Cet article examine l'incidence d'une persistance de déficits budgétaires et d'une politique monétaire restrictive sur l'efficacité de la politique budgétaire. Une telle asymétrie dans le dosage des politiques budgétaire et monétaire peut entraîner une accumulation de la dette publique et augmenter le coût du service de la dette. De plus, quand l'accumulation de l'endettement sert à financer la consommation et crée des déséquilibres croissants entre les bons émis par l'Etat et d'autres actifs financiers des portefeuilles privés, cette asymétrie peut provoquer une pressionà la hausse sur les taux d'intérêt. Ainsi, l'impact de la politique budgétaire aurait tendance à baisser a moyen terme.
Gerald Holtham
Le modèle économique mondial du Secrétariat de l'OCDE détermine les taux de change et les mouvements de capitaux en utilisant une nouvelle démarche fondée sur "l'équilibre des portefeuilles", qui fait dépendre les mouvements de capitaux des différentiels de taux d'intérêt et des anticipations relatives aux taux de change. En comptabilisant de manière compatible quoique agrégée les mouvements de capitaux entre tous les pays de l'OCDE et le reste du monde, ce modèle détermine simultanément dix-sept taux de change. Cet article indique les estimations obtenues pour le système. Des techniques d'estimation par équations simultanées et des restrictions des paramètres par souci de cohérence internationale sont utilisées et une importante "prime de risque" est identifiée selon laquelle les taux de change dépendent des positions nationales nettes en actifs étrangers.
Philip Turner et Jean-Pierre Tuveri
Cet article analyse les conséquences des récentes mesures qui visent à restreindre les exportations japonaises. L'examen du volume total des exportations, des livraisons par produit et par branche aboutit à la conclusion que ces mesures, contrairement à d'autres formes de restriction commerciale, ont eu tendance à augmenter les prix à l'exportation. Etant donné que ces prix ont été ajustés pour compenser partiellement les variations des taux de change, les variations du cours du yen n'ont plus les mêmes conséquences macro-économiques. Il ressort aussi de cette étude que les investissements directs des entreprises japonaises à l'étranger s'expliquent surtout par le souci d'éviter des "frictions commerciales".
James H. Chan-Lee et Hiromi Kato
Cette analyse compare tes caractéristiques de simulations de seize modèles économétriques en exploitation. Elle confronte les questions théoriques actuelles avec des preuves empiriques. Les sujets traités sont, notamment, "l'éviction", la neutralité de la monnaie, les ventilations prix/production, l'alternative inflation/chômage et les influences comparées des politiques monétaires et budgétaires avec différents régimes de taux de change. Au risque de donner une description simpliste, on dira que les caractéristiques de ces modèles sont principalement d'inspiration "éclectique-keynésienne". Les mécanismes de transmission monétaire et les processus d'anticipation sont relativement simples et secondaires. Peu d'entre eux contiennent spécifiquement des effets de stock ou de patrimoine et aucun ne reflète les dernières thèses relatives aux anticipations ou aux effets de l'offre.
Dans la comptabilité économique, la mesure du revenu repose sur des transactions effectives ou imputées et ne prend pas en considération les plus-values ou les moins-values réelles des actifs et passifs monétaires, bien que celles-ci apparaissent avec une régularité prévisible dans un contexte inflationniste. Dans la pratique, les agents économiques sont parfaitement conscients de ces plus-values et moins-values et ils en tiennent compte sans doute systématiquement quand ils prennent des décisions en matière de consommation et d'épargne. Ainsi, le schéma du comportement des consommateurs qui se dégage des comptes nationaux est probablement faussé, surtout en période d'accélération ou de ralentissement de l'inflation, exagérant le rôle d'une baisse de l'inflation dans l'augmentation de la consommation des ménages.