Le développement financier est largement tributaire de l’innovation et de la concurrence sur les marchés des capitaux ainsi que d’une protection appropriée des investisseurs. Par ailleurs, les obstacles à la concurrence dans le secteur bancaire ont tendance à entraver le développement du secteur financier et, par conséquent, la croissance économique. Les indicateurs de concurrence font apparaître des différences considérables selon les pays, et laissent entendre qu’un renforcement de la concurrence permettrait d’obtenir des gains d’efficience considérables. Il est particulièrement frappant de constater la faible pénétration des institutions étrangères sur le marché des crédits dans la banque de détail de la zone euro, malgré les efforts de l’Union européenne pour renforcer l’intégration financière.
 Les secteurs industriels qui sont les plus dépendants des financements externes font apparaître en général une croissance plus rapide dans les pays qui disposent des systèmes financiers les plus élaborés. En outre, les secteurs les plus dépendants des sources de financement externe sont généralement ceux qui investissent le plus dans la recherche développement (R D) : c’est le cas, par exemple, des produits pharmaceutiques, des biens d’équipement électronique et des produits dérivés du pétrole. Le marché des capitaux à haut risque, notamment le capital investissement et les sources de financement moins formelles telles que l’intervention « d’investisseurs providentiels » jouent un rôle essentiel dans le financement de l’innovation.

L’investissement en capital risque est relativement limité dans la plupart des pays d’Europe et du Japon par comparaison avec l’Amérique du Nord, le Royaume Uni et les Pays Bas.
L’investissement dans l’innovation serait encouragé par des marchés du capital risque plus profonds et plus efficients ainsi que par un accès plus facile au financement extérieur. Les différences entre pays quant à la disponibilité et/ou à l’utilisation de capital risque peuvent résulter d’attitudes culturelles différentes à l’égard de l’esprit d’entreprise et de la prise de risque mais elles s’expliquent également par des politiques qui découragent la prise de risque et l’offre de capital risque.

L’amélioration de l’information concernant les actifs intellectuels pourrait également contribuer à améliorer l’affectation des capitaux. La concurrence sur les marchés des capitaux encourage déjà les sociétés à améliorer leurs pratiques en matière de communication d’informations et de gestion en ce qui concerne les actifs intellectuels. Toutefois, les bonnes pratiques n’ont pas été largement diffusées entre les sociétés et les pays, et les gouvernements pourraient encourager cette diffusion, dans des conditions qui soient fondées sur des principes solides, certaines entreprises de pointe ayant déjà montré la voie à cet égard.

La réforme des marchés des capitaux peut également stimuler l’innovation et la croissance, notamment en contribuant à réduire les déficits de financement auxquels doivent faire face certaines petites entreprises novatrices.

L’une des questions controversées ces derniers temps parmi les opérateurs sur le marché et les responsables politiques est l’émergence des sociétés non cotées et de certains fonds spéculatifs comme propriétaires actifs. La stratégie de ces investisseurs consiste généralement à accroître la valeur de leur investissement par un engagement actif dans les différentes sociétés. Cet engagement peut consister à exiger des changements dans la gestion, dans la composition du conseil d’administration, dans la structure du capital de la société et dans la stratégie à long terme. Cela peut avoir une incidence importante sur la croissance et l’équité, notamment par les conséquences qui en résultent pour les salariés et les investisseurs. Compte tenu de l’importance croissante des entreprises non cotées et des fonds spéculatifs qui adoptent une attitude active, l’OCDE a lancé une discussion concernant leur rôle dans la mise en place d’un gouvernement d’entreprise approprié sur la base des Principes de gouvernement d’entreprise de l’OCDE.

Lecture thématique :

 

Innovation, équité et investissement dans la région MENA


Infrastructure d'ici 2030 : croissance, innovation et financement

Les performances à long terme des économies de l’OCDE et même de l’économie mondiale, vont dépendre pour une bonne part de l’existence d’infrastructures adéquates pour soutenir la croissance et le développement social. Il s’agit là d’un gigantesque défi pour les pouvoirs publics et les entreprises de toute la planète. D’ici 2030, les besoins annuels d’investissement dans les infrastructures des secteurs de l’énergie, du transport routier et ferroviaire, des télécommunications et de l’eau devraient s’établir en moyenne aux alentours de 3.5 % du produit intérieur brut (PIB) mondial.

