Revue économique de l'OCDE No. 27, 1996/II

Gouvernement d'entreprise, concurrence et performance

Colin Mayer

Cet article donne un aperçu des interrelations entre gouvernement d'entreprise, concurrence sur les marchés de produits et performance à travers les principaux "modèles" de gouvernement d'entreprise dans les pays de l'OCDE. On fera valoir dans cet article que les incitations, la discipline et le financement des entreprises ne sont pas les caractéristiques fondamentales qui différencient les systèmes financiers. Par contre, il en ressort que les différences entre modes de propriété et de contrôle influent fortement la formulation, la mise en ceuvre et l'adaptation de la stratégie des entreprises. Les structures d'actionnariat et de contrôle influencent la concurrence sur les marchés de produits. La concentration de l'actionnariat qui peut être nécessaire du point de vue des relations entre les parties prenantes risque d'entraver la concurrence sur les marchés des produits.

George Symeonidis

Cet article passe en revue la littérature empirique concernant les liens entre innovation, structure de marché et taille de l'entreprise. Il montre le manque de preuves en faveur des hypothèses schumpetériennes selon lesquelles l'innovation serait stimulée par la puissance du marché et l'existence de grosses sociétés. Cependant, des liens positifs entre concentration/taille et activité innovante peuvent s'établir sous certaines conditions, parmi lesquelles l'existence de coûts fixes élevés par projet individuel, les économies d'échelle et les difficultés à s'approprier les rentes liées à l'innovation. Des travaux empiriques récents semblent indiquer que l'intensité de la R-D et la structure du marché sont déterminées conjointement par la technologie, les caractéristiques de la demande, le cadre institutionnel, l'interaction stratégique, et le hasard.

Joaquim Oliveira Martins, Stefano Scarpetta et Dirk Pilat

Cette étude présente les estimations des écarts entre les prix et les coûts marginaux pour 36 industries manufacturières et sept secteurs de services dans 14 pays de l'OCDE. Elle applique une méthodologie récemment mise au point et conclut que les marges positives sont courantes, tant dans l'industrie manufacturière que dans les services. Le niveau des marges estimées peut en partie être lié aux conditions de concurrence suivant la typologie de la structure de marché. L'étude présente également des éléments en faveur d'un comportement anticyclique des marges, fournissant une explication possible à l'évolution procyclique de l'emploi et des salaires réels.

Concurrence, productivité et efficience

Dirk Pilat

Cet article est consacré à un examen des données statistiques concernant les écarts de productivité entre pays et à une analyse des liens entre la productivité et la concurrence. On constate que l'inefficience et le manque de productivité sont largement répandus dans l'industrie et les services dans l'ensemble de la zone de l'OCDE. Les écarts de productivité et de taux de croissance apparaissent liés au degré de concurrence auquel les secteurs sont confrontés. La concurrence internationale constitue un facteur important dans la hausse de la productivité mais les facteurs internes jouent également un rôle. Des taux élevés d'entrée sur le marché apparaissent favorables à la productivité alors qu'une forte concentration ne l'est pas. Dans les services, les réglementations étatiques ont souvent pour effet de limiter sensiblement la concurrence et la croissance de la productivité.

Maitland MacFarlan et Howard Oxley

Cette étude porte sur les principaux transferts de revenus effectués par les gouvernements au profit des personnes en âge de travailler. La première partie examine les raisons qui expliquent les différences de dépenses des programmes de transfert au cours des années et selon les pays. Il en ressort que les différences dans les conditions d'admissibilité et les droits à prestations ont généralement un impact plus important que les caractéristiques des risques et de la population concernée. De plus, les conditions d'admissibilité qui sont le reflet d'objectifs économiques et de la gestion des programmes, semblent souvent plus importantes que le niveau des prestations pour expliquer la structure des dépenses. On retrouve ces résultats dans la deuxième partie de l'étude qui donne un bref aperçu des réformes de politiques économiques qui pourraient permettre d'atteindre de façon plus efficiente les objectifs des programmes.

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Documents de travail du Département des affaires économiques

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