La croissance s’accélère plus que prévu mais les risques augmentent aussi, selon les Perspectives économiques de l’OCDE

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26/05/2010 - L’activité économique dans les pays de l’OCDE se redresse plus rapidement que prévu, mais la volatilité des marchés de la dette souveraine et la surchauffe des économies de marché émergentes font peser des risques croissants sur la reprise, selon les dernières Perspectives économiques de l’OCDE.

Le produit intérieur brut (PIB) global des pays de l’OCDE devrait augmenter de 2.7 % cette année et de 2.8 % en 2011. Ces chiffres s’inscrivent en hausse par rapport aux prévisions précédentes, datant de novembre 2009, qui s’établissaient respectivement à 1.9 % pour 2010 et 2.5 % pour 2011.

Aux Etats-Unis, l’activité semble devoir progresser de 3.2 % cette année et de 3.2 % également en 2011. Dans la zone euro, la croissance devrait atteindre 1.2 % cette année et 1.8 % l’an prochain, tandis qu’au Japon, le PIB enregistrera vraisemblablement une augmentation de 3.0 % en 2010 et de 2.0 % en 2011.


PIB - % d'évolution par rapport à l'année précédente

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Les échanges commerciaux progresseront à nouveau. La croissance vigoureuse observée en Chine et dans d’autres économies de marchés émergentes contribue à tirer les autres pays hors de la récession. Cependant, les risques de surchauffe et d’inflation s’accentuent parallèlement dans ces économies émergentes. Une rechute après une phase de forte expansion n’est pas à exclure, exigeant un resserrement plus marqué des taux d’intérêt dans des pays comme la Chine et l’Inde, avec pour conséquence une croissance ralentie dans les autres régions. Une plus grande flexibilité dans les taux de change pourrait atténuer en partie les pressions qui s’exercent sur la politique monétaire en Chine et offrir une plus grande marge de manœuvre pour faire face à l’inflation domestique, selon l’OCDE. 

L’instabilité de la dette souveraine constitue un autre risque important. Elle a mis en lumière la nécessité, pour la zone euro, de consolider son architecture institutionnelle et opérationnelle. Des mesures plus ambitieuses doivent être prises pour renforcer la discipline budgétaire, selon les Perspectives. Plusieurs pays prennent déjà des mesures d’action avancées pour améliorer la crédibilité des programmes de consolidation fiscale, ce qui est bienvenu.

« Il s’agit d’un moment critique pour l’économie mondiale », a déclaré le Secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurria. Des efforts internationaux coordonnés ont permis d’empêcher une grave récession mais nous restons confrontés à d’énormes défis. De nombreux pays de l’OCDE doivent à la fois soutenir une reprise toujours fragile et adopter un modèle fiscal plus durable. Nous devons également tenir compte des retombées des politiques nationales. Nous devons plus que jamais maintenir la coopération à un niveau international ». (Lire le discours - anglais)

Compte tenu de l’endettement considérable de nombreux pays de l’OCDE et du raffermissement de la reprise, il est nécessaire de mettre fin, au plus tard en 2011, aux mesures budgétaires exceptionnelles prises par les pouvoirs publics face à l’urgence de la crise. Cela étant, le rythme auquel ces mesures seront démantelées devra être déterminé en fonction de la situation de chaque pays et de l’état de ses finances publiques.

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Soutenir la croissance avec des budgets qui se resserrent requiert de coordonner les mesures macroéconomiques, financières et structurelles. Les réductions de dépenses ou les augmentations d’impôts devront être ciblées sur les domaines où elles risquent le moins de nuire à la croissance. Des règles budgétaires pourraient renforcer la crédibilité des programmes d’assainissement des finances publiques. Dans la même perspective, des réformes doivent être mises en œuvre sur les marchés des produits et du travail afin de stimuler la concurrence.

Alors que l’activité économique se redynamise, la croissance de l’emploi reste à la traîne. Les effectifs de chômeurs ont augmenté de 16 millions au cours des deux dernières années dans les pays de l’OCDE. Selon les Perspectives, le taux de chômage a probablement atteint en ce moment son point le plus haut, soit 8.5 % en moyenne pour l’ensemble des pays de l’OCDE, et il ne semble devoir diminuer que lentement sur le court terme. Par ailleurs, les pays doivent laisser la place dans leurs budgets à des programmes efficaces du marché du travail visant à venir en aide aux travailleurs ayant le plus de risques d’être exposés au chômage de longue durée.

Taux de chômage - en % de la population active

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Les Perspectives présentent également des scénarios jusqu’en 2025 montrant que sans décisions politiques fortes la croissance restera médiocre, le chômage et les déficits fiscaux élevés et les déséquilibres persistants. A l’inverse, un ensemble combiné de mesures mis en place à partir de 2011 s’appuyant sur une consolidation budgétaire dans les pays de l’OCDE ainsi que des réalignements des taux de change dans la plupart des pays du monde pourraient ajouter 0.2 % à la croissance mondiale et à celle des pays de l’OCDE par rapport au scénario de base.

La conférence de presse ainsi que des analyses et informations détaillées sur les pays sont disponibles à : www.oecd.org/perspectiveseconomiques. Pour obtenir un exemplaire des Perspectives sous forme de fichier pdf, les journalistes sont invités à contacter Rebecca.karnovitz@oecd.org.

L'économiste en chef de l'OCDE, Pier Carlo Padoan, parle des risques pesant sur la reprise et des défis que devront relever les gouvernments (en anglais).

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