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Discours d'Angel Gurría, Secrétaire général de l'OCDE, devant la Commission sur la mesure de la performance économique et du progrès social
Paris, 14 Septembre 2009
Madame la Ministre Lagarde, Ministre Borloo, Monsieur Somavia, Monsieur Barrot,
Mesdames et Messieurs:
C’est pour moi un plaisir et un honneur de participer à cette table ronde. Permettez-moi de commencer en félicitant la Commission pour ses travaux auxquels nous avons eu la chance de contribuer avec la participation d’Enrico Giovannini, en tant que membre, et de mes collaborateurs comme rapporteurs. Ce fut un effort important et nous pouvons nous réjouir des résultats.
Aujourd’hui nous observons un large mouvement de l’opinion publique et une demande pressante de la part des milieux politiques pour une nouvelle approche de la mesure du bien-être. La manifestation la plus évidente de cette demande est l’initiative du Président Sarkozy. Nous lui sommes reconnaissants pour l’impulsion volontariste qu’il a donné à cette réflexion.
La demande politique résulte du constat d’un écart de plus en plus important entre ce que nous disent les statistiques officielles sur l’évolution des agrégats macro économiques et la perception qu’ont les individus de l’évolution de leurs conditions de vie. Il s’agit d’un écart préjudiciable aussi bien pour la crédibilité du débat et de l’action politique, que pour le fonctionnement de la démocratie. La crise que nous traversons aura montré au grand jour un certain nombre de dysfonctions profondes qui sont à la source de cet écart : l’opacité des activités financières, la fragmentation de l’information sur les activités économiques et humaines, l’illisibilité des risques et des vrais enjeux pour la prise de décision. Ce sont là des signes révélateurs non seulement d’un manque d’outils de mesure et d’analyse, mais aussi d’une approche restrictive qu’il est urgent de rectifier pour mieux cerner l’état du bien-être collectif et pour mettre en place des politiques efficaces.
La Commission prône un changement de paradigme et son rapport montre qu’au-delà des différentes approches théoriques, il y a consensus sur la nécessité d’améliorer nos systèmes statistiques et étendre la portée de leurs outils d’observation. Les ressources économiques ne sont pas les seules choses qui comptent dans la vie des individus.
Nous avons besoin de meilleures mesures des attentes et du degré de satisfaction des personnes, ainsi que de leur emploi du temps.
Nous avons besoin de mesurer les encours des capitaux autant que les flux, et d’élargir l’ensemble des stocks que nous estimons importants pour la durabilité de notre bien être – et nous devons y inclure l’apport de la biosphère.
Nous devrions aussi considérer les évolutions des inégalités sous toutes leurs formes, et concentrer notre attention sur celles qui résultent d’une cumulation de différentes faiblesses ou handicaps.
Le Rapport de la Commission s’inscrit dans un processus plus large, qui a été entamé en 2004 par l’OCDE avec le lancement du Projet mondial « Mesurer le progrès des sociétés ». Dans ce processus, deux autres événements apportent des perspectives nouvelles: la Communication de la Commission Européenne sur « le PIB et au-delà » à Bruxelles la semaine passée, et le 3ème Forum Mondial de l’OCDE sur « Statistique, Connaissance et Politiques » qui se tiendra à Busan, en Corée du Sud, du 27 au 30 octobre. Joe Stiglitz et d’autres membres de la Commission seront à Busan pour présenter leurs recommandations.
Mais le vrai défi auquel nous sommes confrontés sera de lancer un processus de mise en place des recommandations de la Commission. Ce processus doit associer les instituts nationaux de statistique, tels que l’INSEE et ISTAT, et les organisations régionales et supranationales, telles que l’Union Européenne, mais doit avoir une portée globale.
En raison de notre approche multidisciplinaire et de notre expertise dans les champs couverts par le rapport de la Commission, et comme résultat des travaux sur le sujet depuis 2004, l’OCDE est prête à relever le défi lancé par Christine Lagarde. Nous sommes prêts et nous serons fiers d’accepter ce mandat et de devenir le point focal de ce processus dans trois domaines :
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L’impulsion d’un processus institutionnel pour établir des priorités entre les différentes recommandations de la Commission.
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La production de mesures et d’outils pour générer des indicateurs solides et fiables.
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L’utilisation des statistiques et indicateurs pour la formulation et la mise en œuvre de politiques appropriées.
Nous poursuivrons nos efforts pour développer une stratégie sur la mesure du progrès de nos sociétés, en étroite liaison avec nos travaux sur la croissance verte. Nous serons prêts, si le Président Sarkozy le décide, à apporter nos réflexions et notre soutien à la prochaine réunion du G20 à Pittsburgh. Nous sommes par ailleurs convaincus que les réflexions sur des meilleurs indicateurs du progrès seront aussi de nature à influencer la mise en place de nouveaux objectifs pour le développement après 2015.
Je vous remercie pour votre attention.
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