Revue économique de l'OCDE No. 33, 2001/2

Andrea Bassanini et Stefano Scarpetta

Ce document analyse les liens entre la croissance économique et les politiques et les institutions dans les pays de l'OCDE sur la base de régressions en coupe transversale et en séries temporelles. Une approche économétrique nouvelle permet aux paramètres de court terme et à la vitesse de convergence de varier d'un pays à l'autre, en accord avec la plupart des models théoriques, alors que seuls les paramètres de long terme sont contraints à être communs. Au-delà du rôle «primaire» joué par l'accumulation du capital physique et humain, les résultats confirment l'importance pour la croissance de l'activité de R-D, du cadre macroéconomique, ainsi que de l'ouverture aux échanges et du développement des marchés financiers. Les résultats confirment que les variables de politique économique influencent la croissance économique non seulement par le biais d'une allocation efficiente des facteurs de production, mais aussi indirectement par l'accumulation du capital.

Jonathan Temple

Ce document passe en revue les études empiriques consacrées aux effets de l'éducation et du capital social sur la croissance. Il porte principalement sur les données relatives aux pays de l'OCDE, mais fait également un tour d'horizon rapide d'informations empruntées à l'économie du travail afin de préciser les aspects pour lesquels il peut être relativement utile d'utiliser des données macroéconomiques pour réaliser les travaux empiriques sur l'éducation. En définitive, les données internationales récentes tendent à montrer que l'éducation a sur la productivité des effets favorables au moins aussi importants que ceux recensés par les spécialistes de l'économie du travail. Les conséquences de cette situation sont également examinées. Enfin, le présent document examine la documentation nouvelle sur les avantages du capital social. Celle-ci se trouvant encore à un stade embryonnaire, il est d'autant plus difficile d'en dégager des conclusions pour l'action des pouvoirs publics.

R-D et croissance de la productivité : analyse des données d'un panel de 16 pays de l'OCDE

Dominique Guellec et Bruno van Pottelsberghe de la Potterie

Cette étude analyse les effets de long terme de différents types de R-D sur la croissance de la productivité totale des facteurs, qui sont les effets « spillover » de la R-D. Les estimations économétriques sont conduites sur un panel de 16 pays de l'OCDE sur la période 1980-98. Les résultats obtenus sont des moyennes sur l'ensemble des pays et des années, ils ne reflètent pas les spécificités nationales. Les principaux résultats sont les suivants. Un supplément de 1 pour cent de R-D des entreprises engendre une croissance de 0.13 pour cent de la productivité. Cet effet est plus fort dans les pays où les entreprises ont une intensité R-D plus élevée, et dans les pays où la part des financements gouvernementaux liés à la défense est plus faible. Un supplément de 1 pour cent de R-D étrangère engendre une croissance de 0.46 pour cent de la productivité, cet effet est plus fort dans les pays où les entreprises réalisent plus de R-D. Un supplément de 1 pour cent de R-D publique engendre une croissance de 0.17 pour cent de la productivité. Cet effet est plus fort dans les pays où la part des universités (par opposition aux laboratoires gouvernementaux) est plus élevée, dans les pays où le poids de la R-D liée à la défense est plus faible, et dans les pays où les entreprises réalisent plus de R-D.

Paul Schreyer et Dirk Pilat

Cette étude examine les principaux problèmes rencontrés lors du calcul d'indicateurs de productivité. Elle fournit également des pistes aux chercheurs et aux statisticiens pour résoudre ces problèmes. Elle se fonde sur le Manuel de la productivité de l'OCDE et sur les travaux récents de l'OCDE dans ce domaine. Elle traite tout un ensemble de thèmes liés à l'estimation de la croissance de la productivité, notamment le choix d'un indicateur représentatif de la production (production brute ou valeur ajoutée), l'estimation de cette production, le rôle des facteurs travail et capital, ainsi que les problèmes liés au calcul d'indices. Elle passe ensuite en revue les estimations de l'OCDE relatives à la productivité ainsi que les principaux aspects du calcul de ces estimations, y compris la meilleure façon d'opérer les conversions entre devises. La dernière section est consacrée à l'interprétation des indicateurs de productivité, aux applications les plus fréquentes des résultats et aux principaux écueils à éviter. L'étude conclut que des progrès substantiels ont été réalisés ces dernières années pour rendre plus comparables les statistiques de productivité. Cependant, les données de base de nombreux pays constituent encore le principal obstacle à la construction d'indicateurs comparables de productivité. En outre, il faut que les statisticiens, les chercheurs et les décideurs soient mieux informés sur les utilisations et l'interprétation qui peuvent être faites des statistiques de productivité.

Dave Turner, Laurence Boone, Claude Giorno, Mara Meacci, Dave Rae et Pete Richardson

Cette étude commence par une revue du cadre conceptuel des différentes mesures du chômage structurel et des autres méthodes empiriques qui ont été utilisées pour estimer ces mesures. A partir de là, elle expose une méthode pour estimer, au moyen du filtre de Kalman, les NAIRU variables dans le temps dans un ensemble de pays de l'OCDE. Elle analyse ensuite les estimations économétriques qui en résultent et la possibilité de les affiner davantage, compte tenu des nombreuses incertitudes liées à l'estimation. Elle expose les évolutions récentes des estimations du NAIRU : elles ont régressé dans de nombreux pays au cours de la deuxième moitié des années 80, bien que le chômage effectif soit demeuré largement supérieur au NAIRU dans une majorité de pays pendant la plus grande partie de la décennie, particulièrement en Europe. En dernière partie, elle explique l'intérêt des mesures du chômage structurel pour l'analyse des évolutions de l'inflation et de la politique monétaire.

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