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par Normand Lauzon
Alors que le G-20 se réunissait à Londres pour essayer de sauver l'économie mondiale, le FMI révisait à la baisse ses prévisions de croissance économique en Afrique subsaharienne en 2009 : 3¼ %, soit la moitié de ce qui a été prévue il ya un an. Les pays africains commencent à sentir les conséquences de l’effondrement économique mondial. Les transferts de la diaspora et l’aide publique au développement (APD) risquent également de se réduire en 2009, même si les statistiques de l’aide publiées par le Comité d’aide au développement (CAD) affichent une année record en 2008 : les apports nets totaux d’APD se sont accrus de 10.2 % en termes réels pour s’établir à 119.8 milliards USD, chiffre le plus élevé jamais atteint.
Reconnaissant que la crise actuelle touche disproportionnellement les populations les plus vulnérables au sein des pays pauvres, les nations du G-20 se sont engagées à « assurer une reprise équitable et durable pour tous ». Ils ont réaffirmé les engagements pris pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et des initiatives telles que « L’aide pour le commerce », l’annulation de la dette ainsi que les engagements de Gleaneagles. Autre mesure annoncée : 50 milliards de dollars pour appuyer la protection sociale, booster le commerce et sauvegarder les acquis de développement dans les pays de bas revenus. Six milliards de dollars supplémentaires sont prévus pour des prêts souples et concessionnels aux pays pauvres dans les deux à trois prochaines années. Le FMI promet d’appuyer une assistance technique et des fonds supplémentaires pour l’Afrique.
Du point de vue africain, la crise mondiale appelle des mesures exceptionnelles : quelques économistes réclament la levée du « tabou de la dette », proposant d’endetter les États pour augmenter les investissements dans les administrations et les entreprises publiques. Plus consensuelle, la solution du renforcement des marchés régionaux est de plus en plus souvent avancée. En témoignent les paroles d’un ancien Ministre sud-africain des Finances lors de la Conférence FMI-Afrique à Dar-es-Salam : « L’intégration régionale peut accentuer les opportunités à travers le commerce et la libre circulation des biens et des personnes ; à l’avenir, elle pourrait devenir le principal moteur du développement économique en Afrique. Ceci est d’autant plus important qu’il est probable que les marchés des pays développés resteront relativement fermés dans un avenir proche. Les États africains devraient engager une réflexion au-delà de leurs intérêts nationaux étroits. L’Union africaine ainsi que les communautés économiques régionales (CER) devraient être renforcées ».
Quelle est justement la position des CER face à cette crise ? Le Secrétariat du CSAO a invité M. Hamza Ahmadou Cissé, Directeur du Cabinet de la Commission de l’UEMOA, à présenter son analyse de la crise, la position et les réponses de l’UEMOA dans cette édition.
Au-delà de la reprise économique, la bonne gouvernance reste un levier fondamental pour la paix et le développement. Beaucoup d’instruments de gouvernance et de prévention des conflits existent mais restent relativement méconnus par le public. S’appuyant sur des travaux antérieurs sur l'appropriation, la dissémination et la mise en œuvre de ces instruments régionaux, le CSAO a invité des représentants de la société civile ouest-africaine à participer à l’Atelier conjoint CEDEAO/CSAO qui a lancé un Plan d'Action régional. Vous pouvez découvrir les principaux piliers de ce Plan d’Action dans cette édition.
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