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Les évaluations et recommandations suivantes sont extraites du chapitre 1 de l'Etude économique du Danemark 2006, publiée le 9 mai 2006.
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La performance économique est impressionnante…
L'économie danoise est en excellente forme, récoltant les fruits de 25 années de réforme bien gérée qui ont assuré des politiques macroéconomiques saines, un marché du travail flexible et un environnement réglementaire favorable à la concurrence. Des facteurs temporaires, comme les recettes tirées de l'exploration pétrolière, ont aussi contribué à la bonne santé des finances publiques. Après quelques années de faible croissance, l'économie a commencé de se redresser à la fin de 2003 et s'est accélérée pour atteindre un taux de croissance du PIB de 3 % en 2005. La consommation privée, les exportations et l'investissement sont en expansion. La confiance des consommateurs frôle son plus haut niveau depuis les records enregistrés il y a trois décennies. Le chômage est tombé à un creux historique et les entreprises s'attendent encore à embaucher davantage dans la plupart des secteurs de l'économie. Jusqu'ici, l'inflation des salaires a été remarquablement faible, mais cette situation pourrait changer rapidement, car des pénuries de main-d'œuvre sont manifestes dans la construction et pourraient s'étendre à d'autres secteurs.
… mais on peut craindre une situation de surchauffe à court terme…
Si l'économie danoise se porte bien, un PIB progressant à un rythme bien supérieur à son potentiel en 2005 et un écart de production nul exigent une vigilance immédiate face à un risque de surchauffe. Les prix des logements ont fortement progressé et ont majoré la croissance de la consommation d'environ un demi point chaque année par le biais des effets de patrimoine et de la pratique de l'hypothèque rechargeable. Avec l'accélération récente des hausses des prix dans l'immobilier, la consommation privée et la construction de logements pourraient être très dynamiques jusqu'en 2007. En outre, ni le commerce mondial ni l'investissement ne donnent de signes d'affaiblissement Les salaires devraient augmenter un peu plus rapidement que la productivité l'an prochain et l'expérience observée dans d'autres petites économies montre qu'un scénario de surchauffe pourrait très vite s'instaurer. Il est impossible de resserrer la politique monétaire de façon autonome car, avec le régime de changes fixes, elle est de facto déterminée par la BCE, et elle continuera vraisemblablement de jouer un rôle d'entraînement. Dans ce contexte, les décideurs doivent être très attentifs à la façon dont l'économie évolue et se montrer prêts à agir sans délai pour atténuer le risque de surchauffe. Les domaines ci-après devraient faire l'objet d'une attention particulière:
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En général, les stabilisateurs automatiques fonctionnent bien et la réaction conjoncturelle du solde budgétaire est la plus marquée des pays de l'OCDE, encore que, récemment, l'impôt immobilier ait été gelé en termes nominaux pour chaque logement. Actuellement, seul l'impôt foncier, moins important, évolue au gré des revalorisations, ne freinant que très légèrement l'envolée des prix de l'immobilier.
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Certains pays exportateurs de pétrole, comme la Norvège, lissent les recettes qu'ils tirent du pétrole en les versant dans des fonds spéciaux, qui font office de pare-feu entre l'économie et les fluctuations des cours. Le Danemark n'a pas établi de fonds de ce type et garde l'ensemble des recettes pétrolières dans le budget, ce qui cause d'amples variations du solde budgétaire. Il faudrait utiliser ces recettes temporaires pour réduire la dette publique et éviter une croissance excessive des dépenses publiques notamment pour les communes.
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Le marché du travail est plus flexible que dans la plupart des pays de l'OCDE, mais plusieurs facteurs freinent encore les ajustements. Les procédures administratives pour les entreprises souhaitant employer des étrangers des nouveaux États membres de l'UE ont été quelque peu assouplies, mais la réglementation reste pesante. Les lourds impôts marginaux sur le travail s'appliquent à partir de niveaux de revenu moyens et réduisent l'incitation à travailler davantage d'heures lorsque les salaires augmentent. La longue durée de versement des indemnités de chômage, en particulier pour les seniors, pourrait réduire l'intensité de la recherche d'emploi.