Une part importante de ces investissements sera entreprise dans le monde en développement où des pays comme la Chine, l’Inde et le Brésil vont consacrer des milliards de dollars aux infrastructures en vue de soutenir leurs économies en pleine expansion et de satisfaire les aspirations croissantes de leurs populations. Cela étant, malgré leur rythme de croissance sensiblement inférieur ces dernières décennies, les pays de l’OCDE vont eux aussi devoir investir massivement pour entretenir, moderniser ou remplacer leurs infrastructures existantes (et souvent vieillissantes) et pour préserver leur compétitivité internationale. Dans les pays de l’OCDE en particulier, les investissements dans les infrastructures vont se heurter à une série de tendances fondamentales de long terme. Il s’agit notamment des tensions croissantes sur les finances publiques liées au vieillissement démographique, des impératifs de l’expansion des échanges internationaux, des conséquences du changement climatique et des attentes grandissantes quant à la qualité de l’environnement. Les préoccupations en matière de fiabilité et de sécurité vont sans doute aussi prendre de l’importance à l’avenir. Même si l’on observe une convergence et une interdépendance croissantes entre les différents domaines des infrastructures – les télécommunications jouant un rôle particulièrement important dans la gestion des infrastructures et des services connexes des secteurs de l’électricité, des transports et de l’eau – cette interdépendance croissante rend également ces secteurs plus vulnérables aux défaillances techniques, à la congestion et au non-respect des normes de sécurité.

Les conséquences de ces tendances pour les modalités de construction et d’exploitation des infrastructures de nos jours risquent d’être considérables. Par exemple, il faudra recourir à des approches plus innovantes de financement par le secteur privé, y compris diverses formules de partenariats public-privé, ainsi qu’aux fonds de pension et aux grands investisseurs institutionnels. En outre, le rôle de la tarification va prendre un tour de plus en plus essentiel dans tous ces secteurs des infrastructures, ne serait-ce que pour lutter contre la congestion, mieux gérer la demande ou lever les fonds nécessaires aux investissements. Les infrastructures relevant du secteur public, qui dépendent actuellement fortement des recettes fiscales et des crédits budgétaires (par exemple, dans le transport routier) devront plus s’en remettre à d’autres et peut-être nouvelles sources de financement (comme les redevances d’utilisation).

Selon toute vraisemblance, on assistera aussi dans le domaine des infrastructures à un gonflement de la demande de mécanismes viables de décision stratégique qui lient l’efficacité de la planification sur le long terme à des sources d’investissement fiable et de long terme. Il faudra aussi procéder à un déploiement plus large et plus intelligent des nouvelles technologies qui permettent une utilisation plus efficace et plus efficiente des systèmes d’infrastructures existants.

Enfin, les pouvoirs publics devront intensifier leur coopération internationale pour améliorer l’efficience, la fiabilité et la sécurité des biens, des services et des informations circulant dans les infrastructures transnationales. S’ils veulent que les infrastructures continuent de servir de points d’appui pour obtenir des performances économiques saines et viables, les pouvoirs publics devront inscrire leur planification, leur développement et leur financement dans une perspective de long terme.

Lecture thématique :

Discussion thématique : préoccupations de la société face à la mondialisation

La mondialisation constitue le moteur de la croissance au niveau international. Selon un récent rapport de la Banque mondiale, elle pourrait induire, au cours des 25 prochaines années, une progression des revenus moyens plus rapide qu’au cours de la période 1980-2005, les pays en développement jouant un rôle essentiel à cet égard. Cependant, la mondialisation doit être gérée avec prudence pour faire en sorte que ses avantages soient bien répartis et qu’elle n’aille pas de pair avec un renforcement des inégalités de revenus et des pressions exercées sur l’environnement.

L’un des problèmes posés résulte du fait que si, dans l’ensemble, les effets économiques à long terme de la mondialisation sont positifs, la perception immédiate qu’en ont, au niveau local, un grand nombre de  personnes est négative. Beaucoup de citoyens s’inquiètent de l’incidence de la mondialisation sur le niveau de vie et la sécurité de l’emploi, bien que selon l’interprétation par l’OCDE des données disponibles, cette incidence dépende en fait de la qualité des politiques nationales.

Par exemple, la réduction des obstacles à la création d’entreprises améliore la capacité de l’économie à saisir les nouvelles opportunités résultant d’une intégration accrue de l’économie mondiale. Des politiques nationales appropriées ont un rôle important à jouer en termes de renforcement de la mobilité des salariés, d’amélioration de leurs qualifications et d’application d’une garantie de ressources appropriée, face à l’intensification des pressions qui s’exercent sur les décideurs pour qu’ils s’adaptent au changement technologique ainsi qu’à ce nouveau contexte.

Dans ces conditions, l’un des défis que doivent relever les responsables politiques relève de la communication – il s’agit de faire apparaître aux citoyens les avantages d’une économie innovante et mondialisée, comme aussi évents que ses coûts à court terme.

 

Éducation, équité et croissance

 

Changement climatique : des paroles aux actes

 

Système d'échanges multilatéral : les défis à venir 

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