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Le Forum de l’OCDE de cette année est consacré au thème « Équilibrer la mondialisation » et aux réformes nécessaires pour remédier aux déséquilibres internationaux et pour parvenir à un monde meilleur et plus prospère.
Nous convenons tous qu’il fait mettre en œuvre des mesures de nature à stimuler la croissance et l’emploi pour assurer la stabilité de l’économie et améliorer ses performances. Des questions comme l’enseignement, l’investissement dans l’innovation et la recherche, la cohésion sociale, les échanges, les marchés de capitaux, les approvisionnements énergétiques, la protection de l’environnement sont autant de thèmes particulièrement intéressants sur lesquels nous pourrons avoir des échanges de vue et mettre en commun des pratiques exemplaires.
Nos invités viennent de nombreux pays et de milieux divers : responsables politiques, journalistes, dirigeants d’entreprises, représentants syndicaux, universitaires, banquiers, scientifiques, organisations non gouvernementales. Nous allons ainsi pouvoir entendre des points de vue divers sur les questions que nous allons aborder.
La mondialisation ne doit pas être perçue comme une menace, notamment pour la sécurité de l’emploi, mais plutôt comme un enjeu pour parvenir à un monde plus prospère. Nous vivons dans un monde marqué par plusieurs déséquilibres —finances publiques, paiements courants, marché du travail— dont certains ne sont même pas supportables à moyen terme. L’ampleur des déficits extérieurs de certains pays ainsi que les excédents de leurs partenaires commerciaux et des pays producteurs de pétrole peuvent en effet constituer un menace pour la stabilité économique mondiale. Bref, nous devons remédier à ces déséquilibres de façon efficace sans créer de problèmes supplémentaires dans nos économies.
L’intégration dans l’économie mondiale des économies de marchés émergentes à bas salaires pousse les pays de l’OCDE à mettre en œuvre des ajustements structurels en leur sein. Alors que les pays émergents augmentent leur part des marchés mondiaux de produits et de services, l’essentiel de la pression de la concurrence se porte sur les secteurs à fort besoin en main d’œuvre. La délocalisation des emplois dans ces secteurs vers des pays émergents en est une des conséquences.
Toutefois, la globalisation a également des effets positifs. En augmentant leur productivité, les entreprises réussissent à rester compétitives. Les consommateurs dans les pays développés, quant à eux, bénéficient des biens à bas prix provenant des pays émergent. De cette manière, la globalisation ne mène pas nécessairement à une diminution des salaires réels dans les pays de l’OCDE. En effet, elle peut contribuer à maintenir voire même à élever le pouvoir d’achat des habitants de ces pays.
Nous, au sein de l’Union européenne, entendons accroître le potentiel de croissance de nos économies et lutter contre le chômage et l’exclusion sociale dans un cadre de développement durable. Il s’agit là des principales ambitions de la Stratégie de Lisbonne qui a été relancée. Nous nous attachons à un certain nombre de priorités : instaurer une discipline budgétaire viable, rendre le climat des affaires plus attrayant, promouvoir la recherche, le développement et l’innovation, moderniser les marchés du travail et renforcer la cohésion sociale.
L’OCDE elle-même a un rôle important à jouer dans nos efforts pour régler les problèmes et trouver des solutions viables tout en préservant le consensus social le plus large possible. Cela suppose, de la part de l’Organisation, à la fois d’améliorer son fonctionnement et de renforcer ses relations de travail avec d’autres pays dans le monde.
La plupart d’entre nous vivent dans des économies fondées sur le savoir. Le savoir intégré dans les actifs intellectuels tend à devenir déterminant pour les performances et la croissance économiques des entreprises et des pays. Nous devons veiller à la diffusion de leurs effets bénéfiques dans toute l’économie en préservant l’équilibre entre contrôle juridique et diffusion du savoir.
Compte tenu des récentes hausses des prix du pétrole, il devient encore plus urgent d’examiner et de régler la question du renforcement de la sécurité des approvisionnements énergétiques tout en veillant à la viabilité de l’environnement.
En ce qui concerne les négociations sur le Programme de Doha pour le développement, nous devons rester optimistes quant à la possibilité de parvenir à une issue heureuse des négociations sur ce programme d’ici la fin de 2006. Obtenir un résultat équilibré et viable dans ce domaine est possible et cela serait un gage de prospérité pour l’économie mondiale, mais surtout pour les pays les plus pauvres de la planète.
Les marchés de capitaux sont devenus déterminants pour les performances économiques globales. Leur fonction diffère sensiblement selon les pays du point de vue de la taille, de la structure, de la concurrence et du dispositif de réglementation. Nous devons instaurer une concurrence plus efficace, abolir les obstacles tout en continuant d’assurer la protection des investisseurs.
En Europe, la région du sud-est présente un intérêt particulier. Un nouveau groupe d’économies émergentes, affichant un souci affirmé de convergence avec le reste du continent, y fait preuve d’un dynamisme impressionnant et d’une volonté d’exploiter sa position géographique essentielle entre l’Est et l’Ouest, le Nord et le Sud. Cette région se transforme en un lieu accueillant et prometteur pour l’activité des entreprises. Elle apporte de la stabilité financière, une main-d’œuvre qualifiée, un environnement favorable pour les entreprises et un climat agréable.
A travers toutes ces questions, nous nous trouvons face au grand défi qui consiste à aider l’opinion publique à comprendre et à accepter les changements d’orientation nécessaires. L’enjeu est d’exploiter pleinement les avantages de la mondialisation. L’enjeu est d’instaurer un monde plus prospère. Cela suppose du courage politique, de la volonté et une coordination internationale de l’action des pouvoirs publics. Nous n’avons pas de temps à perdre, il nous faut agir.
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