…et des problèmes se poseront à long terme
À terme, le vieillissement réduirait la croissance du PIB par habitant pour la ramener à moins de 1 % par an, contre une moyenne de 1¾ % durant les vingt années ayant précédé 2005. Au cours des 30 prochaines années, la population active devrait se contracter de 10 %, si les taux d'activité restent inchangés, amenant l'économie dans un régime tout à fait différent de celui des décennies récentes, qui était caractérisé par une croissance régulière de la population active. Les effectifs des enfants et des plus de 65 ans augmenteront d'un quart par rapport à ceux des actifs. Si les politiques actuelles sont maintenues, le solde du budget primaire se dégradera de 4 % du PIB au cours des trois prochaines décennies. Dans ce contexte, il faudra surmonter trois difficultés à moyen terme pour éviter un scénario de faible croissance:
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Il sera difficile de maintenir la société de bien-être d'aujourd'hui sans réformes profondes visant à augmenter l'offre de main-d'oeuvre. L'accroissement des effectifs d'actifs améliore grandement les finances publiques dans les pays où les impôts sont élevés et les prestations sociales généreuses.
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Pour doper les niveaux de vie, il est capital que le Danemark continue de tirer pleinement parti de la mondialisation, le capital humain et l'innovation jouant un rôle central à cet égard.
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Des réformes sont nécessaires également dans les domaines qui sont à l'abri de la concurrence internationale, mais où les inefficiences freinent néanmoins le développement, entraînent des coûts inutiles pour les budgets publics et limitent la mobilité et la flexibilité. Un de ces domaines est celui du logement -- thème traité dans le chapitre spécial de la présente Etude - où, malgré un certain progrès, il faut réduire encore les subventions et la réglementation.
La politique monétaire pourrait rester trop expansionniste dans le proche avenir
Le régime de changes fixes, qui reflète l'orientation monétaire de la Banque centrale européenne, reste favorable au Danemark. Il est très crédible, comme en témoignent les fluctuations modérées de la couronne autour de sa parité centrale par rapport à l'euro ainsi que les écarts minimes de taux d'intérêt. Le fait que la politique budgétaire a été maintenue jusqu'ici sur les rails, évitant la déstabilisation de l'économie, a aussi joué un rôle. Au stade actuel, avec une forte expansion au Danemark et une sous-utilisation considérable des capacités dans la zone euro, les taux directeurs de la BCE sont bien inférieurs au niveau qui serait approprié pour le Danemark et ils devraient le rester dans le proche avenir, exerçant une stimulation qui ne sera pas nécessaire durant les deux prochaines années. En outre, au cours de la dernière décennie, les modifications structurelles du marché hypothécaire ont progressivement modifié le fonctionnement de la politique monétaire. En particulier, l'incidence des taux d'intérêt à court terme sur l'économie réelle a été plus marquée. Cela tient vraisemblablement au recours accru à des prêts à taux variable, qui a accru l'exposition des ménages aux variations des taux d'intérêt à court terme, ainsi qu'à la formule de l'hypothèque rechargeable, favorisée par l'augmentation des prix des logements en période de faibles taux d'intérêt. Le bas niveau actuel des taux devrait donc avoir un effet plus important sur la demande globale et l'activité économique que cela n'a été le cas précédemment. Partant, afin d'équilibrer les politiques économiques, il sera indispensable de durcir la politique budgétaire et de prendre des mesures pour accroître l'élasticité de l'offre dans l'économie afin de contrebalancer l'impulsion monétaire, actuellement excessive.
