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Les évaluations et recommandations suivantes sont extraites du chapitre 1 de l'Etude économique de la zone euro 2007, publiée le 4 janvier 2007.
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La reprise se confirme et s’affermit
Les données économiques les plus récentes sont encourageantes et augurent bien de l’avenir immédiat. Le redressement de l’activité est manifestement en cours et certains signes donnent à penser qu’il commence à s’étendre au secteur des ménages. Au premier semestre de 2006, la croissance a largement dépassé son potentiel, dans une large mesure sous l’impulsion d’un raffermissement de l’investissement des entreprises. Il semblerait que la demande d’investissement qui avait été refoulée en 2005 en raison d’incertitudes économiques et politiques commence à se manifester. La reprise est générale, la plupart des pays membres enregistrant un rythme d’expansion soutenu. La croissance de l’emploi s’est aussi raffermie, quoique de façon modérée, et le taux de chômage est passé sous la barre des 8 %. Bien que la confiance des entreprises et des consommateurs soit légèrement en retrait par rapport aux sommets atteints au milieu de 2006, son niveau est assez élevé. Les entrées en carnets de commande sont soutenues et les perspectives concernant l’emploi sont plus saines qu’elles ne l’ont été depuis de nombreuses années. Globalement, on peut donc s’attendre à court terme à des taux de croissance égaux ou légèrement supérieurs au taux potentiel. Dans un avenir plus lointain, la durabilité de la reprise dépendra de la réaction des consommateurs et des progrès réalisés au niveau des réformes structurelles. La propension à dépenser des consommateurs devrait s’accroître à condition qu’il n’y ait plus de choc négatif, mais l’expansion de la consommation pourrait être freinée par une croissance salariale relativement modeste. En outre, le rythme de consommation ne sera peut-être pas très régulier dans la mesure où, en Allemagne, la consommation va sans doute se ressentir du relèvement de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) en janvier 2007. Il va sans dire que, comme toujours, certains risques ne peuvent être totalement écartés, notamment un ralentissement plus prononcé que prévu aux États Unis, une nouvelle flambée des prix du pétrole, un effondrement de l’activité de construction en cas de détérioration des marchés immobiliers et une appréciation brutale de l’euro en cas de réalignement des taux de change face aux déséquilibres des balances courantes à l’échelle mondiale. D’un autre côté, les prix du pétrole pourraient aussi baisser, ce qui aurait pour effet d’accroître les revenus réels et la consommation, et il se pourrait que l’on sous-estime la fermeté du redressement de l’investissement. Cela étant, la perspective la plus probable est que la croissance va rester légèrement supérieure à son potentiel, si bien que la marge de capacité inutilisée devrait être complètement résorbée au plus tard en 2008, ce qui pourrait faire resurgir les contraintes du côté de l’offre. Une reprise qui s’auto-entretient dépendra également de la volonté des pays de la zone euro de poursuivre les réformes structurelles qui améliorent l’offre, en particulier celles qui renforcent la participation de la population active, la concurrence et l’innovation. Elles sont nécessaires pour s’attaquer au talon d’Achille de la zone : une croissance potentielle faible.
On peut se demander pourquoi il a fallu si longtemps pour que la reprise se confirme. D’autres économies de l’OCDE ont surmonté plus facilement les turbulences internationales. Certes, la zone euro a eu plus fort à faire à la suite de l’appréciation de l’euro et une confiance affaiblie, lesquelles ont peut-être été provoquées partiellement par les incertitudes politiques, notamment celles concernant les réformes économiques. Mais n’empêche que la résilience relativement faible, due aux rigidités structurelles, a entravé la capacité de l’économie de rebondir rapidement après un choc négatif. En outre, les marchés sont plus flexibles dans certains pays que d’autres, si bien que les politiques macroéconomiques ont des effets différents suivant les cas. Une flexibilité insuffisante empêche la zone euro de recueillir pleinement le bénéfice de l’union économique et monétaire. Persévérer dans la mise en œuvre des Programmes nationaux de réforme conçus dans le cadre de la Stratégie de Lisbonne révisée devrait permettre de pallier une bonne partie de ces déficiences.
L’union économique et monétaire a eu des effets globalement positifs
La monnaie unique a incontestablement eu des effets positifs. Elle vise essentiellement deux objectifs : assurer la stabilité des prix et favoriser l’intégration économique. S’agissant du premier objectif, elle a manifestement atteint son but, notamment dans les pays qui s’étaient caractérisés par une forte inflation et une politique monétaire erratique. L’inflation s’est stabilisée et les anticipations d’inflation ont conservé leur point d’ancrage en dépit des fortes fluctuations des prix de l’énergie.
Divergences entre croissance et inflation
Taux de croissance annuelle moyen, 2000-05, en pourcentage

1. Sauf pour le Canada, les États Unis et le Japon pour lesquels il s'agit de la hausse de l'IPC.
Source : OCDE, Comptes nationaux des pays de l’OCDE – base de données en ligne et Perspectives économiques de l’OCDE : Statistiques et prévisions – base de données en ligne.
