Pour réduire le nombre de tués sur la route, des mesures énergiques s’imposent à l’égard des jeunes conducteurs

29/09/2006 - Selon un nouveau rapport, il faudrait que les jeunes consacrent plus de temps à l’amélioration de leurs aptitudes à la conduite avant d’obtenir leur permis et que les autorités, dans le cadre d’une stratégie visant à réduire le nombre de tués de la route, instaurent une période probatoire et abaissent le seuil de tolérance à l’égard de la consommation d’alcool chez les conducteurs novices.

Le rapport intitulé Jeunes conducteurs : la voie de la sécurité, publié par l’OCDE et la Conférence européenne des Ministres des transports (CEMT), met en évidence les accidents de la route comme étant, de loin, la première cause de mortalité chez les jeunes de 15 à 24 ans dans les pays industriels.

Les personnes en âge de conduire mais de moins de 25 ans représentent environ le dixième de la population des pays de l’OCDE, mais plus du quart des conducteurs tués sur les routes. En outre, des études réalisées aux états-Unis et aux Pays‑Bas indiquent que pour 10 jeunes conducteurs tués dans ces deux pays, 13 passagers ou autres usagers de la route meurent également dans les mêmes accidents.

Les jeunes conducteurs masculins constituent la catégorie de conducteurs la plus exposée au risque.  La probabilité qu’ils meurent dans un accident de la route est trois fois plus élevée que pour les jeunes conductrices. Le risque posé par les jeunes conducteurs masculins a en fait augmenté dans plusieurs pays au cours des dix dernières années, même si le nombre de tués sur les routes chaque année continue de diminuer dans l’ensemble de la zone OCDE. Au Royaume-Uni, par exemple, le risque de mourir dans un accident était en 1994 un peu plus de 4.5 fois plus grand pour un jeune conducteur masculin que pour un conducteur âgé de plus de 30 ans. En 2002, il avait augmenté et il était 7 fois plus grand, et l’on a constaté des aggravations comparables aux Pays‑Bas et en Suède.

Alors, que peuvent faire les pouvoirs publics pour rendre les jeunes conducteurs plus prudents ? Voici quelques-unes des recommandations du rapport :

  • Obliger les jeunes conducteurs à passer plus de temps à conduire en compagnie d’un conducteur expérimenté, en plus des leçons de conduite devant les préparer à passer l’examen de conduite. Lorsque la Suède a abaissé de 17 ans ½ à 16 ans l’âge minimum pour la conduite accompagnée en 1993, le nombre d’heures de conduite accompagnée est passé d’environ 45 heures à, en moyenne, 120 heures, et le nombre d’accidents impliquant de jeunes conducteurs novices est tombé de 40 % en deux ans.
  • Imposer un taux d’alcoolémie maximum de 0.2 g/l pour les conducteurs novices, étant donné que les jeunes conducteurs se révèlent plus sensibles aux effets de l’alcool que les conducteurs plus âgés. Ce taux équivaut à moins de la moitié de la limite de 0.5 g/l recommandée par la CEMT et appliquée dans la plupart des pays d’Europe.
  • Imposer une période probatoire aux jeunes conducteurs pendant laquelle ils risquent de se voir retirer leur permis et/ou de devoir suivre une formation complémentaire s’ils enfreignent le code de la route. Dans le cadre d’un système de permis à points, le seuil de révocation du permis devrait être plus bas pour les conducteurs novices.
  • Appliquer rigoureusement le code de la route pour tous les conducteurs, en insistant sur les infractions courantes commises par les jeunes conducteurs, comme la non‑utilisation de la ceinture de sécurité, la conduite sous l’influence de l’alcool ou des drogues et le dépassement de la limite de vitesse.
  • Axer davantage la formation sur la prudence que sur la réussite de l’examen de conduite.
  • Étudier les possibilités qu’offrent les nouvelles technologies, notamment les boîtes noires et les clés intelligentes, pour réduire la conduite dangereuse.


Pour obtenir de plus amples renseignements ou se procurer un exemplaire du rapport, les journalistes sont invités à communiquer avec M. John White ( tél. + 33 1 45 24 95 96) ou M. Colin Stacey (tél. + 33 1 45 24 95 98),  au Centre conjoint OCDE/CEMT de recherche sur les transports.

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