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Pour réduire les émissions de CO2, le gouvernement britannique se propose de mettre en service 200 « écoles vertes » sans émission nette de carbone dans les trois prochaines années. Mukund Patel précise comment le DfES (ministère britannique de l’Éducation et des Compétences) construit les écoles de demain.

Alors que le changement climatique suscite des discours alarmistes, les responsables de l’éducation prennent des mesures positives pour offrir un avenir plus vert aux 7 millions d’élèves que compte le Royaume-Uni.
Dans le cadre du programme BSF (Building Schools for the Future) et du programme pour les écoles primaires, le DfES encourage la conception d’« écoles vertes » qui offrent un environnement pédagogique à la fois stimulant et écologique.
Mukund Patel, responsable de la School Capital (Assets) Division (division du patrimoine immobilier scolaire) du DfES est intervenu à la 3e conférence annuelle de GovNet sur l’éducation. Il est enthousiasmé par cette occasion, selon lui, exceptionnelle de renouveler les bâtiments scolaire sur tout le territoire.
M. Patel fait observer que 15 % des émissions de dioxyde de carbone dont est responsable le secteur public britannique sont imputables aux bâtiments scolaires. Sachant que les écoles sont au nombre 24 000 dans le pays, qu’elles ont largement recours aux ordinateurs et sont souvent utilisées le soir et le week-end, l’importance de leur consommation d’énergie n’a rien de surprenant.
L’État s’est engagé à consacrer 4.5 milliards GBP par an à la construction d’établissements scolaires, contre 600 millions GBP dix ans plus tôt, et ce budget devrait atteindre 8 milliards GBP par an d’ici 2010. « Nous tenons, déclare M. Patel, à nous doter de constructions qui non seulement plaisent aux élèves et à la population locale en stimulant leur ardeur et leur inspiration, mais aussi qui soient écologiques et aient un faible impact sur l’environnement. »
Les écoles de demain
Il s’agit là d’un projet d’envergure. Le programme BSF, déjà en cours, va s’étendre sur 15 ans et prévoit de remplacer les bâtiments de plus de 50 % des établissements secondaires par des constructions neuves. Quelque 72 LEA (autorités scolaires locales) et 1 000 établissements sont déjà concernés. Les premières écoles BFS ouvriront leurs portes dans l’année. Parallèlement, le programme pour les écoles primaires débutera en 2009/10 et débloquera 400 millions GBP par an pour la transformation de 8 400 bâtiments destinés à des enfants plus jeunes. Parmi ces bâtiments, 5 % environ seront des écoles « vertes » flambant neuves. Quelque 800 écoles ont déjà été complètement rénovées ou reconstruites.
Le défi majeur pour les LEA, les architectes et les constructeurs est de répondre aux critères retenus dans la grille d’évaluation (BREEAM, Building Research Establishment Environmental Assessment Method), afin d’obtenir la mention « très bien » pour les écoles neuves ou rénovées. Le DfES souhaite que plusieurs écoles obtiennent la mention « excellent », et il prête également attention aux bâtiments « carboneutres ».

Selon les explications de M. Patel, « la méthode d’évaluation BREEAM porte non pas uniquement sur le rendement énergétique, mais aussi sur une multitude d’autres aspects environnementaux. Exemple : si une école se trouve à proximité d’un moyen de transport en commun, une station de métro ou un arrêt de bus par exemple, il en est tenu compte dans son évaluation au motif qu’elle contribue à éviter le transport en voiture. Certaines écoles, il est vrai, n’ont pas cette possibilité ».
« Notre objectif à long terme, poursuit M. Patel, est de construire des établissements qui respectent la carboneutralité. Certes, cela ne sera pas aisé. En Angleterre, trois projets de démonstration écologique sont en cours dans des établissements secondaires. Nous espérons qu’ils obtiendront la mention "excellent" dans l’évaluation BREEAM, et l’un d’entre eux pourrait même être carboneutre. »
Conception moderne
Nombre des principes fondamentaux de la conception écologique des établissements scolaires, comme l’optimisation de l’éclairage et de la ventilation naturels, une bonne isolation, etc. sont peut-être incontournables dans un souci de rendement énergétique. Mais outre la réduction de leur consommation, les établissements devront utiliser des sources d’énergie renouvelables de nature à alimenter le réseau en électricité, en installant par exemple des éoliennes fonctionnant jour et nuit. Le recyclage est encouragé et la collecte des eaux de pluies peut constituer un projet intéressant pour les élèves, tandis que la production d’électricité au moyen de panneaux solaires peut être affichée sur des écrans à cristaux liquides.
M. Patel a jugé remarquable l’attitude des élèves face à l’évolution progressive des prestations scolaires. « Les enfants s’intéressent réellement à l’environnement. C’est le monde dans lequel ils doivent vivre. Les scolariser dans un établissement écologique, c’est aussi adresser le bon message aux générations futures » affirme-t-il.
« Cela étant, la viabilité écologique ne concerne pas uniquement la construction ; elle devrait faire partie intégrante des apprentissages. Nous voulons que les élèves et les enseignants apportent leur concours à la conception et à la construction de leur nouvel établissement car ils doivent utiliser ces bâtiments jour après jour. Nous aimerions également que les autorités impliquent la population locale qui, elle aussi, utilisera ces installations. »
Des constructions durables
Tandis qu’à l’école, l’avenir plus écologique s’apprend, à l’extérieur d’autres souhaitent vivement apporter eux aussi leur concours. Les LEA affichent leur volonté de protéger l’environnement et l’industrie du bâtiment s’emploie à démontrer sa capacité à construire des installations adéquates – certaines grandes entreprises ont même recruté des experts en développement durable.
Un autre des objectifs clés du programme est d’assurer la viabilité à long terme des bâtiments scolaires. « Beaucoup d’écoles victoriennes ont plus de 100 ans et sont malgré cela toujours en service et en bien meilleur état que certaines écoles en préfabriqué, des années 50 et 60, qui elles sont délabrées » déclare M. Patel.
« Il est essentiel de construire des installations qui durent car on ne saurait continuer à les remplacer tous les 20 à 40 ans ; ce n’est pas là faire très bon usage des ressources. Nous avons élaboré, en collaboration avec des architectes renommés, 11 modèles de conception, définissant le type de bâtiments dont nous avons besoin. »
« Dans le cadre d’un programme appelé "les classes de demain", nous avons aussi conçu 26 projets, en laissant carte blanche aux architectes et aux LEA pour la création d’espaces d’apprentissage innovants. Il est important de tirer ces leçons à mesure que nous progressons. »

Mukund Patel
Cet article a été publié dans le numéro de mai 2007 de Moderngov, © GovNet Communications.
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