Pour ce qui est du second objectif, l’union économique et monétaire a encouragé l’intégration économique, mais les progrès ont été plus ou moins prononcés suivant les domaines. Les cycles économiques sont aujourd’hui mieux synchronisés et l’éventail des taux de croissance et d’inflation observés dans les différents pays de la zone euro est comparable aux disparités régionales existant dans d’autres parties de la zone OCDE, par exemple entre les différents États ou provinces des États Unis, du Canada et de l’Australie. La politique monétaire unique ne peut s’attaquer à toutes ces divergences entre pays de la zone euro. Or, les divergences dans les résultats sont beaucoup plus persistantes dans la zone, principalement parce que les taux de croissance potentielle sont très différents. Par ailleurs, on observe aussi des écarts de taux d’inflation persistants, caractéristique qui semble propre à l’Union monétaire européenne. La question de savoir s’il s’agit là d’une tendance préoccupante dépend de ses causes profondes, lesquelles doivent être analysées pays par pays. Ainsi, des écarts d’inflation provoqués par un processus de rattrapage ne sont pas problématiques tant qu’ils s’accompagnent de gains de productivité dans le secteur exportateur. En outre, les niveaux des prix dans la zone euro ont tendance à converger en moyenne, et non à diverger. En revanche, plus préoccupant est le fait que, dans quelques pays, les coûts unitaires de main d’œuvre ont dépassé la moyenne de la zone, ce qui détériore en définitive la compétitivité et la croissance.
Les liens commerciaux, financiers et d’investissement se renforcent
Opérations de prêt transfrontalières des institutions financières
En pourcentage du total des prêts

Source : BCE.
L’union monétaire a aussi encouragé un resserrement des liens économiques par le biais des échanges commerciaux. Des analyses empiriques donnent à penser que l’UEM a engendré une augmentation de 5 à 15 % des échanges commerciaux de la zone euro jusqu’ici et que ses effets à long terme pourraient être plus marqués encore. Cependant, les échanges internes de services restent très limités. À cet égard, la future directive de services constituerait un pas positif quoique plus d’ambition aurait été préférable. De telles réformes du marché de produits permettraient d’évincer les rentes économiques en relançant la concurrence dans les secteurs abrités. Les marchés financiers sont de plus en plus intégrés depuis 1999, notamment en ce qui concerne les opérations de gros volume. En revanche, les opérations avec la petite clientèle et les marchés hypothécaires restent segmentés, essentiellement en raison des différences dans les réglementations nationales, mais de nombreuses initiatives sont en cours pour remédier aux problèmes. Enfin, l’investissement direct entre membres de la zone euro n’a que légèrement augmenté en proportion de l’investissement direct total, malgré des signes encourageants récents d’une reprise des activités de fusions et acquisitions transfrontalières.
L’un des enseignements les plus importants que l’on peut tirer des premières années d’union économique et monétaire est que les économies résilientes prospèrent en général, alors que celles qui sont affectées de rigidités rencontrent des difficultés. Le principal mécanisme d’équilibrage automatique – la compétitivité – a mis du temps à agir, d’où une croissance en dents de scie dans certains pays ou une activité déprimée dans d’autres. Il importe de bien garder cette leçon à l’esprit au moment où l’Union se lance dans un important processus d’élargissement, avec l’adhésion de la Slovénie en 2007 et l’arrivée prévue de plusieurs autres pays au cours des prochaines années. Par conséquent, la priorité, pour les membres actuels et futurs, consisterait à assurer des marchés flexibles et concurrentiels afin de favoriser un ajustement rapide en cas de choc économique et une réaction plus efficace sur le plan de la politique macroéconomique. Les principaux impératifs sont les suivants :
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Assouplir la législation relative à la protection de l’emploi pour les contrats de travail réguliers dans les pays où elle entrave l’ajustement à des chocs permanents, et surtout lorsqu’elle a abouti à l’apparition d’un marché du travail à deux vitesses.
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Accroître la flexibilité des salaires. La tenue des négociations salariales au niveau des entreprises, et non des branches, ainsi qu’un resserrement du lien entre salaires et productivité permettraient aux entreprises d’absorber les chocs en ajustant les salaires plutôt que leurs effectifs et inciteraient davantage les travailleurs à améliorer la productivité parce qu’ils pourraient en tirer profit. Il faudrait éliminer les sources de rigidités salariales, comme l’extension administrative (lorsque des accords de salaire spécifiques à un secteur sont étendus à d’autres secteurs de l’économie) et l’indexation implicite ou explicite, ou tout au moins, on devrait s’assurer que l’évolution des salaires est étroitement liée à la productivité. Des réformes des systèmes de protection sociale, notamment un durcissement des critères d’accès aux prestations et de recherche d’emploi, conjuguées à la mise en place de services d’aide à l’insertion plus efficaces, pourraient rendre les salaires plus sensibles à la situation du marché du travail.
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Réduire les obstacles à la mobilité des travailleurs, notamment grâce à la transférabilité des droits à pension et à la reconnaissance des diplômes.
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Réduire l’inertie de l’inflation. Stimuler la concurrence en supprimant les réglementations qui ne sont pas nécessaires sur les marchés de produits et en abaissant les obstacles aux échanges intra-zone permettrait de réduire les prix et rendrait le taux d’inflation plus sensible à la demande. La modération salariale actuelle aurait plus de chances de se répercuter sur les prix à la consommation au lieu d’être absorbée dans une augmentation des marges bénéficiaires.
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Ouvrir davantage les marchés financiers. La politique monétaire aurait plus d’impact si les opérations avec la petite clientèle étaient soumises à une concurrence plus vive et si des réformes de la réglementation permettaient aux propriétaires de logements d’emprunter plus facilement en cas de détérioration de la conjoncture. En outre, il est probable que les pays coordonneraient davantage leur action et, avec un secteur financier plus intégré, l’économie serait moins vulnérable aux cycles du crédit.
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La Synthèse (en pdf) contient le résumé et les évaluations et recommandations de l'OCDE.
Pour consulter l'édition complète de l'Etude économique de la zone euro 2007 :
Informations complémentaires
Des informations complémentaires sur cette Etude peuvent être obtenues auprès du Bureau de l'UE du Département des affaires économiques de l'OCDE à eco.survey@oecd.org. Ce rapport du Secrétariat de l'OCDE a été préparé par David Rae et Boris Cournède sous la direction de Peter Hoeller.
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