Il faut en priorité assurer la viabilité budgétaire et ensuite alléger les impôts
Le Danemark a beaucoup progressé sur la voie de la réduction de la dette et a enregistré un excédent budgétaire de près de 4 % du PIB en 2005. La dette nette des administrations publiques était revenue à juste 10 % du PIB à la fin de 2005, contre environ 30 % du PIB il y a dix ans, et elle sera probablement éliminée d'ici à 2010. La résorption des dettes anciennes permet d'aborder dans une position plus favorable le problème du vieillissement. À terme, il faudra s'attacher à mettre en œuvre de véritables réformes pour prolonger la durée du travail. Il conviendrait de revoir la stratégie budgétaire à moyen terme en visant de légers excédents, sous réserve que les initiatives en cours parviennent à atténuer les pressions budgétaires à moyen terme. Cette stratégie devra être mise en œuvre avec vigilance. Il faudrait ensuite poursuivre les réformes afin de permettre les réductions d'impôts nécessaires à la valorisation du travail. Cependant, le choix du moment est important afin d'éviter une surchauffe de l'économie. Malgré l'excédent actuel, un assouplissement de la politique budgétaire n'est pas possible dans le court terme. Le gel des impôts a réussi à mettre fin à l'envolée des taux d'imposition sur le revenu à l'échelon municipal, et il est important, en parallèle, de brider la croissance des dépenses des communes.
Bien que l'objectif du gel des impôts -- à savoir mettre un terme à la spirale à la hausse des dépenses et des recettes publiques -- soit tout à fait louable, le fait qu'il soit interprété de façon étroite deviendra de plus en plus problématique car il empêche une véritable restructuration de l'ensemble du régime d'imposition. Par exemple, il faudrait faire en sorte que l'imposition sur le revenu entraîne moins de distorsions grâce à une réforme neutre sur le plan des recettes qui viserait à augmenter l'impôt immobilier, tout en diminuant les taux d'imposition sur le revenu, au niveau intermédiaire ou supérieur. Cela améliorerait considérablement les incitations à travailler, tout en ne modifiant que de façon marginale la distribution des revenus. Cette réforme devrait être envisagée dans le cadre d'une réforme plus large de l'imposition du capital, avec laquelle les taux d'imposition effectifs sur le rendement réel varient de 25 à 100 % pour deux titres identiques, le premier étant détenu dans un régime de pension et l'autre étant détenu sous forme d'investissement liquide. En particulier l'écart entre le taux de 33 % applicable à la déductibilité des intérêts (élevé par rapport aux autres pays) et l'impôt de 15 % sur le produit des placements des fonds de pension semble encourager la planification fiscale. Tôt ou tard, une réforme de l'impôt sera fort probablement nécessaire face à l'évolution de la mobilité, des marchés financiers et d'autres facteurs. L'actuel plafonnant de la taxe immobilière pour chaque logement au taux nominal où elle se situait en 2001 et 2002 ne saurait être une solution appropriée à long terme, car l'éloignement de l'objectif de neutralité s'accentue progressivement.
Le Danemark a bénéficié énormément de l'ouverture
Les niveaux de vie d'aujourd'hui n'auraient guère pu être atteints si l'on n'avait pas tiré parti des avantages procurés par les nouvelles technologies et de la spécialisation découlant de l'ouverture du pays et de la division internationale du travail. S'il veut continuer d'exploiter pleinement les avantages de l'ouverture, le Danemark doit redynamiser son système d'enseignement et susciter de plus grandes interactions entre les universités et les entreprises dans le domaine de la R D. Les autres politiques, comme les réglementations du marché du travail et des produits, sont déjà plus favorables à l'ajustement que dans la plupart des pays de l'OCDE, et l'essentiel est donc de rechercher des moyens d'améliorer le capital humain et d'augmenter l'offre de main-d'œuvre qualifiée. La R D du secteur des entreprises a enregistré une hausse tendancielle depuis le milieu des années 90, atteignant 2 % du PIB en 2004 et des subventions spéciales ou des crédits d'impôt ne sont pas justifiés. Selon les récentes propositions du gouvernement, la R-D publique devrait représenter 1 % du PIB en 2010, des aides supplémentaires étant accordées sur une base concurrentielle.
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La Synthèse (en pdf) contient le résumé et les évaluations et recommandations de l'OCDE.
Pour consulter l'édition complète de l'Etude économique de l'OCDE du Danemark 2006:
Informations complémentaires
Des informations complémentaires sur cette Etude peuvent être obtenues auprès du Bureau du Danemark du Département des affaires économiques de l'OCDE à webmaster@oecd.org. Ce rapport du Secrétariat de l'OCDE a été préparé par Felix Hüfner et Espen Erlandsen sous la direction de Andreas Wörgötter.
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