Création de marchés pour la biodiversité

La création de marchés fait référence à "la levée des obstacles au commerce et l’attribution de droits de propriété clairement définis en vue de créer des marchés où les produits et services issus de la biodiversité puissent s’échanger en vue de réaliser pleinement leurs valeurs potentielles. Crée des incitations à l’utilisation durable des ressources".


La création de marchés par la suppression des obstacles aux échanges et l’attribution de droits de propriété bien définis repose sur le postulat que les détenteurs rationnels de ces droits chercheront à maximiser la valeur de leurs ressources au fil du temps. Le raisonnement sous-jacent est le suivant : si les ressources de la biodiversité sont ainsi privatisées, leur conservation et utilisation durable sera mieux assurée que sous des régimes de libre accès, dans le cadre desquels les utilisateurs se livrent souvent à une exploitation à court terme, selon le principe du "premier arrivé, premier servi".

 

Ce raisonnement s’applique aisément aux ressources de la biodiversité qui peuvent être négociées à titre privé sur un marché, comme les stocks de poissons d’intérêt commercial, les viandes, peaux et autres produits commercialisables d’origine animale, ou encore le bois et les produits forestiers non ligneux à valeur commerciale. Par conséquent, l’attribution de droits de propriété bien définis est une pratique courante dans le domaine des pêcheries commerciales, sous la forme de contingents individuels transférables, ainsi que dans celui de la foresterie. L’inconvénient peut-être le plus grave de l’attribution de droits de propriété à des particuliers ou à des groupes, en tant que mesure encourageant la préservation et l’exploitation durable de la biodiversité, tient au fait que les propriétaires de ressources ne sont encouragés à appliquer des méthodes de gestion durable qu’aux éléments de la biodiversité qui peuvent faire l’objet d’une appropriation privée. La valeur d’existence d’espèces dénuées de valeur commerciale et les écosystèmes environnants ne seront pas pris en considération sans la mise en place de réglementations ou de mesures d’incitation supplémentaires.

 

Ceci dit, la maximisation de la valeur actuelle nette des activités privées s’accompagne parfois de retombées favorables, bien que celles-ci ne concernent que les éléments du développement durable dont la valeur peut faire l’objet d’une appropriation privée ou qui sont intrinsèquement liés à de tels éléments. Les revenus privés tirés des zones boisées sont, par exemple, souvent maximisés par l’entretien à long terme de la forêt aux fins de la production continue de bois, ce qui a aussi pour externalité positive de réaliser la valeur d’existence de la forêt.



 

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