La fragilité du système éducatif à Haïti

Par Carlos Sousa Oliveira et Mónica Amaral Ferreira, ICIST/IST, Portugal

 

Six mois après le tremblement de terre qui a secoué Haïti en janvier 2010, où en est le pays ? Il est urgent que les écoles, en particulier, fonctionnent à nouveau : pour un grand nombre d’Haïtiens, l’éducation est pour ainsi dire le seul moyen d’échapper à la pauvreté.

 

En janvier 2010, Haïti a été secoué par un tremblement de terre qui a dévasté ce pays pauvre. Le dernier séisme de cette magnitude remontait à près de 250 ans. Depuis, Haïti était davantage préoccupée par les ouragans de plus en plus fréquents que par les tremblements de terre qui progressivement s’effaçaient de la mémoire collective. C’est pour cette raison, et pour faire face aux contraintes économiques, que depuis les années 1950 les constructeurs utilisent des blocs de ciment de qualité médiocre pour soutenir deux à trois étages de plaques lourdes de béton armé qui n’offrent presque aucune protection antisismique. Ceci, associé aux sols et aux conditions topographiques défavorables, explique l’étendue de la catastrophe : plusieurs milliers de structures se sont effondrées, parmi lesquelles les écoles haïtiennes. Selon le Ministère de l’Éducation, 1 234 écoles ont été détruites et 2 504 ont été endommagées [1]. Les meilleures universités d’Haïti sont en ruines ; le principal institut de formation en soins infirmiers a disparu, ainsi que l’école nationale de médecine.

 

L’éducation n’était pas une priorité pour les gouvernements précédents : le pays manque d’écoles, de matériel pédagogique et d’enseignants qualifiés et sept habitants sur dix en Haïti sont illettrés. Déjà avant le tremblement de terre, 25 % des zones rurales ne possédaient pas d’écoles et près de 500 000 enfants en âge d’aller à l’école n’étaient pas scolarisés, en grande partie parce que leurs parents avaient besoin qu’ils travaillent ou simplement parce qu’ils n’étaient pas en mesure de payer les frais de scolarité. Environ 90 % des écoles haïtiennes sont petites et privées (gérées par un ordre religieux et basées en milieu urbain) [2].

 

Peu après le tremblement de terre, le Portugal a envoyé une équipe de chercheurs à Haïti afin d’évaluer son impact social et les défis auxquels le pays est confronté en matière d’ingénierie. Six mois après la catastrophe, elle a constaté que l’essentiel des décombres n’avait pas été déblayé et qu’aucune décision majeure, ou presque, n’avait été prise en ce qui concerne les plans de développement et la réorganisation. Un nombre limité de contrats de reconstruction avait été alloué. Cependant, nombre de petits établissements d’enseignement primaire et secondaire avaient rouvert et les élèves, élégamment vêtus de leurs uniformes scolaires, avaient refait surface dans la rue. Les enfants comme la population générale montraient une grande résilience. Après tout, Haïti a connu bien d'évènements dévastateurs. 


   

Pour ces étudiants, la vie continue.


© Mónica Amaral Ferreira

 

 

Cet évènement tragique fournira-t-il l’occasion de construire de meilleures écoles et de créer un système d’éducation public valide qui répondra aux besoins d’Haïti ? C’est le souhait des Haïtiens qui sont nombreux à penser que l’éducation est le seul moyen d’échapper à la pauvreté.


   

Au coeur du chaos : derniers ajustements
avant d’aller à l’école


© Mónica Amaral Ferreira

 

 

Pour cela, dans les années à venir, Haïti devra introduire des changements significatifs dans son système d’éducation : elle devra améliorer la qualité de l’enseignement, former de meilleurs enseignants, mettre en place des programmes de bourses permettant aux étudiants haïtiens d’étudier à l’étranger et, encore plus important, créer un grand nombre d’établissements publics. Les efforts de reconstruction, ainsi que la conviction du gouvernement, devront être sans précédent. 
 
Pour en savoir plus, contacter :
Carlos Sousa Oliveira
ICIST/IST (Instituto de Engenharia de Estruturas, Território e Construção, Instituto Superior Técnico, T U Lisbon)
Av. Rovisco Pais

1049-001 Lisboa

Portugal
csoliv@civil.ist.utl.pt

 

Mónica Amaral Ferreira
ICIST/IST

Av. Rovisco Pais

1049-001 Lisboa

Portugal
monicaf@civil.ist.utl.pt

 

[1] http://www.oecd.org/dataoecd/53/12/45673065.pdf
[2] http://ricks.foreignpolicy.com/posts/2010/01/29/haiti_watch_education_after_the_quake

 

Haut de la page

A l'affiche

Voir la nouvelle brochure du CELE pour en savoir plus sur les activités du Centre et ce qu'il offre à ses membres.

Brochure sur le CELE
Brochure en Espagnol

Revue sur les environnements pédagogiques efficaces

Encore plus d'informations et de bonnes pratiques.

CELE Exchanges, avril 2012

Dans les médias

De nombreuses écoles s'écroulent dû à des erreurs dans la conception et la construction des bâtiments.

Assurer la sûreté scolaire